•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Daniel Pozzi, l’infatigable travailleur de l’ombre de l’Impact

Trois hommes prennent la pose avec la coupe du Championnat canadien remporté par l'Impact en 2019.

Le responsable des opérations pour l'Impact de Montréal, Daniel Pozzi, entouré de Vassili Cremanzidis et de Franco Subrani.

Photo : Courtoisie : Soccer Canada

Votre vie professionnelle a été chamboulée depuis le début de la pandémie? Vous n’êtes pas seuls. On vous présente quand même Daniel Pozzi, le responsable des opérations de l’Impact de Montréal.

Inconnu des partisans de l'équipe, Pozzi a pourtant joué un rôle primordial dans la dernière saison mouvementée du club montréalais. Du camp préparatoire en Floride, au domicile temporaire du New Jersey, en passant par la bulle d’Orlando, deux fois plutôt qu’une, il a suivi, ou plutôt précédé, l’équipe dans tous ses déplacements.

Je sens que j’ai vieilli plus vite qu’à l’habitude cette année, dit ce travailleur de l’ombre et père de famille. Je préfère ne pas compter le nombre de nuits que j’ai passées à l’hôtel, mais ça doit être l’équivalent de quatre mois. Je me suis réveillé plus d’une fois la nuit, un peu en panique, en ne sachant plus dans quelle ville j’étais.

L’expression toutes tâches connexes dans une description de tâches prend tout son sens lorsqu’on est responsable des opérations pour une équipe sportive, encore plus en temps de pandémie, même si Daniel Pozzi insiste pour dire que tout le monde a dû s’adapter en 2020.

Les joueurs prennent une pause pendant l'entraînement.

Daniel Pozzi (à l'arrière, à gauche) est l'une des premières ressources auxquelles les joueurs de l'Impact se fient.

Photo : Major League Soccer

Son travail, ainsi que celui de son collègue Franco Subrani, a d’ailleurs été salué par Thierry Henry au bilan médiatique de l’équipe, en décembre dernier.

C’était spécial de l’entendre nous remercier publiquement pour notre travail, ajoute-t-il. Des fois, la logistique en coulisses est tellement complexe pour un match que notre victoire à nous, c’est que les joueurs soient dans de bonnes dispositions sur le terrain.

Pozzi est souvent le premier représentant de l’Impact à qui les nouveaux joueurs vont parler après le directeur sportif et l’entraîneur et c’est lui qui coordonne son arrivée et celle de sa famille à Montréal. C’est aussi Subrani et lui qui gèrent les déplacements de l’équipe en avion et en autobus et qui s’occupent des réservations d’hôtel, avec toutes les lourdeurs et les imprévus que cela peut entraîner durant la pandémie.

Notre travail, c’est de nous assurer que les joueurs et le staff technique puissent se concentrer uniquement sur l’aspect sportif, explique Pozzi. Il faut que la routine soit pareille dans chaque hôtel ou dans chaque stade qu’on visite. Le changement peut rendre les joueurs inconfortables, alors on s’assure de maintenir un standard très élevé.

C’est lui qui tape du pied et qui se fait du mauvais sang dans le vestiaire quand il voit le temps filer et que l’avion attend sur le tarmac de l’aéroport avec une mince marge de manœuvre pour rentrer à Montréal avant le couvre-feu aéroportuaire.

C’est aussi lui qui doit informer l’équipage de l’avion, après avoir appelé sa conjointe bien sûr, quand l’équipe décide de changer ses plans à la dernière minute, comme c’est arrivé après un match cet automne. L’état-major avait alors décidé de rester au New Jersey plutôt que de rentrer quelques jours à la maison.

Daniel Pozzi devait aussi s’assurer du respect des protocoles sanitaires en collaboration avec les gestionnaires de l’hôtel où résidait l’équipe au New Jersey. Le Bleu-blanc-noir avait ses quartiers généraux sur trois étages où Pozzi et son collègue ont fait aménager un gymnase temporaire.

Deux hommes regardent devant eux avec le sourire.

Daniel Pozzi et Franco Subrani de l'Impact de Montréal

Photo : Courtoisie : Impact de Montréal

C’est eux aussi, en collaboration avec l’équipe médicale, qui devaient gérer les tests de dépistage de la COVID-19.

Les mesures sanitaires étaient même encore plus sévères dans certains hôtels d’autres villes.

Les joueurs ne pouvaient même plus se servir eux-mêmes au buffet et on devait limiter le nombre de joueurs en ligne, alors on devait appeler les joueurs par table, comme si c’était un mariage, se rappelle Pozzi. On devait un peu jouer aux policiers. On avait deux autobus plutôt qu’un et les joueurs devaient toujours s'asseoir à la même place.

Cette lourdeur logistique ne disparaît pas avec l’arrivée de la nouvelle année. Les protocoles, bien que complexes, sont relativement simples à respecter, mais l’inconnu persiste.

Les camps débutent habituellement à la mi-janvier. Or, la MLS n’a même pas encore dévoilé son calendrier de saison qui, espère-t-elle, s’amorcera malgré tout quelque part au mois de mars.

On pensait que tout serait correct pour 2021, mais la deuxième vague frappe fort et on a plus de points d’interrogation qu’au mois de mars dernier, dit Pozzi. Le bon côté, c’est qu’on a l’expérience et qu’on sait comment créer un environnement sécuritaire.

Gagner la confiance des entraîneurs, un geste à la fois

Daniel Pozzi a toujours rêvé de travailler pour une équipe sportive professionnelle. Plus jeune, il se voyait oeuvrer pour les Expos ou encore pour le Canadien de Montréal à une époque où le soccer était moins populaire en Amérique du Nord.

Après des emplois en aéronautique et en télécommunication, il s’est joint à l’Impact en 2009, avant l’entrée de l’équipe en MLS. Il a d’abord travaillé pour le département des ventes, puis a manifesté son intérêt pour la logistique auprès des cadres du département sportif, Matt Jordan, Nick De Santis et Adam Braz.

Il a dû s’adapter et gagner la confiance de chaque entraîneur qui est passé dans le vestiaire du onze montréalais, et ils sont nombreux. Rémi Garde, échaudé par son expérience malheureuse à Aston Villa, a mis un peu de temps avant de lui faire confiance. Pozzi comprenait.

Je respecte toujours les limites que m’imposent les nouveaux entraîneurs. Et, avec le temps, ils finissent par me faire confiance. Au début, ils font attention à ce qu’ils disent autour de nous et c’est normal. J’ai de bonnes relations avec Thierry Henry. Il comprend notre rôle et nous respecte.

Pozzi est pourtant un grand partisan des Spurs de Tottenham, les grands rivaux d’Arsenal, club pour lequel l'ancien international français est une légende vivante. Le Montréalais ne cache pas ses allégeances, même devant l’entraîneur.

Il donne des directives à ses joueurs pendant un match.

Thierry Henry

Photo : Associated Press / Steven Senne

Il déteste tellement les Spurs et c’est normal parce que c’était le derby avec Arsenal, mentionne Pozzi. Mais Thierry est un grand connaisseur de foot et il arrive à en parler en bien quand Tottenham le mérite, même si je soupçonne que ça lui fait mal en dedans de le faire. C’était la même chose avec Rémi Garde qui a aussi joué à Arsenal. Il aimait ma personnalité, mais il ne pouvait pas comprendre qu’un homme puisse aimer les Spurs.

Ces discussions à bâtons rompus sur le soccer ou la vie, en attendant le dîner ou en voyageant, viennent un peu bonifier le salaire de Pozzi.

Il y a des chaînes de télé qui paieraient une fortune pour partager les opinions et les observations de Thierry Henry, raconte-t-il. C’est généreux de sa part et ce l’était aussi de Rémi Garde. C’est un plaisir d’avoir de bonnes conversations comme ça avec eux.

Les autres bonus, ce sont les moments de grandes émotions, comme les victoires importantes en éliminatoires ou encore la conquête d’un titre canadien.

Il y a aussi les liens tissés avec certains joueurs pour qui il réalise parfois de petits miracles, comme la fois où il avait appelé, avec succès, à l’aéroport pour qu’un avion attende un joueur un peu en retard pour un vol personnel...

Il y a aussi les séparations douloureuses. Comme celle avec Evan Bush qui a été échangé après 10 ans avec l’équipe.

C’était un choc de le voir partir et c’est bizarre qu’il ne soit plus avec nous, mais ça fait partie du sport. Serrer la main d’un joueur pour la dernière fois, c’est le genre de moment que je n’oublie pas, conclut-il.

Daniel Pozzi n’est pas sur la feuille des matchs, mais il fait assurément partie de l’équipe à part entière. Plus que jamais en 2021.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !