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De Montréal à l’Italie, le surprenant parcours d’Axel Desjardins

Le gardien tient un ballon dans ses mains.

Axel Desjardins, dans l'uniforme du Spezia Calcio, le 31 juillet 2020

Photo : getty images for lega serie b / Francesco Pecoraro

Christine Roger

Axel Desjardins a toujours rêvé de devenir joueur de soccer dans la Premier League. Il n’avait que 13 ans lorsqu’il a quitté son domicile montréalais pour partir à la conquête de son rêve. En janvier 2014, il a mis les pieds en Italie et n’est jamais revenu depuis.

Tout a commencé par une fascination pour les gants de gardien de but. Il a fait ses débuts sur des terrains de soccer de Cartierville. Après une ou deux années comme attaquant et défenseur, il a voulu devenir gardien.

Je voulais des gants. C’est ridicule comme ça. Je suis allé dans les buts parce que je voulais des gants. C’est de cette façon que je suis littéralement tombé en amour avec le poste de gardien de but, raconte celui qui est aujourd’hui âgé de 20 ans.

À 11 ans, il a commencé à jouer avec les Braves d’Ahuntsic. Son talent ne faisait aucun doute et, rapidement, il s’est démarqué du lot.

Mon entraîneur des gardiens m’a parlé d’une académie en Italie qui donnait une chance à des joueurs qui provenaient de l’Australie, des États-Unis ou du Canada, se souvient-il.

Il avait donc 13 ans lorsqu’il s’est envolé en direction de Gênes afin de participer à un match d’exhibition regroupant les académies de la Juventus, de Gênes, de l’Inter Milan et du Spezia.

Il a su attirer l’attention des dirigeants du Spezia, qui l’ont invité à une semaine d’essai. Peu de temps après son retour au Québec, il a reçu un appel et on lui demandait s’il voulait se joindre à l’académie de l’équipe.

La décision n’était pas facile pour mes parents, mais elle l’était pour moi. Je voulais jouer en Angleterre et je n’ai pas hésité une seconde. Je m’ennuie de mes frères, de ma famille, mais ça fait partie de sacrifices que je suis prêt à faire.

Axel Desjardins

Si sa mère l’a accompagné au tout début, le footballeur s’est rapidement retrouvé seul en Italie. Sept ans plus tard, il y est toujours et n’a jamais regretté son choix.

Il a fait partie des académies du Spezia Calcio jusqu’à l’âge de 18 ans, avant de faire le saut avec la première équipe en Serie B, la saison dernière.

La Spezia est une ville italienne de 93 000 habitants environ qui est particulièrement prisée par les touristes. Et les locaux sont passionnés par leur équipe de soccer.

Les fans sont très intenses. Les Italiens, ça n’a rien à voir avec les fans du Canadien. Lorsque le stade est plein, il y a environ 10 000 personnes. Pendant les séries éliminatoires, les fans n’étaient pas admis en raison de la COVID. Toute la ville nous attendait donc à l’extérieur du stade. C’était complètement fou!

Nouveau départ

Le club a remporté les séries éliminatoires pour faire le saut, pour la première fois de son histoire, en Serie A. Si Axel Desjardins s’estime chanceux d’avoir vécu ce moment, la promotion de l’équipe est par contre venue gâcher ses plans d’un point de vue plus personnel.

La Serie A signifie aussi plus de moyens pour embaucher des joueurs. Les dirigeants ont donc fait l’acquisition de Jeroen Zoet, un gardien de but néerlandais de 30 ans qui a joué en Ligue des champions. Ils ont aussi mis la main sur un gardien qui avait de l’expérience en Serie A.

Il y avait trop de gardiens de but. Et en plus, ils avaient plus d’expérience que moi. J’ai compris que je n’allais pas jouer. J’ai donc choisi de quitter.

Il attend qu'un ballon soit envoyé vers lui.

Axel Desjardins, dans l'uniforme de Novara Calcio 1908.

Photo : Gracieuseté d'Axel Desjardins

Axel Desjardins s’est alors retrouvé à Novara, dans le Piémont, une ville située à une trentaine de minutes de Milan. Le club, le Novara Calcio 1908, joue en troisième division. Le Québécois n’a pas l’impression d’avoir vécu une rétrogradation, au contraire. Ce qui l’importe est d’avoir la chance de jouer.

C'est un club qui a joué en Serie A et en Serie B presque tout le temps. C'est un bon club. Ils ont des superbes installations. Le complexe est plus beau que celui de certaines équipes de Serie A.

Ce sont beaucoup des jeunes des grosses équipes qui viennent ici en prêt pour jouer et prendre de l'expérience avant de retourner en Serie A ou en Serie B. Ce n'est pas tactiquement bon comme la Serie A, mais c'est très bon pour grandir. C'est plus une ligue de développement, ajoute-t-il.

Et le Canada?

Malgré son parcours, Axel Desjardins n’a été contacté qu’une seule fois par l’équipe canadienne de soccer. C’était en 2018 pour un camp.

C’est sûr que je suis surpris, dit-il. Je pense que je suis parti trop jeune du Québec. Je n’ai jamais fait les équipes du Québec et c’est probablement pour ça qu’ils ne me connaissaient pas.

Si l’occasion se représentait, il n’hésiterait pas une seconde à aller représenter son pays. Il accepterait de rentrer en Amérique du Nord pour jouer avec l’équipe nationale, mais le faire pour se joindre à une équipe de la MLS n’est pas dans ses plans.

Ce n'est pas mon but dans la vie. Si j'ai une meilleure offre en MLS, je ne dirai pas non. Mais pour le moment, ce n'est pas mon objectif. Je préfère l'Europe. Mon but est de rester ici, affirme-t-il.

Axel Desjardins ne ferme aucune porte. Il n’a que 20 ans, ce qui est encore jeune pour un gardien. Tout ce qu’il désire, c’est d’avoir la chance de jouer et de se faire valoir.

Il a toujours le même rêve que lorsqu’il a quitté Montréal. Son objectif demeure d’un jour atteindre la Premier League.

Entre-temps, il poursuit sa route en Italie. Mais même s’il est aujourd’hui trilingue et adore sa vie européenne, il demeurera toujours un étranger.

Je n’ai pas l’air d’un Italien, autant physiquement que dans mon style de jeu. Ma maison, ça restera toujours Montréal.

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