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Pour atteindre les Championnats canadiens, il faut se qualifier par vidéo

Deux patineurs artistiques posent avec une médaille d'or au cou

Paul Poirier et Piper Gilles

Photo : Danielle Earl Photography / Skate Canada

Jean-François Chabot

Les meilleurs patineurs artistiques canadiens vivent une expérience inédite depuis vendredi avec la tenue de qualifications virtuelles en vue des championnats nationaux de février, à Vancouver.

Au lieu d’être confrontés directement les uns aux autres, les participants ont procédé au cours du dernier mois, depuis leur province respective, à des tournages supervisés de leurs prestations.

Le cadre de ces tournages était très strict. Comme dans une compétition normale, les patineurs devaient respecter un horaire précis. Celui-ci incluait une limite de 20 minutes pour la répétition et les 6 minutes de réchauffement. Il va de soi que les performances devaient être livrées du premier coup.

Celles-ci sont soumises à l’appréciation des juges durant ce week-end, puis durant celui du 15 au 17 janvier dans le cadre du Défi Patinage Canada.

Même les champions en titre Piper Gilles et Paul Poirier (danse), ainsi que Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro (couples) y découvriront ces images pour la première fois.

Les vidéos ont été envoyés directement à Patinage Canada. On n’a donc pas eu la chance de voir la vidéo. Je pense que c’est le plus juste possible. Bien sûr, c’est très différent d’une compétition normale.

Paul Poirier, patineur artistique

Les vidéos de tout le monde vont être différentes, dans des environnements différents, des caméras un peu différentes. Difficile de savoir si ce sera une comparaison exacte pour tous les couples et tous les patineurs, mais c’est la chose la plus proche (d’une vraie compétition) qu’on a pu faire, a ajouté celui qui y défendra son titre aux côtés de Piper Gilles pour la première fois.

Rien n’est pareil

Le défi est de taille. La COVID-19 a eu vite fait de placer tout le monde sur le même pied en stoppant nets entraînements et compétitions dès la mi-mars.

Durant les trois premiers mois de la pandémie, l’accès aux patinoires a été interdit. Trois longs mois sans que personne ne puisse chausser les patins.

S’en est suivi un premier déconfinement prudent pendant lequel seuls les entraînements individuels ont été permis. Voilà qui n’est pas très commode quand on pratique son sport en duo. C'est pourquoi Poirier et Gilles ont conservé la même routine que l'an dernier, en y apportant que quelques ajouts dynamiques.

Poirier et sa partenaire ont-ils ressenti plus de pression qu’à l’habitude?

Je ne sais pas si c’est plus de pression, mais c’est un feeling complètement différent que dans une compétition normale. Il y avait certains défis. On n’était pas dans notre routine de compétition normale. C’est une routine qu’on a mis des années à formuler pour qu’on se sente bien au moment de la compétition.

Il y avait aussi le manque de spectateurs, ce qui change beaucoup l’énergie sur la patinoire. D’une façon, ça met un peu moins de pression sur nous, mais c’est bizarre, parce qu’on n’est pas habitués à ça.

Paul Poirier
Il lance sa partenaire dans les airs.

Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro aux Internationaux Patinage Canada, en 2018

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Même son de cloche de la part de Kirsten Moore-Towers, pour qui ce rendez-vous s’avère très libérateur.

J’ai été agréablement surprise de voir que nous avions tous deux, Mike et moi, ressenti l’énergie d’une vraie compétition. Évidemment, nous étions dans une bulle. Tout reste très officiel, a soutenu celle qui sera en quête d’une troisième couronne nationale.

Moore-Towers et Marinaro sont les dignes successeurs de Meagan Duhamel et d'Eric Radford, qui ont dominé la scène canadienne de 2012 à 2018. Marinaro confirme la perception de sa partenaire devant cette situation aussi bizarre qu’imprévisible.

Ça ressemblait plus à une compétition que ce que l’on avait anticipé. On avait le sentiment de participer à un événement réel jusqu’au moment où on a enlevé nos patins, où nous n’avions pas la possibilité de mettre un point final à la journée en l’absence d’un pointage ou d’un classement. Autrement, il y avait toute la pression que l’on ressent en compétition.

Michael Marinaro

Et l'ambiance?

Kirsten Moore-Towers a-t-elle ressenti la même fébrilité en patinant dans un aréna désert et sous les seuls regards d’un officiel et d’un caméraman?

Vous savez, les athlètes sont des perfectionnistes. On est toujours en quête de la perfection. C’est pourquoi j’ai des papillons dans l’estomac en compétition comme à l’entraînement, a-t-elle expliqué.

Je veux toujours faire du mieux que je peux. Évidemment, en compétition, c’est un peu plus élevé en termes d’adrénaline. Mais ce que nous avons ressenti (pendant le tournage) était très similaire à une compétition normale, a ajouté l'Ontarienne de 28 ans, originaire de St. Catharines.

Elle était surtout contente d’avoir enfin pu patiner avec Michael Marinaro sous la supervision de leurs deux entraîneurs, ce qu’il leur avait été impossible de réaliser depuis mars.

Phénomène particulier en raison du caractère virtuel du rendez-vous 2021, au cours des deux prochaines fins de semaine, les participants pourront être à la fois spectateurs et compétiteurs.

Ça va être une expérience différente. Normalement, quand on est en train de faire nos réchauffements, on ne va pas nécessairement regarder les compétiteurs qui patinent avant nous. De pouvoir regarder la compétition en totalité, ça va être spécial, a conclu Paul Poirier.

Tout ce beau monde vise une place pour les finales des Championnats canadiens qui doivent se dérouler du 8 au 14 février.

Résultats 

Couples (séniors)

1. Kirsten Moore-Towers/Michael Marinaro (ON), 206,22

2. Lori-Ann Matte/Thierry Ferland (QC), 172,42

3.  Deanna Stellato/Maxime Deschamps (QC), 170,65

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