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Steven Butler, tomber pour mieux se relever

Il lève les poings en l'air après une victoire.

Steven Butler

Photo : Vincent Ethier / Eye of the Tiger Management

Jean-François Chabot

Le boxeur Steven Butler ne s’en cache pas. Sa défaite contre le Japonais Ryota Murata en décembre 2019 a fait mal. Mais elle lui sert aussi de motivation.

Je peux te dire que le ciel s’est écroulé sur moi après ma défaite. Mais avec beaucoup de recul, beaucoup de temps de réflexion, j’ai appris énormément de ça. C’était un combat de championnat du monde, au Japon, avec 13 heures de décalage, contre un champion olympique, a-t-il noté en entrevue à Radio-Canada Sports.

J’ai très bien rivalisé avec lui pendant les cinq premiers rounds avant qu’il commence à rentrer son crochet du droit dans mon oreille et sur ma tempe pour m’affaiblir. Il me manquait un peu de jus, de Steven Butler qui n’était pas là cette journée-là, a poursuivi le boxeur.

Tu peux juste sortir grandi de ça. Je suis juste plus grand, plus mature, même au niveau personnel. Ça m’a appris beaucoup sur moi-même, ce que je suis capable de gérer, ce que je suis capable de faire et ce que je devrais faire dans le futur si jamais ma chance se représente.

Steven Butler

Nouveau départ

À bientôt 26 ans, Butler (28-2-1, 24 K.-O.) se prépare à remonter dans le ring pour la première fois en plus de 13 mois.

C’est le 29 janvier, à Cuernavaca, au Mexique, (la soirée avait d'abord été prévue le 30 janvier) qu’il se mesurera au favori local, José de Jesus Macias (27-10-3, 13 K.-O.). Les ceintures de la NABA, de la NABF, de la NABO et du WBC francophone des poids moyens (160 lb) seront à l’enjeu.

Pour Butler, ce troisième duel hors Québec à ses trois derniers ne génère aucun stress.

Un ring, c’est un ring, peu importe où. Je suis allé au Japon contre Murata, me battre en championnat du monde contre un champion olympique. Il n’y a rien qui me fait peur. Je ne suis pas stressé. J’ai déjà vécu quelque chose de beaucoup plus gros, 13 heures de décalage, contre un champion du monde, chez lui. Le petit Mexicain, ça ne m’énerve pas, a d’abord indiqué Butler.

Il faut quand même savoir que ce petit Mexicain a déjà tenu tête à Mikaël Zewski (défaite par décision unanime) avant de l’emporter par décision majoritaire sur Francis Lafrenière, initialement pressenti pour affronter Butler pour ce combat de relance.

Même s’il affiche une solide confiance, Butler sait qu’il aura en face de lui un adversaire capable de lui donner du fil à retordre et même de le faire mal paraître.

C’est un gars très sournois. Il t’endort un peu avant d’exploser. Il va falloir que je sois alerte en tout temps. Il est bon dans tout ce qu’il fait, mais je ne vois pas de choses exceptionnelles, a-t-il expliqué.

Je ne peux pas dire qu’il est vraiment rapide, qu’il frappe fort ou qu’il possède un atout exceptionnel. Ça reste un boxeur complet. Il va falloir que je m’ajuste pendant le combat, que je sois intelligent et très alerte face à son crochet de droite qu’il lance sans avertissement.

Steven Butler
Il encaisse une solide droite.

Steven Butler (à gauche) face au Japonais Ryota Murata, en décembre 2019

Photo : Getty Images / AFP/Kazuhiro Nogi

Préparation altérée

Même s’il affirme ne pas se sentir amoindri par la longue période d’inactivité à laquelle il a été soumis en raison du coronavirus, le fait demeure qu’il n’a pas pu profiter de conditions optimales pour préparer ce combat.

Comme à peu près tous les pugilistes d’ici, il a dû se conformer aux contraintes imposées par la santé publique. De plus, début juin, il a dû être opéré à un oeil pour réparer un muscle qui nuisait à sa vision.

S’il a pu profiter d'un gymnase aménagé dans le sous-sol de sa résidence, il n’a pas eu droit aux séances de combat simulé (sparring) tellement utiles en temps normal.

Honnêtement, ça m’est un peu égal. Je boxe depuis que j’ai 11 ans. Mon timing, ma vitesse, mon power… On a des centaines, des milliers de rounds de sparring [en banque]. Alors, je ne pense pas que ce soit nécessaire à 200 %. C’est sûr que ça pourrait ajouter un petit piquant, un peu plus de timing. Je ne suis pas un gars rouillé malgré que ça fait un an d’inactivité, soutient-il.

Preuve que les derniers mois lui ont donné le temps de réfléchir, il dit maintenant comprendre que tout ne se passe pas nécessairement pendant qu’il tape sur son sac de sable.

Je me suis tout le temps maintenu en forme. Je me suis entraîné et j’ai fait ce qu’il fallait. Je pense que le plus important pour un boxeur, c’est de faire ce qu’il faut à l’extérieur du gym. Il y a beaucoup de talents gâchés à cause de ce qui se passe à l’extérieur du gym. J’ai une famille qui m’aide aussi. J’ai ma femme, mes enfants. Je mets l’énergie à la bonne place.

Steven Butler

Butler va aussi bénéficier des observations faites par les boxeurs qui l’ont précédé dans les autres soirées mexicaines organisées par Camille Estephan, d’Eye of the Tiger Management.

J’ai parlé avec les gars pour savoir. Là-bas, ça se passe en haute altitude. La respiration est différente. Ça fait en sorte que mon camp était différent. Je me suis entraîné et j’ai couru avec des masques pour reproduire les effets de l’altitude, a-t-il raconté.

Bien entouré

Butler s’envolera à destination du Mexique le 26 janvier. Il sera accompagné de son entraîneur Mike Moffa, de Claudio Misischia, du boxeur Mathieu Germain et de son père, Clint.

Butler compte bien mettre à profit les 48 heures qu’il aura à sa disposition pour peaufiner les derniers détails avant le son de cloche annonçant le début du combat.

C’est une des raisons pourquoi Mathieu Germain vient avec moi là-bas. C’est sûr, c’est un poids plus léger. Mais on pourra faire quelques touches ensemble. Au niveau timing, Mike Moffa va amener des spaghettis de piscine pour me frapper, pour que je sois alerte. Ce sont toutes des choses auxquelles on a pensé qu’on va mettre en pratique dès qu’on va arriver, a-t-il ajouté.

Steven Butler sait aussi qu’une victoire contre Macias remettrait sa carrière sur les rails vers un autre combat de championnat du monde.

On va rentrer dans le top 15 de pas mal toutes les organisations à part l’IBF. Ça me rend éligible à un autre combat de championnat du monde d’ici peut-être deux ans.

Steven Butler

C’est sûr que moi, Mike, Camille, ce sont des démarches qu’on veut entreprendre pour de nouveau affronter Murata avec un meilleur plan de match, avec plus de préparation, plus d’expérience et savoir à quoi on s’attend là-bas. On verra s’il reste champion du monde d’ici ce temps-là. On met toutes les chances de notre côté, a-t-il conclu.

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