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Dix-neuf ans après sa retraite, Marc Gagnon est de retour avec l'équipe nationale

Pensif, il regarde l'entraînement devant lui.

Marc Gagnon au Centre régional canadien d'entraînement

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Marc Gagnon est de retour avec l’équipe nationale de courte piste, 19 ans après avoir pris sa retraite du patinage de vitesse.

Le quintuple médaillé olympique a été nommé, mardi, entraîneur adjoint pour épauler l'entraîneur-chef Sébastien Cros auprès des équipes féminine et masculine.

Au cours des 10 dernières années, Marc Gagnon a été entraîneur et entraîneur-chef au Centre régional canadien d’entraînement en patinage de vitesse sur courte piste de Montréal (CRCE).


Q.- Quel a été ton sentiment quand on t'a confirmé le poste?

R. Honnêtement, je suis mélangé entre deux. Je suis hyper content parce que je me dis que c’est là que je suis rendu : aider à un plus haut niveau. De devenir un entraîneur qui va aider vraiment ces gens-là à gagner des médailles olympiques et pas juste à atteindre l’équipe nationale. Mais en même temps, je laisse un créneau que j’aimais tellement. Les 17 athlètes que je quitte présentement [du CRCE], ça me fait quelque chose aussi. Ceci dit, la beauté de ça, c’est que je ne quitte pas pour aller ailleurs, je quitte pour aller plus haut. Donc, j’ai des chances de les revoir un peu plus tard.


Q.- C’était un objectif de carrière de revenir au plus haut niveau?

R. Ce n'est pas un objectif qui est là depuis très longtemps, pour la simple raison que le CRCE, c’est un centre que j’aime vraiment beaucoup. On entraîne des jeunes de 14 à 19 ans et c’est un créneau que j’adorais. On développait des juniors qui allaient nous représenter sur la scène internationale et qui ensuite allaient rejoindre l’équipe nationale.

En fait, tous les jeunes, sauf Charles Hamelin, sont passés au CRCE alors que j’étais là. Ce sont tous des jeunes que je connais. On parle vraiment de deux choses complètement différentes. À 14 ans, ils sont déjà performants, mais on les faisait progresser jusqu’à l’équipe nationale. Alors que là, il faut trouver les petites choses qui font qu’ils sont sur l’équipe nationale, mais aussi qui font qu’ils deviennent performants et gagnent des médailles en Coupe du monde et aux Jeux olympiques. À un moment donné, ce désir-là est arrivé de dire que je peux apporter encore plus à des gens qui sont là où j’ai réussi et faire la différence pour qu’eux réussissent.


Q.- Est-ce que tu as toujours su que tu étais un entraîneur dans l’âme?

R. Pas du tout. Lorsque j’ai gagné ma dernière médaille aux Jeux olympiques en 2002 au 500 m, l’autre Canadien, qui était Québécois et qui a terminé 2e au 500 m, c'était Jonathan Guilmette. C’est lui qui est venu me chercher en 2010 et, moi, j’avais des entreprises à ce moment-là. Ma tête était ailleurs.

Les deux patineurs brandissent le drapeau canadien.

Marc Gagnon (à droite) célèbre sa victoire au 500 m des Jeux olympiques de Salt Lake City en compagnie de son compatriote Jonathan Guilmette.

Photo : La Presse canadienne / TOM HANSON

J’avais fait une coupure avec le patinage de vitesse pour finaliser ma retraite parce que, sinon, je serais redevenu athlète assez vite. Ça faisait huit ans que j’étais à l’extérieur du monde du patin, je ne me voyais pas du tout comme un entraîneur, c’est Jonathan Guilmette qui est venu me chercher et il m’a dit : Viens avec moi, viens tripper. Ton horaire va le permettre, je vais te donner les heures du matin. Deux semaines après être entré là, je me suis dit : Je pense que ça va être ma nouvelle carrière.


Q.- Donc, tu as toujours aimé ça depuis le jour un? Transmettre ta passion est un plaisir?

R. Ç'a été une passion quand j’ai été patineur, mais c’est une passion qui me suit en tant qu'entraîneur. Ce qui est encore plus facile, c’est que j’ai eu la chance de réussir et j’ai le goût de voir les autres réussir aussi. J’ai envie qu’ils vivent ce que j’ai vécu parce que ce sont des moments exceptionnels et extraordinaires. J'ai envie de leur donner tout ce que je peux et tout mon bagage et mon expérience. Je suis entraîneur depuis 10 ans aussi, donc j’ai acquis de l’expérience qui s’ajoute à mon expérience d’athlète.

C’est sûr que Charles Hamelin, je vais lui en apporter moins. Il en a vécu beaucoup lui aussi. Mais qui sait, je pourrais faire une petite différence pour une dernière médaille?


Q.- Entre toi et Sébastien Cros, qui sera le bon cop et le bad cop?

R. Honnêtement, on se ressemble beaucoup. Les deux, on a les mêmes visions, la même compréhension de ce que devrait être un athlète de haut niveau et quels seront les besoins au cours des prochaines années pour continuer à être performant au niveau international.

C’est sûr que je n’ai pas travaillé plusieurs semaines avec Sébastien, mais c’est quelqu’un pour qui l’être humain est important. Et moi, je base mes 10 dernières années d’entraînement là-dessus.

Ce n’est pas tout le monde qui réussit à se rendre où il veut aller. Mais de les pousser pour être au meilleur qu’ils peuvent être et qu’ils soient satisfaits de leur carrière, c’est hyper important pour moi. Je crois que c’est un peu la même chose pour Sébastien. Je ne suis pas certain qu’il va y avoir un bon cop et un bad cop dans l’équipe.


Q.- Au cours des 10 dernières années, est-ce que tu es devenu psychologue?

R. Clairement. Dans un centre comme le CRCE, on n’a pas les mêmes moyens que l’équipe nationale. On a accès à un préparateur mental, mais c’était beaucoup plus restreint, donc les entraîneurs en font beaucoup. Je prenais le temps d’écouter et de conseiller. Honnêtement, en 10 ans, avec tout ce que j’ai vécu, ce n’est pas arrivé que je me retrouve sans repères.

La roue tourne et les choses reviennent, même s’il y a de petites différences. Les difficultés, les échecs, les blessures ou le succès, ça se ressemble. Il faut juste l’amener différemment, écouter la personne pour voir quels sont ses besoins et comment la personne va comprendre le message.


Q.- Crois-tu que les patineurs sont en forme avec cette année particulière?

R. Actuellement, c’est difficile de donner une opinion puisque je n’ai pas travaillé avec l’équipe nationale. Mais ils ont quand même la chance de s’entraîner et ils n’ont pas eu de gros moments en dehors de la glace. Donc, je présume qu’il y a une certaine forme qui est là. Est-ce que c’est optimal? Est-ce que c’est autant que les années précédentes? Je ne le sais pas. Par contre, c’est la même chose pour les autres pays aussi.

Quoiqu’il y a eu plusieurs championnats nationaux dans les autres pays, ce qui nous laisse croire que certains pays s'entraînent plus que nous. Je suis convaincu que Sébastien a réussi à faire du bon travail avec ce qu’il avait à portée de la main pour que les patineurs soient quand même assez en forme.


Q.- Tu connais la relève, il y a des champions qui s’en viennent?

R. Oui! je ne veux pas nommer de noms, mais je te garantis qu’il y a des gars et des filles solides qui s’en viennent!

(Avec les informations de Michel Chabot)

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