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Chronique

Corey Crawford, l’un des derniers gardiens québécois, au bord de la retraite

Un gardien de but de hockey devant son filet regarde au loin.

Corey Crawford, 36 ans, songerait à la retraite

Photo : Getty Images / Jonathan Daniel

Les nouvelles en provenance du New Jersey laissent croire que la carrière du gardien québécois Corey Crawford arrive à la croisée des chemins et que ce dernier pourrait être contraint de prendre sa retraite sous peu.

Si cette nouvelle devait se confirmer, il ne resterait que deux gardiens québécois dans la LNH cette saison: Marc-André Fleury (Vegas) qui est âgé de 36 ans, et Jonathan Bernier (Détroit), qui a 32 ans.

La pépinière de gardiens québécois, qui était tellement riche naguère, est donc en train de tarir. Il faut remonter à 1959-1960 pour retrouver une saison au cours de laquelle seulement deux gardiens natifs du Québec avaient disputé 20 matchs ou plus dans la LNH. À l'époque, la ligue était toutefois composée de seulement six équipes.

Il y a dix ans, 12 gardiens québécois avaient disputé au moins un match dans la LNH, et huit d’entre eux avaient entrepris au moins 20 rencontres. Au tournant des années 2000, 18 gardiens nés au Québec avaient foulé une patinoire de la LNH et 12 d’entre eux avaient obtenu au moins 20 départs.

Outre Crawford, Fleury et Bernier, seulement trois autres gardiens québécois ont défendu le filet d’une équipe de la LNH la saison dernière: Samuel Montembault (Floride, 15 départs), Louis Domingue (New Jersey et Vancouver, 9 départs) et Antoine Bibeau (Colorado, 1 départ).

Cette saison, au sein de leur équipe respective, aucun d’entre eux ne figure sur la liste des deux gardiens susceptibles d’entreprendre la saison dans la LNH.


Crawford est âgé de 36 ans. Avant de signer un contrat de deux ans avec les Devils l’automne dernier, il avait passé toute sa carrière dans l’organisation des Blackhawks de Chicago, avec lesquels il a remporté deux Coupes Stanley (en 2013 et en 2015).

Au cours des dernières années, notamment lors des saisons 2017-2018 et 2018-2019, Crawford a toutefois subi des commotions cérébrales qui ont nécessité de longues périodes de récupération. Il semblait toutefois avoir retrouvé son aplomb la saison dernière, au cours de laquelle il avait effectué 39 départs et maintenu une moyenne d’efficacité de ,917.

Un gardien se place pour effectuer un arrêt.

Corey Crawford a gagné deux Coupes Stanley avec les Blackhawks

Photo : Getty Images / Andy Marlin

Les Devils voyaient en Crawford le candidat idéal pour jouer un rôle de mentor et seconder leur jeune gardien d’avenir Mackenzie Blackwood. Or, le plan ne se déroule pas comme prévu.

Crawford n’a pas participé au camp des Devils cette semaine. La direction se fait discrète sur les raisons qui empêchent le vétéran gardien de fouler la patinoire. Cependant, les déclarations de plusieurs de ses coéquipiers laissent croire qu’il est en train de sérieusement réfléchir à son avenir.

Son coéquipier Kyle Palmieri a notamment affirmé que le gardien québécois est en réflexion et qu’il doit prendre la meilleure décision pour lui et sa famille. Un autre signe annonçant une possible retraite de Crawford réside dans le fait que son agent, Gilles Lupien, décline les demandes d’entrevues concernant l’avenir de son client.

Les Devils ont indiqué par communiqué, vendredi, que Corey Crawford allait s’absenter pour une période indéterminée pour des motifs personnels, sans plus de détails.

La situation est délicate tant pour l’athlète (qui vient de parapher un lucratif contrat de 7,8 millions) que pour les Devils. Si l’équipe doit absolument dénicher un autre gardien fiable pour entreprendre la saison, ses dirigeants ne souhaitent certainement pas que le mot commence à se répandre aux quatre coins de la LNH et que les prix montent en flèche. D’un autre côté, même si le temps presse, l’organisation doit respecter son athlète et le laisser mûrir sa décision.


Cette lente extinction des gardiens québécois ne survient certainement pas en raison d’un manque d’expertise, car plus du quart des entraîneurs ou des responsables du développement des gardiens de la LNH sont Québécois.

Stéphane Waite (Montréal), Pierre Groulx (Ottawa), Sylvain Rodrigue (Edmonton), Frédéric Chabot (Minnesota), Jimmy Waite (Chicago), Frantz Jean (Tampa Bay) et Benoît Allaire (Rangers de New York) agissent à titre d’entraîneurs des gardiens. Par ailleurs, il y a quelques semaines, Roberto Luongo s’est fait confier la direction du nouveau département d’excellence des gardiens des Panthers de la Floride avec son ancien mentor François Allaire. Son frère, Leo Luongo, est aussi l’entraîneur des gardiens du club-école des Panthers.

Les gardiens québécois constituaient environ le quart des effectifs de la LNH il y a 15 ou 18 ans. Comment expliquer, alors, qu’ils se fassent ainsi exclure du portrait?

Les experts, comme François Allaire, estiment que les systèmes de hockey étrangers ont fait un rattrapage spectaculaire depuis que les techniques d’entraînement sont devenues facilement accessibles sur Internet. Tout le monde est à l’affût et la moindre innovation technique est maintenant copiée et enseignée à travers le monde en l’espace de quelques semaines.

On estime aussi que les gardiens québécois et canadiens ont été surpassés par les gardiens européens, notamment, parce qu’ils sont trop restés attachés au développement technique de leur position aux dépens de leur développement athlétique.

Des entraîneurs québécois sont parfois étonnés de constater, par exemple, que leurs jeunes gardiens de haut niveau sont incapables de lancer une balle parce qu’ils ont passé leurs étés sur les patinoires au lieu de pratiquer d’autres sports et de développer une panoplie d’habiletés sportives de base comme la course, l’équilibre, les sauts, la nage, rouler à vélo, lancer, attraper, botter un ballon, etc.

On ne renversera certainement pas la vapeur en un claquement de doigts. La culture du hockey québécois a déjà commencé à changer à ce chapitre. Et il faudra continuer en ce sens pour que les gardiens d’ici finissent par retrouver une partie du terrain perdu.

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