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La suspension de Sun Yang annulée, vers un nouvel examen

Le triple champion olympique avait été puni pour avoir détruit au marteau un échantillon

Il croque sa médaille d'or.

Le nageur chinois Sun Yang après sa victoire au 1500 m style libre aux Jeux asiatiques en août 2018

Photo : The Associated Press / Lee Jin-man

Agence France-Presse

Le triple champion olympique chinois de natation Sun Yang a remporté une victoire à sept mois des Jeux de Tokyo. Il a obtenu de la justice civile suisse l'annulation de sa suspension de huit ans pour violation du règlement antidopage.

Le Chinois n'est pas tiré d'affaire. Après avoir annoncé sa suspension le 28 février pour la destruction à coups de marteau d'un échantillon lors d'un contrôle antidopage inopiné en septembre 2018, le Tribunal arbitral du sport de Lausanne va de nouveau statuer.

La plus haute instance juridique du pays alpin, qui a invoqué la partialité d'un juge, ne s'attachait pas au fond du dossier. La défense du nageur chinois avait notamment mis en exergue des gazouillis racistes antichinois du président du panel de juges, l'Italien Franco Frattini.

Le TAS, qui prend soin de souligner que ces tweets personnels ne représentent pas l'opinion du TAS, va maintenant devoir trouver un remplaçant à l'ancien ministre italien des Affaires étrangères.

Le tribunal suprême en matière de sport, qui siège à Lausanne, regrette beaucoup que les objections contre le Président de la Formation n'aient pas été soulevées plus tôt et qu'elles n'aient pas pu être examinées au cours de la procédure devant le TAS qui s'est déroulée bien après les tweets incriminés. L'audience s'était tenue en novembre 2019 en public, une mesure exceptionnelle.

Cette suspension était l'une des décisions les plus spectaculaires du TAS, en raison de sa sévérité et de la stature du nageur, grande vedette dans son pays. Il était devenu à Londres le premier Chinois champion olympique de natation.

Cet appel devant la justice civile de Sun Yang contre une décision injuste était son ultime recours.

La décision du Tribunal fédéral suisse découle d'une contestation à l'égard du président du panel du TAS et n'inclut aucun commentaire sur le fond de l'affaire, a écrit dans un communiqué l'Agence mondiale antidopage (AMA), prête à présenter à nouveau son cas de manière robuste devant un panel du TAS différent en temps voulu.

Sacré aux Jeux de Londres en 2012 (400 m et 1500 m) et Rio en 2016 (200 m), l'imposant Chinois (1,98 m) a également 11 titres de champion du monde à son palmarès.

En février, le TAS n'avait pas annulé ses titres remportés postérieurement au contrôle rocambolesque, notamment les médailles d'or des 200 et 400 m libre aux Championnats du monde à Gwangju, en Corée du Sud, en juillet 2019, notamment parce qu'il n'avait pas fait l'objet de test antidopage positif.

Le nageur chinois de 29 ans avait déjà été suspendu trois mois en 2014 pour un contrôle positif à un stimulant, la trimétazidine. Dans le plus grand secret, puisque cela n'avait été rendu public qu'une fois sa sanction largement purgée.

Son avocat Zhang Qihuai, qui a confirmé jeudi à l'AFP avoir eu notification de la décision de la justice suisse sans en avoir eu la teneur, avait dit l'intention de son client d'entamer des poursuites contre un inspecteur qui avait selon lui fourni de fausses preuves dans un communiqué. Il avait accusé également l'AMA d'avoir falsifié les faits et abusé de son pouvoir.

Le 28 février 2020 a été un jour sombre, avait encore jugé Me Zhang Qihuai.

Il montre la scène du mal qui terrasse la justice et du pouvoir qui se substitue à l'évidente vérité. Ce jour-là, le TAS a fermé les yeux sur les règles et les procédures, fermé les yeux sur les faits et les évidences, et accepté tous les mensonges et les fausses preuves, a-t-il ajouté.

Lors de l'audience, le nageur a argué que les contrôleurs n'avaient pas produit les documents prouvant leur identité. Ce qui n'avait pas été retenu par le TAS.

Pour le Tribunal, véritable Cour suprême du sport, le sportif n'avait pas établi qu'il avait une explication valable pour détruire son échantillon et il ne [lui] revenait pas de décider seul qu'un contrôle antidopage devait être invalidé et un échantillon détruit.

Un nageur est perplexe face au refus d'un adversaire de lui serrer la main.

Le Britannique Duncan Scott (à gauche) refuse de serrer la main de Sun Yang

Photo : Associated Press / Mark Schiefelbein

La suspension de Sun avait été saluée par de nombreux sportifs. L'Australien Mark Horton avait refusé de lui serrer la main et de monter sur le podium du 400 m libre à Gwangju. Le Britannique Duncan Scott, en bronze sur 200 m, avait aussi refusé de serrer la main du natif de Hangzhou, près de Shanghai.

Bravo le TAS! Bonne décision, avait tweeté en février le Sud-Africain Chad Le Clos, vice-champion olympique du 200 m en 2016, derrière Sun. Comme beaucoup d'autres nageurs propres, j'ai couru contre Sun Yang et "perdu". Les tricheurs n'ont pas leur place dans le sport.

David Sharpe, qui dirige l'Agence antidopage australienne, avait estimé pour sa part que l'arbitrage du TAS restaurait la confiance dans le système antidopage.

L'affaire de l'échantillon détruit avait atterri devant le TAS après un recours de l'AMA contre de précédentes conclusions controversées de la Fédération internationale de natation (FINA), qui avait blanchi Sun Yang pour vice de forme.

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