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Maxime Dautraix à la brasse entre la France et les Carabins

Un nageur à la brasse

Maxime Dautraix

Photo : Photo Yves Longpré - Courtoise HEC

Jean-François Chabot

Éclaboussé comme tout le monde par la pandémie, le nageur français Maxime Dautraix garde la tête hors de l’eau entre sa maîtrise à HEC Montréal, sa place avec les Carabins et sa quête d’une participation aux Jeux olympiques de Tokyo.

Natif de Mions dans l'agglomération de Lyon, ville jumelée à Montréal depuis 1989, le jeune homme de 23 ans a choisi HEC Montréal après avoir échangé avec Anaïs Arlandis.

Sa coéquipière de l’équipe de France, spécialiste du 100 m libre et du 100 m papillon, y faisait déjà de belles vagues au CEPSUM sur les flancs du mont Royal.

Elle m’a parlé de cette opportunité assez unique de pouvoir combiner sport et études dans un cadre dynamique. Cela allait permettre de me porter au plus haut niveau et de me concentrer uniquement sur mes performances, a d’abord indiqué Dautraix, joint chez ses parents par Radio-Canada Sports.

Il faut savoir que notre modèle qui donne à pratiquer un sport tout en poursuivant des études supérieures n’a pas encore passé les frontières de l’Hexagone.

La France a plus tendance à inscrire ses enfants à des classes supplémentaires de mathématiques ou de langues. L’inscription aux activités sportives n’est pas encore un réflexe automatique. Ce n’est pas demain la veille où La Sorbonne aura ses propres équipes.

On est quand même une nation très sportive. On obtient de très bons résultats dans différents sports. Je suis certain qu’avec un petit peu d’envie et l’ambition justement de réformer ce système post-lycée, on serait capable d’optimiser encore un peu plus nos résultats, et on limiterait cet exode de talent qu’on constate aujourd’hui en université.

Une citation de :Maxime Dautraix, nageur de l'équipe de France et des Carabins de l'Université de Montréal

Pour rassurer papa

Maxime Dautraix raconte que son père, lui-même terrorisé par l’eau, l’a inscrit à ses premiers cours de natation.

J’ai appris à nager très jeune, dès l’âge de 5 ans en fait, et pour la simple raison que mon père a très peur de l’eau. Du coup, il a souhaité ne pas transmettre cette peur à ses enfants. Il nous a incités à apprendre à nager. Et de là, je me suis découvert une véritable passion pour la natation, raconte celui qui affiche un palmarès rempli de promesses.

Déjà au lycée [notre niveau secondaire, NDLR], il connaît le succès en récoltant sa première médaille en Championnat national, laquelle est suivie peu après par sa première sélection en équipe nationale Jeunes, le niveau juste en dessous des rangs juniors.

Aujourd’hui, il vise à représenter son pays aux Jeux olympiques de Tokyo. En tant que spécialiste du 100 m brasse, Dautraix sait qu’il y a fort à faire pour y parvenir.

La France ne pourra y déléguer que deux représentants par épreuve. De l’aveu même de Dautraix, son compatriote Théo Bussière, champion de France en titre, est intouchable et devrait en toute logique mettre la main sur le premier laissez-passer.

Deux nageurs au bord de la piscine

Maxime Dautraix, à l'avant-plan, aux côtés de Théo Bussière, champion de France en titre du 100 m brasse

Photo : Courtoisie Maxime Dautraix

La lutte pour le deuxième billet s’annonce serrée. Dautraix se retrouve en concurrence directe avec Antoine Viquerat et Thomas Boursac Cervera Lortet.

On va devoir se battre entre nous, mais également contre le chronomètre. Ça fait plusieurs adversaires très coriaces, lance-t-il. Actuellement, mon meilleur temps est de 1 min 4 s en petit bassin (25 m). L’objectif sera de descendre jusqu’à une minute. Ce sera le temps nécessaire pour valider les minima (standards olympiques) tout en sachant qu’il faut être parmi les deux meilleurs Français.

Dautraix ajoute qu’en l’absence de confrontations directes avec ses principaux rivaux au cours des derniers mois, il lui est difficile d’évaluer sa situation de façon précise.

Piégé par le coronavirus

Rentré en France en mars dernier pour participer aux sélections olympiques des Bleus, ce spécialiste du 100 m brasse a vu ses attentes tomber à l’eau quand la COVID-19 a pris ses aises et forcé l’annulation du rendez-vous.

Le virus ayant traversé l’Atlantique avant qu’il puisse revenir, c’est à Villeurbanne, en banlieue de Lyon, qu’il s’est installé dans un petit appartement pour poursuivre à distance la rédaction de sa thèse en gestion de stratégie et son entraînement en piscine.

En France, on a eu la chance de tirer les leçons du premier confinement pour permettre à des sportifs de haut niveau d’accéder à leurs installations tout en respectant un contrôle sanitaire très strict, avec un minimum d’encadrement. Mais au moins, on a la possibilité de s’entraîner sans restriction.

Une citation de :Maxime Dautraix, nageur de l'équipe de France et des Carabins de l'Université de Montréal

Il y a quand même là-bas aussi un train de mesures à respecter pour éviter la propagation du virus. Les vestiaires collectifs sont fermés. Les participants doivent arriver à la piscine déjà changés, ou bien se changer directement au bord de la piscine. Ils doivent porter le masque en permanence, sauf dans l’eau bien entendu…

Une fois dans l’eau, chaque corridor est limité à un nageur unique. C’est bien, on a de la place! Pour nous, c’est un peu plus optimal. Évidemment, notre coach au bord du bassin a en permanence, le masque, précise Dautraix.

Celui-ci bénéficie aussi des séances virtuelles mises sur pied par l’entraîneur de l’équipe de natation des Carabins, Pierre Lamy, ses assistants et le préparateur physique Antonin Deschamps.

J’apprécie énormément d’avoir tout un staff autour de nous. Il y a énormément de choses qui sont mises en place pour qu’on soit concentré uniquement sur la performance. M. Lamy a apporté une expertise que je n’avais pas forcément découverte en France.

Maxime Dautraix

Maxime Dautraix

Photo : Courtoisie HEC Montréal

Cette bonne condition physique, Dautraix espère la maintenir quand il reviendra à Montréal le 23 décembre.

J’ai eu la chance d’être retenu dans un cabinet de conseil pour un premier travail à mi-temps, ce qui va me permettre de poursuivre mon mémoire, de poursuivre mon entraînement, tout en ayant une première expérience professionnelle qui se poursuivra en emploi à temps plein une fois mon mémoire terminé, explique l’athlète qui attend le moment de pouvoir se qualifier pour les JO.

La Fédération française de natation a révisé son processus d’accès pour Tokyo en scindant l’opération en deux périodes distinctes.

La première avantage les Français les mieux classés du monde, ce qui les débarrasse des contraintes des standards olympiques. Une seconde semaine de qualification se déroulera fin juin, normalement durant les Championnats de France qui sont l’équivalent des essais olympiques canadiens. C’est là que le nageur devra tout donner.

Nous pourrons nous qualifier moyennant un temps de qualification réalisé dès le matin, en séries, et qu’il faudra renouveler le soir en finale, a-t-il dit visiblement conscient de l’ampleur de la tâche.

Malgré tout, Maxime Dautraix n’échangerait sa place pour rien au monde.

Au-delà de mon objectif olympique, j’ai quand même des ambitions professionnelles qui me sont d’ailleurs permises grâce à HEC Montréal. J’ai pour ambition de débuter ma carrière professionnelle à Montréal. Je suis vraiment tombé amoureux de la ville et de la culture, plus globalement. Je compte bien à terme demander cette résidence permanente.

Une citation de :Maxime Dautraix, nageur de l'équipe de France et des Carabins de l'Université de Montréal
Maxime Dautraix

Maxime Dautraix

Photo : Courtoisie Maxime Dautraix

Des coéquipiers canadiens

En attendant qu’il puisse un jour représenter le Canada en compétition internationale, Dautraix compte des athlètes d’ici parmi ses coéquipiers.

Il a notamment souligné la présence de Nicolas Masse-Savard, un spécialiste de la nage en eaux libres. Aux dires de Dautraix, ce dernier se préparait pour les essais olympiques qui devaient initialement avoir lieu aux îles Caïmans.

La façon dont vont se dérouler les essais a un peu été chamboulée. Il va devoir passer par les essais olympiques en bassin pour se qualifier en eaux libres. Je sais qu’il s’entraîne très fort et je suis de tout cœur derrière lui.

On a un collectif très fort aux Carabins, de plusieurs nageurs issus tant du Canada que d’autres pays avec chacun des objectifs personnels très élevés, a tenu à souligner Dautraix.

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