•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un nouveau confinement ferait mal au labo antidopage de Christiane Ayotte

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l’Institut Armand Frappier de l'INRS

Christiane Ayotte, chercheuse au laboratoire de contrôle du dopage au centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’INRS

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’ombre d’un nouveau confinement qui plane sur le Québec fait craindre le pire à Christiane Ayotte, directrice du laboratoire antidopage du centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Si le gouvernement oblige le laboratoire à fermer ses portes, celui-ci encaisserait un coup dur dont il serait quasiment impossible de se relever.

C’est ce qu’a confié Christiane Ayotte à Radio-Canada Sports, mardi matin. Son laboratoire, situé à Laval, est le seul au Canada accrédité par l'Agence mondiale antidopage (AMA). Il n’a pas été trop ébranlé par le premier confinement, puisque la majorité de ses clients étaient également à l’arrêt.

Mais un nouveau confinement imposé au moment où les équipes sportives poursuivent leurs activités pourrait prendre des proportions catastrophiques, selon elle.

Les activités du laboratoire dépendent en grande partie des ententes contractuelles. La majorité des tests commandés proviennent des grandes ligues sportives nord-américaines, explique-t-elle. Nos compétiteurs sont deux labos américains. Eux ne se confineront pas, c’est là que les échantillons vont se rendre.

Et une fois que les échantillons se rendent aux États-Unis, ils ne reviendront pas à Montréal.

Christiane Ayotte

Les deux concurrents en question se trouvent à Salt Lake City et à Los Angeles. Pour l’instant, rien n’indique que ceux-ci devront se soumettre à des mesures restrictives pour empêcher la propagation de la COVID-19.

Ainsi, c’est l’expertise québécoise en matière de dépistage qui risque de disparaître au profit des États-Unis. Habituellement, on analyse 40 000 échantillons par année. Cette année, nous sommes à moins de 10 000. Il y a un risque de tomber à moins de 7000.

En périclitant de la sorte, le laboratoire peinerait à conserver les services de tous ses employés. La reprise des activités dans le baseball majeur nous a donné un peu d’oxygène. On a pu maintenir nos activités, sans recevoir d’aide du gouvernement, dit Christiane Ayotte.

Mais un nouveau confinement mettrait un bouchon sur la bonbonne. On perdrait notre statut à l’international, une expertise unique au Canada en chimie analytique et en toxicologie. Il y a 40 scientifiques qu’on ne pourrait pas garder.

On se retrouverait dans une situation précaire comme celle dans laquelle nous étions dans les années 90 et 2000, déplore Ayotte, qui dirige laboratoire depuis 30 ans.

Pas un lieu de transmission du virus

Christiane Ayotte insiste : aucun cas de COVID-19 n'a été répertorié au sein de son équipe depuis le début de la pandémie.

Elle rapporte que des mesures sanitaires strictes sont respectées au centre Armand-Frappier Santé Biotechnologie, où se trouve le laboratoire. Les gens sont masqués, on a fait installer des plexiglass, le personnel est limité. On n'a eu aucun cas jusqu’à présent.

Elle estime que son équipe peut poursuivre son travail, sans contribuer à la propagation, et même aider à freiner celle-ci. On a aussi produit des tests de dépistage la COVID, ici. On voudrait continuer notre travail, simplement.

Tout ceci est évidemment sujet à changement dans le monde du sport : Après, si les activités sportives s’arrêtent dans les différentes ligues sportives, rien ne nous obligerait à rester ouvert, on pourrait retourner au télétravail.

(Avec les informations de Robert Frosi)

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !