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L’effet Harvey : cinq Québécois dans l’équipe nationale de ski de fond

Le fondeur lors d'une compétition

Le Gatinois Antoine Cyr a rapidement fait son chemin jusqu'à l'équipe canadienne senior de ski de fond.

Photo : Courtoisie/François Pepin

Alexandra Piché

Un an et demi après l’annonce de la retraite du légendaire fondeur québécois Alex Harvey, l’équipe nationale de ski de fond compte cinq représentants de la province. Cendrine Browne, Katherine Stewart-Jones, Laura Leclair, Philippe Boucher et Antoine Cyr s’envoleront pour Lahti, en Finlande, afin de participer aux épreuves de la Coupe du monde des 23 et 24 janvier.

Cinq Québécois, sachant qu’Alex a pris sa retraite, c’est vraiment une bonne nouvelle. Le travail des jeunes et l’effet Alex Harvey se font valoir. Beaucoup de ces jeunes étaient dans son groupe d’entraînement des dernières années. Ils ont pu apprendre à ses côtés, indique l’entraîneur Louis Bouchard.

Pour plusieurs, comme Antoine Cyr, c’est une première présence officielle dans l’équipe des Coupes du monde. L’athlète de 22 ans avait pris part à l’épreuve de Québec, en mars 2019, et à celle de Dresde, en Allemagne, en janvier 2020.

De savoir que je vais avoir d’autres départs en Europe, c’est comme un rêve de petit gars qui devient réalité. L’année passée, c’était la première fois que je touchais au circuit européen. C’était super, mais cette année, c’est plus officiel, souligne le gagnant du maillot jaune du circuit Nor-Am l’an dernier.

Il trouve vraiment intéressant de voir un aussi grand bassin de représentants québécois s’envoler vers l’Europe cette année. Il fait partie des fondeurs inspirés par les performances d’Alex Harvey.

L’équipe a toujours été parsemée de Québécois. Avec Alex, on avait le meilleur skieur de fond canadien. Il a été mon coéquipier pendant un petit bout, mais surtout une idole pendant longtemps. Quand j’étais petit, je me levais à 5 h du matin pour regarder ses courses. C’est beau de voir l’histoire qui se continue maintenant qu’il est à la retraite, ajoute-t-il.

Harvey a d’ailleurs passé les deux derniers week-ends dans les pistes du mont Sainte-Anne pour aider ses anciens coéquipiers à se préparer à se mesurer aux meilleurs.

Ça fait deux week-ends qu’on a des entraînements de simulation, qui ressemblent à l’intensité d’une course. Alex est venu participer avec le groupe. Il peut donner des conseils, mais aussi pousser le groupe. Il a encore la forme après seulement un an et demi à l’écart du circuit. C’est quelque chose qui complète énormément ce qu’on peut faire en tant qu’entraîneurs. On est chanceux de l’avoir, explique Bouchard.

Alex Harvey

Alex Harvey

Photo : Ski de fond Canada / ANDRE OLIVIER LYRA

Bien que le ski de fond soit un sport à développement tardif, l’équipe canadienne est très jeune. Du côté masculin, mis à part Russell Kennedy, 29 ans, les membres ont tous moins de 23 ans.

C’est vraiment encourageant de voir qu’il y a autant de Québécois qui ont fait l’équipe. Ça prouve qu’il y a de la belle relève qui s’en vient, même s’il y a eu un petit creux après la retraite d’Alex, affirme Cendrine Browne.

Les recrues de l’unifolié ne sont d’ailleurs pas passées inaperçues lors d’un passage en Europe la saison dernière.

L’année passée, quand j’étais à Dresde, les Norvégiens nous appelaient les nouveaux Canadiens parce que le plus vieux de l’équipe sur place avait 22 ans. C’est l’fun. C’est beaucoup de nouveau pour nous, mais la forme physique est là et on va être plus que prêts à aller affronter les Scandinaves en Coupe du monde, précise Cyr, qui vise des résultats parmi les 30 meilleurs sur le circuit de la Coupe du monde.

Place aux filles

Cendrine Browne et Laura Leclair, qui s’entraînent toutes les deux au Centre national d'entraînement Pierre-Harvey, ont mis sur pied un programme pour aider la relève féminine de leur sport à progresser.

Elles ont fait un premier essai l’été passé et ç’a été un succès grandiose. Ça regroupait les jeunes de l’équipe de développement. Elles travaillent à faire accepter leur projet par les fédérations provinciales et nationales. L’encadrement se fait par petits camps d’entraînement et par présences ponctuelles dans les clubs du Québec pour répondre aux questions des jeunes filles et les encourager, dit Louis Bouchard.

Deux skieuses se suivent en pas de patin.

Cendrine Browne derrière la Japonaise Miki Kodama aux Championats du monde de 2019 en Autriche.

Photo : Getty Images / Lars Baron

L’entraîneur croit que ce projet va aider à répondre à un besoin qui n’était pas comblé par les programmes déjà en place.

Ça va avoir un impact important. Ça va amener plus de filles qui seront bien conseillées et mieux préparées. Souvent, on fait des camps d’entraînement mixtes parce qu’on n’a pas les ressources pour faire des camps séparés, mais les besoins sont différents. En camp mixte, on ne va pas autant dans le besoin spécifique, autant des garçons que des filles. C’est un compromis, précise-t-il.

En plus des camps d’entraînement, Cendrine Browne soutient de jeunes athlètes au quotidien.

J’ai quatre jeunes skieuses que j’encourage régulièrement et j’espère qu’elles auront la chance de se rendre loin , conclut-elle.

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