•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Treize athlètes qui ont soutenu une cause en 2020

Montage photo de Marcus Rashford, de Rosalie Fish, qui arbore une main rouge peinte sur son visage, et  de Laurent Duvernay-Tardif.

Marcus Rashford, Rosalie Fish et Laurent Duvernay-Tardif sont quelques-uns des nombreux athlètes qui ont mis de l'avant une cause en 2020.

Photo : Getty Images / Mark Brown (Getty Images), Alex Flett, Michael Regan (Getty Images)

Dans à peu près tous les domaines, l’année 2020 aura été celle de la pandémie. Le monde du sport n’y échappe pas. Le confinement a nui à toutes les ligues, de tous les niveaux. Les activités ont été suspendues. Des athlètes ont contracté le virus. La NBA a fait progresser la recherche d’un vaccin. Des Jeux olympiques ont été reportés.

Il aurait fallu des événements majeurs, des prises de position historiques, des gestes tantôt symboliques, tantôt concrets, pour rivaliser avec pareilles manchettes. Et c’est exactement ce que la planète sportive nous a offert en 2020.

Au-delà de la performance, cette année a été celle des athlètes qui ont troqué leur raquette de tennis ou leur bâton de hockey pour un porte-voix, afin de soutenir une cause. Le magazine Sports Illustrated a d’ailleurs désigné la dernière année comme celle des athlètes activistes, ces sportifs qui agissent comme champions à la fois sur le terrain et à l'extérieur de celui-ci.

Le sport et la politique se sont toujours entremêlés. Ce n'est pas cette année que l'activisme sportif est né. Mais c'est peut-être en 2020 qu'il a atteint la maturité.

Voici un rappel de ces athlètes et des messages qui leur sont chers.


Marcus Rashford

Les amateurs de sport ont découvert Marcus Rashford en raison de son jeu à Manchester United. Le reste de la population a appris à le connaître comme un féroce activiste.

À l’enfance, Rashford et sa famille ont bénéficié de diverses initiatives d'aide alimentaire. Lorsque le gouvernement britannique a annoncé son intention de mettre fin à un programme de repas gratuits pour les jeunes issus de milieux défavorisés, il s'y est opposé avec hargne. Le footballeur a écrit une lettre aux parlementaires.

Après qu'il eut déposé une pétition signée par plus de 1 million de personnes, le footballeur a eu gain de cause. C'est le premier ministre Boris Johnson lui-même qui l'a appelé pour lui annoncer le maintien de l'aide financière. C'est 400 millions de livres qui ont été débloquées à la suite de ses pressions.

Marcus Rashford dans l'uniforme de Manchester United

Marcus Rashford a mis sur pied une campagne de financement qui a permis d'amasser près de 230 000 $, une somme qu'il a bonifiée de sa poche d'environ 400 000 $.

Photo : Getty Images / Michael Regan


Naomi Osaka

Naomi Osaka est probablement l’athlète qui a le mieux su utiliser les masques à son avantage en 2020. La jeune joueuse de tennis s’est présentée à plusieurs tournois munie d'un couvre-visage indiquant le nom de citoyens afro-américains tués par la police.

Elle a poussé la note plus loin en se désistant carrément d’un match quand le mouvement Black Lives Matter était en plein essor. Elle s’est ensuite rétractée pour atteindre la finale, qu’elle n’a pu disputer en raison d’une blessure.

D'origine haïtienne et japonaise, Osaka s'est exposée à plusieurs messages haineux en incitant les Japonais à soutenir le mouvement Black Lives Matter. Elle a toutefois poursuivi son implication, disant espérer que la jeune génération d’athlètes n’aura plus peur de dire tout haut ce qu’elle pense tout bas.

Elle porte un masque noir avec le nom Philando Castile écrit en blanc.

Naomi Osaka a porté un couvre-visage avec le nom de Philando Castile, un Afro-Américain mort en 2016 après avoir été interpellé par la police au Minnesota.

Photo : Getty Images / Al Bello


Roger Federer

Inactif pendant la majorité de la saison, Roger Federer a évoqué en décembre la possibilité d’une retraite prochaine. Dans tous les cas, la marque que le Suisse laissera sur son sport dépassera largement le court de tennis. Il faudra ajouter à son riche héritage son appui à une plus grande équité entre les femmes et les hommes.

En avril, il a rouvert le débat sur une fusion entre les deux circuits, l’ATP et la WTA. Une idée qui a déjà été mise de l’avant par le passé, mais qui fait nécessairement plus de vagues lorsqu’elle est lancée par une légende comme Federer. Une occasion de mettre en valeur le tennis féminin, qui a été accueillie à bras ouverts par Tennis Canada.


Laurent Duvernay-Tardif

En février, Laurent Duvernay-Tardif était sur la ligne de mêlée avec les Chiefs de Kansas City lors du Super Bowl LIV. En mars, il était sur les lignes de front pour combattre la pandémie de COVID-19.

Le Québécois a préféré se retirer de la saison suivante de la NFL en raison de la situation provoquée par le coronavirus. Cette décision lui coûtera plusieurs millions de dollars en salaire, mais lui vaudra aussi des applaudissements de toutes parts, notamment de ses coéquipiers. Le sarrau du co-lauréat du trophée Lou-Marsh, remis à l'athlète canadien par excellence, a même abouti au Temple de la renommée du football.

En plus d’avoir apporté son aide dans les CHSLD, le diplômé en médecine s’est aussi donné comme mission de faire connaître les recommandations de la santé publique pendant sa sabbatique.


Renee Montgomery

En réaction à la pandémie de COVID-19, et en guise de protestation contre le racisme aux États-Unis, la basketteuse Renee Montgomery a renoncé à jouer en 2020. Ce faisant, elle a perdu quelque 100 000 $ qu’elle aurait empochés en jouant avec son équipe, le Dream d’Atlanta.

Pendant cette pause, sa fondation a pris de l’ampleur. L’un de ses nouveaux projets : relancer le collège Morris Brown, à Atlanta, qui était sans accréditation depuis plus de 20 ans en raison de sa mauvaise gestion financière.

C’était la quête personnelle de Montgomery que de remettre l’école sur la bonne voie, notamment en amassant des fonds avec sa fondation. L'école est l'une des rares à offrir un programme de sport électronique dans la région. En finançant de nouvelles infrastructures, elle espère inciter de nouveaux jeunes à s'inscrire à l'école.

Renee Montgomery lors d'une partie avec le Lynx du Minnesota

Renee Montgomery s'est engagée à amasser 3 millions de dollars par l'entremise de sa fondation pour le collège Morris Brown.

Photo : Getty Images / Kevork Djansezian


Lewis Hamilton

L’année 2020 a été mémorable à tous les égards pour Lewis Hamilton. À l’automne, il a dépassé Michael Schumacher au 1er rang des pilotes les plus victorieux de la formule 1. Mais le Britannique n’a jamais hésité à rediriger les projecteurs vers des causes sociales.

Il a notamment porté sur lui à de multiples occasions le slogan Black Lives Matter. Le Britannique a levé le poing sur le podium ou a posé le genou à terre en solidarité avec le mouvement pour les droits des personnes noires.

Hamilton n’a pas eu peur de mordre la main qui le nourrit. Il a dénoncé à plusieurs reprises les choix d'emplacement pour tenir des grands prix de F1 ainsi que l’indifférence que son sport entretient envers les droits de l'homme bafoués. Et il a clairement demandé à la F1 d’entreprendre des actions concrètes pour améliorer le sort de certains citoyens de pays accusés de les opprimer.

Il se cache le visage de la main gauche.

Sur le podium, au Gand Prix de Toscane, Lewis Hamilton affichait un chandail réclamant l'arrestation des policiers mêlés au décès de Breonna Taylor.

Photo : Getty Images / Pool


Rosalie Fish

Le fléau des femmes autochtones disparues, Rosalie Fish l'a subi personnellement. En 2004, sa tante a été portée disparue. Son corps a été retrouvé 15 mois plus tard, et aucune explication n’a été fournie à la famille. Après avoir traversé une période sombre, marquée par une dépression et du harcèlement sexuel, Rosalie Fish s’est tournée vers sa passion pour s’en sortir : la course.

Issue de la nation de Cowlitz, aux États-Unis, elle s’est fait un devoir de représenter sa communauté sur la piste d’athlétisme. En mémoire des femmes autochtones disparues, elle peint une main rouge sur son visage lors de ses courses, notamment au demi-marathon de la NJCAA, en novembre dernier.

Une manière pour elle d’empêcher le public de garder les yeux fermés devant cet enjeu de société.


LeBron James

Le rôle qu’a exercé la NBA dans l'élan du mouvement Black Lives Matter en 2020 est indéniable. En premier lieu, il y a les Bucks de Milwaukee, qui ont décidé de boycotter un match, un geste qui sera reproduit par d'autres formations. Plusieurs joueurs pourraient être nommés pour leur soutien à la cause. Mais la grande vedette de la NBA, LeBron James, a été la tête d’affiche de ce mouvement de contestation.

Il a salué la contribution de Colin Kaepernick, qui posait le genou au sol lors de l'hymne national, en précisant comment le quart-arrière avait inspiré les athlètes à suivre ses pas. Lors des décès successifs de Breonna Taylor (mars), de George Floyd (mai) et de Jacob Blake (août), l’attaquant des Lakers a fait entendre sa voix, réclamant du changement pour stopper la violence policière. Son implication politique lui a valu une pluie de critiques, mais aussi le prix Muhammad-Ali de Sports Illustrated.

LeBron James porte deux trophées dans ses mains.

En 2020, LeBron James a aussi connu du succès sur le court, en remportant le championnat de la NBA.

Photo : Getty Images / Mike Ehrmann


Angel McCoughtry

Si la NBA a forcé la planète sportive à porter attention au mouvement Black Lives Matter, la ligue féminine de basketball, la WNBA, l’avait toutefois précédé. L’association des joueuses a suggéré à toutes ses équipes d'inscrire le nom de Breonna Taylor sur ses chandails, avec les mots Say Her Name, une façon d’honorer la mémoire de cette citoyenne tuée par des policiers.

Cette initiative provenait d’Angel McCoughtry, une athlète noire originaire de Baltimore. C’est elle-même et son partenaire qui ont conçu les chandails, avant de les proposer par courriel à la ligue. Les dirigeants ont approuvé leur suggestion en quelques minutes.

L’athlète a ensuite partagé sa création sur Twitter, encourageant ses coéquipières et adversaires à la suivre. Peu après, c’était au tour de la NBA de permettre à ses employés de personnaliser leur chandail pour une cause.


Amy Marren

Avant d'annoncer sa retraite cette année à l'âge de 21 ans seulement, la paranageuse Amy Marren a fait les manchettes lorsqu’elle a demandé une représentation plus juste des personnes handicapées à l’écran.

La médaillée de bronze aux Jeux paralympiques de Rio est née avec une main droite manquante. Elle a souvent fait référence à son handicap comme une force, un élément positif dans sa vie. À la sortie du film Sacrées sorcières, elle a été déçue de constater qu’encore une fois, les malformations physiques étaient exploitées pour faire peur aux enfants.

Soulignant l’importance d’offrir des représentations positives du handicap à l’écran, elle a critiqué les prothèses portées par l’actrice principale, un message repris par plusieurs athlètes. Anne Hathaway a reçu le commentaire avec tact et empathie, en mentionnant qu’elle éviterait de répéter l’erreur à l’avenir.

Amy Marren célèbre en soulevant son bras amputé, dans la piscine, après une victoire.

La compagnie Warner Brothers s'est excusée auprès des personnes handicapées après avoir pris connaissance des doléances d'Amy Marren.

Photo : Getty Images / Dean Mouhtaropoulos


Patrick Mahomes

En février 2020, quelques jours avant le Super Bowl, tous les yeux étaient rivés vers le quart-arrière Patrick Mahomes, nouvelle supervedette de la NFL. L'enfant né d’un père noir et d’une mère blanche symbolise une nouvelle ère dans le football américain, où les postes de quart-arrière ont longtemps été réservés aux joueurs blancs. Questionné à ce sujet, il s’est dit heureux de pouvoir inspirer de jeunes athlètes noirs à suivre leur rêve, quel qu’il soit.

Quelques mois plus tard, il est à l’avant-scène d’une vidéo regroupant des footballeurs qui réclament du changement, en marge du mouvement Black Lives Matter. Une action de groupe, menée par le nouveau visage du football, Patrick Mahomes. La NFL ne pouvait pas l’ignorer.

Les hauts dirigeants, jusque-là très discrets en matière de justice sociale, ont réagi promptement. Le commissaire Roger Goodell a même avoué avoir mal géré les protestations contre les inégalités sociales.


Nick Kyrgios

Cela peut sembler bien lointain, mais l’année 2020 a d’abord été marquée par des feux dévastateurs en Australie, en janvier.

Le joueur de tennis Nick Kyrgios, natif de la capitale, Canberra, a été directement touché par la catastrophe environnementale. Pour venir en aide aux sinistrés, il a commencé par offrir un soutien financier : 200 $ versé pour chacun de ses as en compétition. Le monde du tennis et certains commanditaires se sont ensuite ralliés à la cause.

Pendant la pandémie, Kyrgios y est allé d’un autre beau geste, en s’improvisant livreur. Les personnes démunies pouvaient faire appel à lui pour recevoir un peu de nourriture et éviter de se coucher le ventre vide.


Kim Clavel

Lorsque la première vague de COVID-19 a déferlé sur le Québec, Kim Clavel a répondu à l’appel du devoir. Elle a mis sa carrière de boxeuse sur pause pour revêtir son sarrau d’infirmière.

Clavel est venue prêter main-forte au personnel soignant de CHSLD dans la grande région de Montréal. Son dévouement a été souligné en grand lors du gala des prix ESPY, en juin dernier. On lui a alors décerné le prix Pat-Tillman pour son travail auprès de la communauté.

Lors de cette dernière année mouvementée, Clavel a aussi été touchée par le décès de Joyce Echaquan, qu'elle avait côtoyée lors de son travail au département de maternité. Elle avait alors fait appel à un meilleur respect du devoir moral que prennent les infirmiers et infirmières, lorsqu’ils s’engagent auprès de la population.

Elle est à l'entraînement, avec des gants de boxe aux mains.

Kim Clavel a combattu la pandémie de COVID-19 en 2020.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Chabot

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !