•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les contrecoups de la refonte du Canadien

Un joueur en rouge s'échauffe avant un match.

Noah Juulsen (no 58) a disputé cinq saisons dans les rangs juniors avant de faire le saut chez les professionnels.

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Le Canadien vante sa nouvelle profondeur depuis une semaine. Selon lui, la qualité des joueurs que le CH doit soumettre au ballottage en est une manifestation probante.

Il n’y avait pas beaucoup d’enjeux dans ce camp d’entraînement accéléré. Tout au plus l’identité du 21e joueur à intégrer la formation demeurait un léger point d’interrogation. Certainement pas la course la plus intéressante, mais au moins y en avait-il une.

La grande question était plutôt de savoir qui sera de cette fameuse escouade de réserve, qui comptera de 4 à 6 joueurs, et qui ira parfaire ses connaissances avec le Rocket.

Le couperet est sur le point de tomber et le CH semble avoir déjà pris la plupart de ses décisions. Il en a d’ailleurs payé le prix lundi lorsque Noah Juulsen, ancien choix de premier tour de l’organisation en 2015, n’a pas survécu au ballottage. Il était l’un des neuf joueurs à y avoir été soumis dimanche.

Les Panthers de la Floride et leur nouveau directeur du recrutement, Shane Churla, ancien du Tricolore, ont mis la main sur le jeune défenseur droitier.

Juulsen, 23 ans, a vu sa carrière prendre un vilain détour en raison d’une blessure à un œil survenue le 19 novembre 2018 qui a d’abord brouillé sa vision périphérique avant de lui laisser de fortes migraines récurrentes. En deux ans, cet ancien espoir de premier plan a disputé seulement 16 matchs dans la Ligue américaine.

« On aurait aimé le garder. C’est un jeune homme qui ne joue pas beaucoup depuis presque deux ans à cause de sa blessure. Lui donner l’occasion de prendre son rythme aurait été à notre avantage. Ça fait partie du métier malheureusement. Tu protèges les joueurs que tu peux protéger et tu espères que les autres ne soient pas réclamés. Malheureusement, on l’a perdu. »

— Une citation de  Claude Julien

Juulsen semblait sur le point de s’établir dans la Ligue nationale quand il s’est fait couper les ailes en plein vol. Récemment, on revoyait de l’aplomb dans le jeu de l’arrière, insuffisant, toutefois, pour lui permettre de devancer Victor Mete dans la hiérarchie, vraisemblablement le 21e joueur de la formation, du moins, aux yeux de l’état-major montréalais.

Ils se sautent dans les bras.

Noah Juulsen et Artturi Lehkonen

Photo : The Associated Press / Frank Franklin II

En raison des nombreuses acquisitions de Marc Bergevin et du plafond salarial fixe, le Tricolore s’est retrouvé coincé et ne pouvait se permettre de garder 23 joueurs. Bergevin est, en quelque sorte, victime de sa propre refonte. Un dommage collatéral qu’il avait certainement prévu. Aurait-il été préférable de conserver Juulsen au détriment de Mete? Il se trouvera ici toutes sortes de points de vue.

Puisque le CH a poursuivi ses mouvements de personnel lundi, le garder comme 22e joueur aurait peut-être été faisable.

De la qualité au ballottage

Et dire qu’on me confiait encore les rênes de l’avantage numérique il n’y a pas si longtemps.

Impossible de le savoir hors de tout doute, mais l’on suppute que ce sont très exactement les mots prononcés par Jordan Weal devant son miroir en sortant de sa douche lundi.

Également soumis au ballottage, l’attaquant n’a pas été réclamé par les autres équipes de la LNH. Il soulagera donc le Canadien de 1,075 million de dollars sur la masse salariale.

Lundi, Montréal y a aussi inscrit les noms des vétérans Corey Perry et Michael Frolik acquis pendant le temps des fêtes. L’on peut raisonnablement penser que les deux joueurs auraient certainement été de la formation partante l’année dernière. Aujourd’hui, l’équipe juge qu’elle peut s’en passer, même si elle souhaite ardemment conserver leurs services pour pallier les incontournables imprévus.

Frolik est attentif au à un jeu qui se développe lors d'un match.

Michael Frolik a amassé 4 points en 19 matchs avec les Sabres de Buffalo l'an dernier.

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Un bon signe?

Ce l’est, a laissé tomber Julien.

Et quand des gars se font réclamer, ça veut dire que tu as des joueurs de qualité, a-t-il ajouté en référence à Juulsen.

N’empêche, il est rare de voir des joueurs d’expérience de la trempe de Perry et Frolik se retrouver dans cette situation. Comme tout le reste depuis 10 mois, c’est, disons, inhabituel.

Je n’essaierais pas de trop interpréter ça, a dit Tomas Tatar […] Il y a beaucoup de nouveaux règlements avec l’escouade d’urgence et les formations. Il y aura beaucoup de mouvement cette saison. On ne sait pas ce qui arrivera. Mais de les avoir avec nous, c’est génial.

Avec leurs salaires bientôt soustraits du calcul de la masse salariale, et en ajoutant celui de Jake Evans, l’on arrive à un total légèrement sous 80,8 millions (le plafond est fixé à 81,5). Juulsen touche 700 000 $. Aurait-il été possible de le garder? Le CH a choisi son camp : mieux valait risquer de le perdre ainsi que de remuer mers et mondes pour lui permettre de garder sa place.

De plus, le jeune défenseur aurait été à deux petites blessures de devoir sauter dans la mêlée et le Canadien ne l'en croyait probablement pas capable. Tôt ou tard, il aurait dû retourner aiguiser ses réflexes à Laval. C'était une impasse.

Or, les Panthers doivent maintenant le garder au moins 30 jours dans leur formation partante. Qui sait s'ils ne lui donneront pas une véritable chance.

L’avenir nous dira si, en dépit de sa profondeur actuelle, le Tricolore n’a pas fait là un faux pas.

En attendant, le portrait se précise. Les trios observés depuis le début du camp d’entraînement demeureront intacts. Mete agira comme septième défenseur, le seul joueur en trop au sein de la formation.

Reste à composer l’escouade. Perry et Frolik y seront, s’ils ne sont pas réclamés par une autre équipe mardi. Weal devrait y être aussi, tout comme Charlie Lindgren et, potentiellement, Xavier Ouellet.

Force est de constater que cette nouvelle mouture est bien plus intéressante que celle qui avait amorcé la saison l’an dernier avec Mete à la gauche de Shea Weber, Artturi Lehkonen au sein du deuxième trio, Weal en avantage numérique et Keith Kinkaid comme auxiliaire à Carey Price.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !