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Vendée Globe : la bataille fait rage

Les vagues envahissent le pont d'un bateau.

Des marins du Vendée Globe ont vécu des conditions difficiles.

Photo : vendée globe

Devant c'est la guerre. Et derrière, on soigne les blessures et les peurs.

Bien malin celui qui pourra prédire qui sera le vainqueur de cette neuvième édition du Vendée Globe, mythique course de voile autour du monde en solitaire sans assistance ni escale.

Après plus de 65 jours de course, aucun concurrent n’a réussi à véritablement se démarquer. Yannick Bestaven a vu sa confortable avance fondre comme neige au soleil. Charlie Dalin a réussi à le rattraper. Et que dire de Louis Burton, qui est arrivé à se glisser sur la troisième marche provisoire d’un podium toujours aussi incertain.

On ne sait pas non plus comment les bateaux des autres poursuivants vont se comporter. Thomas Ruyant, qui a déjà été meneur de la course, semble bien confiant aussi.

Ça fait drôle quand tu regardes la carto et que tu vois tous ces bateaux collés serrés après deux mois de course, a-t-il confié au site Internet de la compétition. C'est assez incroyable, c'est dingue. Ça ne partira jamais devant sur ce Vendée Globe! La situation météo fait qu'on recolle comme ça, systématiquement. Cela fera un finish haletant jusqu'au bout, il va se passer plein de choses, on va tous arriver la même journée, voire en 48 heures.

Damien Seguin, Boris Herrmann et Benjamin Dutreux pourraient très bien eux aussi revenir sur le groupe de tête.

Jean Le Cam est en 8e position dans cette course folle. Il pourrait aspirer aux honneurs. Le doyen de la course bénéficiera, à l’arrivée, d’une bonification de 16 h 15 min que les juges lui ont octroyée parce qu'il s'est détourné pour porter secours à Kevin Escoffier. Mais attention, Yannick Bestaven et Boris Herrmann ont également droit à des bonifications pour s’être déroutés de leur course : 10 h 15 min pour Bestaven et 6 h pour Herrmann.

À l’arrière, on panse les blessures et on se remet des peurs

Le skipper Romain Attanasio s’est cassé deux côtes. Une fois sorti de l’horreur, il a raconté son calvaire.

Le bateau s’est couché, je suis sorti en catastrophe pour tout choquer. Et, en sortant, j’ai glissé sur un winch, a-t-il dit au site du Vendée Globe. Je me suis assis, j’ai commencé à tomber dans les pommes et le front est passé à ce moment-là, heureusement. J’ai repris connaissance, j’essayais de respirer à fond. Et, à chaque fois, j’avais la tête qui tournait. Je suis rentré à l’intérieur, puis la brise est repassée au vent arrière et le bateau s’est remis à plat.

Donc, tout s’est calmé d’un coup et je me demandais ce que j’avais. C’était assez irréaliste comme scène. D’après ce que le Dr Chauve m’a dit, j’ai dû heurter les cinquième et sixième côtes. Mais ça va, il m’a donné un médicament qui fonctionne bien. Ça me fait mal quand je suis à la colonne, surtout en marche arrière.

Je voyais foncer sur moi des immeubles.

Stephane Le Diraison, skipper

Après avoir dépassé le cap Horn, Stéphane Le Diraison a enfin pu raconter ses mésaventures dans une mer déchaînée.

Le fichier m’annonçait de la houle de 7,5 mètres. Ça, c'est la moyenne du tiers des vagues les plus hautes. Quand tu es sur cette moyenne de fichier, ça veut dire que tu en vois régulièrement à 10 mètres et qu’il y en a plein à 8 ou 9 mètres. Ce n’est pas de la détente. Il faisait petit, mon bateau. J'ai un hublot qui me permet de regarder sur l'avant, j'ai fini par ne plus regarder dedans. Quand je regardais vers l'avant, je devais descendre la pente à 30 degrés, peut-être. Le bateau descendait et j’avais l'impression que j’allais chavirer. J’ai fini par ne plus regarder derrière non plus. Des montagnes qui déferlaient sur le cockpit.

Je suis sorti une fois dans une relative accalmie, pour voir si tout allait bien, a-t-il poursuivi. Je restais dans le cockpit. Là, j’entends un grondement. J’ai juste eu le temps de me jeter contre le panneau qu’une montagne d’eau remplissait entièrement le cockpit! J’étais dans l'eau entièrement! Les conditions ont été dantesques, usantes physiquement. J’ai été projeté dans tous les sens. Nerveusement aussi, je suis allé chercher loin.

Le Vendée Globe est loin d’être terminé et les océans réservent encore quelques surprises aux 26 concurrents encore en course. C'est maintenant une véritable partie d'échecs qui commence et chaque stratégie peut amener au mat.

Savoir déplacer ses pièces sur l'échiquier transformé pour l'occasion en trajectoires et météo va être capital pour celui qui aspire à la victoire.

Au moment d’écrire ces lignes, le site du Vendée Globe affichait Charlie Dalin en tête devant Yannick Bestaven et Louis Burton, dans une lutte sans merci dans la remontée de l'Atlantique.

Avec les informations de Vendée Globe

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