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Chronique

La Russie et le dopage : on nous prend pour des cons

Le drapeau des Jeux olympiques et celui de la Russie

Le drapeau des Jeux olympiques et celui de la Russie

Photo : Reuters / Mark Blinch

J’aurais tellement aimé terminer l’année 2020 sur une note positive, mais le Tribunal arbitral du sport (TAS) m’en empêche avec sa décision d’exclure la Russie pour deux ans des grandes compétitions pour falsification de données de contrôles antidopage.

L’Agence mondiale antidopage (AMA) se dit satisfaite de cette sanction. Pourtant, sa recommandation était une suspension de quatre ans et que le nom du pays ne puisse apparaître nulle part pendant les compétitions.

Pour moi, quatre ou deux ans, ce n’est pas vraiment le problème. C’est plutôt dans les détails de la sanction que je vis une autre déception. Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises depuis les Jeux de Rio en 2016, il ne s’agit pas d’une vraie suspension. Ai-je besoin de vous rappeler qu’à Pyeongchang, en 2018, la délégation suspendue de la Russie comptait 168 athlètes propres? Voyons, il faut nous prendre pour des cons!

En septembre 2019, la Russie a encore ri en plein visage de l’AMA en bousillant, une fois de plus, les données et échantillons dont elle avait promis l’accès afin de se faire pardonner. Les informations sur 145 athlètes et plus de 1000 fichiers avaient été effacés ou manipulés depuis l’enquête de 2017. Une fois prise la main dans le sac, la Russie a accepté de collaborer, mais a détruit toutes les preuves.

Vous croyez toujours qu’il y avait 168 athlètes propres de la Russie aux Olympiques de 2018? Et nous parlons ici de Jeux d’hiver, qui n’ont pas l’envergure des Jeux d’été.

Bien sûr qu’il y a des athlètes propres en Russie, et ceux qui trichent ne le font pas par choix. Voilà pourquoi il faut suspendre le pays au complet et pour de vrai si un jour on veut que ces athlètes propres de la Russie puissent avoir le respect qu’ils méritent. En montrant l’exemple avec l’un des plus grands pays sur la scène sportive, le CIO pourrait envoyer un message fort à ceux qui trichent de façon systémique, comme la Roumanie en haltérophilie, et à d’autres qui s’en sortent encore.

Selon moi, une solution facile pour rendre les pays imputables de l’intégrité de leurs athlètes, comme le Canada le fait si bien d'ailleurs, serait de bannir pour un cycle olympique un pays ayant un pourcentage X de tests positifs. On donnerait ainsi un vrai coup, pas qu’une petite tape sur les doigts.

Finalement, le comble du ridicule est le nom que pourra avoir la délégation d’athlètes russes neutres. C’était comme ça à Pyeongchang et ça sera pire à Tokyo et à Pékin. Maintenant, ils peuvent arborer le mot Russie sur leur uniforme à condition que les lettres ne soient pas plus grosses que celle des mots athlète neutre. Ils auront même le droit d’avoir un uniforme aux couleurs du drapeau du pays.

Mais ce n’est pas la Russie, et pas leur drapeau…

Oui, vraiment, on nous prend pour des cons et certains applaudissent encore.

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