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L'année tout en croissance de Laurence Vincent Lapointe

Elle lève le pouce en souriant après une course.

Laurence Vincent Lapointe

Photo : Szeged

Justine Roberge

Laurence Vincent Lapointe ne s'est jamais aussi bien sentie dans sa tête et dans son corps. Cette année particulièrement éprouvante, marquée par une affaire de dopage et le report des Jeux olympiques, lui aura finalement apporté force et sérénité.

Elle est peut-être multiple championne du monde, mais jamais Vincent Lapointe n'a pris part à des Jeux olympiques parce que son sport ne figurait pas au programme. C'est à Tokyo, en 2021, que le canoë féminin doit être présenté pour la toute première fois de l'histoire. Et à deux reprises cette année, la Québécoise est passée bien près de voir son rêve olympique lui être dérobé.

Son premier soupir de soulagement s'est manifesté le 27 janvier. Après avoir été suspendue pour dopage en août 2019, elle était blanchie de toutes les accusations. Enfin, après des mois d'attente et d'angoisse, pendant lesquels elle a été forcée de rater les Championnats du monde et une saison complète avec son équipe, l'athlète de 28 ans pouvait se concentrer de nouveau sur son objectif olympique.

J'ai appris que j'étais capable d'être plus forte que je pensais, avoue-t-elle. Sauf que j'ai appris qu'une situation comme ça, c'est incroyablement difficile. Si je n'avais pas eu des gens autour de moi, je n'aurais pas pu passer à travers comme je l'ai fait.

D'être bien entourée par ses proches pendant cette période difficile lui a permis de mieux affronter la suite. Soit une pandémie mondiale et le report des Jeux olympiques à l'été 2021. Même si, comme tout le monde, elle a été prise de court, elle se sentait mieux outillée pour faire face à ce revirement.

La COVID est beaucoup plus incertaine, mais on est tous ensemble et on se soutient les uns les autres. C'est plate à dire, mais quand tu n'es pas toute seule dans une situation, tu te sens mieux. Tu sens que le poids est partagé avec le monde autour.

Dans son canoë, Laurence Vincent Lapointe pagaie.

Laurence Vincent Lapointe

Photo : ATTILA KISBENEDEK/AFP via Getty Images

Il n'en demeure pas moins que le report des Jeux de Tokyo a été un dur coup à encaisser. Comme si les planètes n'étaient pas alignées pour elle.

J'étais dans l'optique de me dire : ''Bon, j'en ai assez bavé, est-ce que je peux en fin mettre un terme à tout ça?''

Rapidement, l'athlète de Trois-Rivières a su tirer avantage de la situation. Après six mois de suspension, plus de temps pour s'entraîner était le bienvenu. Elle a eu l'occasion de se concentrer davantage sur sa technique et sur sa préparation mentale, en plus d'écouter les conseils de son entraîneur et de profiter de la vie et des rares moments en famille pendant que les compétitions étaient à l'arrêt.

On ne voulait pas se brûler à un an des Jeux alors qu'il n'y a pas de compétitions. L'état d'esprit était de se concentrer sur la qualité plutôt que la quantité, raconte celle qui a passé une bonne partie de l'automne à Shawnigan, en Colombie-Britannique, faute de pouvoir s'entraîner sous le chaud soleil de la Floride.

Et visiblement, ç'a payé.

Je me suis améliorée techniquement, c'est incroyable. C'est le jour et la nuit. Quand je regarde ma technique, de ma suspension à maintenant, c'est une très très grosse différence.

Une citation de :Laurence Vincent Lapointe

De l'aide qui change tout

Comme bien des athlètes, elle a eu des moments plus difficiles. Cet été, alors qu'elle s'entraînait avec son club sur la rivière Saint-Maurice, elle s'est mise à angoisser. Mais plutôt que de faire face seule à ses inquiétudes, elle est tout de suite allée chercher de l'aide. De faire appel au préparateur mental Jean-François Ménard, bien réputé chez les athlètes, a été la meilleure décision que Vincent Lapointe a prise cette année.

Il m'a fait réaliser qu'à cause de la COVID, on était tellement dans l'incertitude, qu'on était perdus et qu'on angoissait beaucoup. L'important, ce n'est pas de penser à ce qui va se passer l'année prochaine, c'est de regarder les réalisations que je fais chaque jour, chaque semaine, de voir mon progrès et de me baser là-dessus.

Mon approche est beaucoup plus sereine. Durant ma suspension, j'étais extrêmement perdue. Pis là, je me sens vraiment plus en contrôle. Je me sens beaucoup plus prête mentalement que je ne l'ai jamais été dans ma carrière.

Une citation de :Laurence Vincent Lapointe
Elles sourient.

Katie Vincent et Laurence Vincent Lapointe

Photo : Canoë-Kayak Canada

Une mentalité renouvelée pour les Jeux

S'il n'y a pas si longtemps, l'objectif de Vincent Lapointe était d'être la toute première femme à être sacrée championne olympique en canoë, sa mentalité a beaucoup changé depuis.

Je ne veux pas avoir de regrets. Est-ce que j'ai mis les efforts pour me rendre à ma course? Oui. Si j'arrive 2e, parce que j'ai mis les efforts, mais qu'il y a quelqu'un qui a été plus vite que moi, c'est la vie, explique-t-elle. Pour moi, le côté précieux [des Jeux] vient du fait que ça va être la toute première fois que les filles dans ma discipline vont avoir le droit de courser.

Chose certaine, les Jeux de Tokyo seront tout sauf ordinaires. La pandémie qui secoue le monde depuis presque un an déjà leur donnera un goût bien particulier. Qu'un athlète ait déjà vécu l'expérience antérieurement ou non, ce sera une première pour tous. Les Jeux se tiendront-ils à huis clos? Les athlètes pourront-ils être accompagnés de leur famille? Les incertitudes demeurent nombreuses.

Tout comme sa qualification olympique qui n'est pas encore confirmée. L'équipe canadienne aura une dernière chance de se qualifier en C-2 aux Championnats panaméricains en avril prochain, au Brésil. Ça, c'est s'ils peuvent avoir lieu. Sans C-2 à Tokyo, Vincent Lapointe devra se battre pour représenter le Canada en C-1 avec sa coéquipière Katie Vincent qui a qualifié l'embarcation lors des mondiaux de 2019.

Ses expériences des derniers mois lui auront appris à lâcher prise et, surtout, à apprécier ce qui passe.

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