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Leaders recherchés pour la saison 2021 de l'Impact

Il parle à ses joueurs pendant une pause d'hydratation.

Thierry Henry (au centre-droit) dirigeait l'Impact de Montréal pour une première saison.

Photo : Getty Images / Michael Reaves

Olivier Tremblay

Au début de 2020, tout semblait possible. La COVID-19, qu’on n’appelait pas encore COVID-19 à l'époque, paraissait bien loin de nos terres. La MLS amorçait sa 25e saison. Et l’Impact jetait les bases d’un nouveau projet avec le directeur sportif Olivier Renard et l’entraîneur-chef Thierry Henry.

Les deux hommes avaient nécessairement un plan, des objectifs précis pour 2020. L’idée d’aller vers l’avant. Mais le monde a dû faire un pas en arrière. Il a fallu une bonne dose de courage à tout un chacun. Vendredi, lors de son bilan de la saison, l’état-major de l’Impact, à commencer par Henry lui-même, a salué la ténacité de sa troupe devant l’adversité.

L’entraîneur est-il satisfait de la saison? C’est un grand mot, a-t-il tempéré, avant d’ajouter que son équipe pouvait garder la tête haute. Olivier Renard et lui veulent continuer de l’améliorer. Avec des jeunes, bien sûr. On y reviendra. Mais visiblement, le club se mettra à la recherche de leaders. Si on a salué le progrès d’un Samuel Piette et l’apport d’un Victor Wanyama à cet égard, il en faudra encore.

De nouveaux joueurs vont arriver. Est-ce que ce seront encore des jeunes ou des joueurs un peu plus vieux? Ça va dépendre des profils, a précisé Renard. Mais j’ai besoin de personnalité sur le terrain. Un joueur de 22, 23 ans peut avoir énormément de personnalité et un joueur de 32, 33 ans avoir très peu de personnalité.

L’expérience d’une carrière ne veut pas dire personnalité. Dans ce groupe, il manque de personnalité.

Une citation de :Olivier Renard, directeur sportif de l'Impact de Montréal

Au moins, on a vu une équipe qui se battait, avec du caractère, du cran, a de son côté souligné Henry, qui s’est néanmoins dit d’accord avec le constat de son directeur sportif. Comme je le dis bien souvent, et je le répète, il faut une équipe qui est courageuse, pas seulement quand on n’a pas la balle, mais aussi quand on l’a. Il faut essayer de jouer, demander la balle, peu importe le match, peu importe la situation, le pointage. Il faut essayer d’être courageux dans les deux sens.

En termes concrets, le directeur sportif a souligné que le problème n’était pas forcément offensif avec 33 buts marqués – le 5e rendement dans l’Est –, mais surtout le pire bilan défensif de son association avec 43 buts accordés. En attaque, dans cette saison inusitée, la belle surprise aura sans contredit été la réinvention de Romell Quioto.

Il étend les bras pour célébrer un but.

Romell Quioto (à droite) a atteint un sommet personnel au chapitre des buts cette saison en MLS.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Ses 9 buts et 6 aides, le tout réussi en 1573 minutes sur les pelouses de la MLS, ont parfois été pour le Bleu-blanc-noir des bouées auxquelles s’accrocher. Il était donc le choix logique comme joueur de l’année au sein de la première équipe de ce grand club, comme l’a décrit Quioto, qui dit vouloir prêcher par l’exemple.

Ailier gauche depuis des années, le Hondurien a bousculé les protocoles et s’est imposé comme attaquant de pointe, un poste qu’il n’avait pas occupé durablement depuis des années. Mais puisque l’Impact en entier travaillait à réinterpréter son jeu, Quioto n’est pas le seul à avoir été invité à le faire sur une base individuelle. Pensons au Samuel Piette plus offensif, acteur dans plusieurs actions de but comme l’a rappelé Thierry Henry.

Le milieu de terrain québécois admet que le premier réflexe, quand on se fait demander d’essayer autant de nouvelles choses, est de se poser toutes sortes de questions. Mais si quelqu’un a des pistes de réponse, c’est bien Thierry Henry.

On était rassuré assez rapidement, a souligné Piette. On a cette relation avec lui où on est capable de parler de tout et de rien. On a l’impression parfois qu’il fait partie de l’équipe en tant que joueur […] Je pense que la manière dont on a joué cette année dans des conditions anormales a fait en sorte qu’on a dû s’adapter. Sur le plan tactique, on a utilisé des formations dans lesquelles je n’avais jamais joué auparavant, que ce soit à quatre dans un milieu de terrain en boîte, ou encore quand je me suis retrouvé plus haut ou plus bas sur le terrain.

Au final, tu comprends qu’on te met dans une nouvelle position parce que tu es capable d’apporter quelque chose de bon.

Une citation de :Samuel Piette

Dans cette saison d’incertitudes, la progression des jeunes, une des plus grandes inconnues du sport en général, aura été un chantier productif pour l’Impact.

Le gardien James Pantemis a réussi ses débuts avec la première équipe. Amar Sejdic a pris des responsabilités accrues. Emanuel Maciel s’est tranquillement adapté à l’Amérique du Nord. Luis Binks, pur inconnu à son arrivée à Montréal depuis l’académie de Tottenham, est le joueur défensif de la saison et appartient désormais à Bologne, même s’il sera de retour dans la métropole en 2021.

Deux joueurs de soccer bataillent pour le ballon.

Samuel Piette (à gauche) et Kamal Miller ont déjà été adversaires et coéquipiers.

Photo : AP / Eduardo Munoz Alvarez

Ce chantier continuera de grouiller en 2021. Les trois renforts déjà confirmés, Zorhan Bassong, Djordje Mihailovic et Kamal Miller, ont respectivement 21, 22 et 23 ans. Quatre jeunes pousses de l’académie ont fait le saut vers l’échelon supérieur au début du mois. L’un d’eux, l’ailier beauportois Jean-Aniel Assi, a établi un record de précocité du club en jouant avec la première équipe à 16 ans et 125 jours.

Six de ces sept joueurs sont Canadiens. L’autre est un garçon de Chicago. Des talents nord-américains, relativement peu coûteux dans l’ensemble et remplis de promesses. L’orientation du club semble plaire aux supporteurs et aux principaux intéressés. Samuel Piette en a même déjà discuté avec l’un de ces nouveaux venus, Kamal Miller, qui s’est dit charmé par le projet.

Mon rêve serait d’avoir une équipe complètement canadienne, voire québécoise, pourquoi pas, qui représente Montréal, a lancé Piette. J’aime la direction vers laquelle on s’en va : une équipe jeune, des joueurs nord-américains, canadiens. Tu veux des joueurs qui se battent pour le maillot, et c’est ce qu’on est en train de faire.

En vrac

L’absence de Bojan contre Olimpia, en Ligue des champions de la CONCACAF, n’avait rien de particulièrement surprenant puisque l’Impact n’a pas levé son option en espérant qu’il accepte une autre offre de contrat, mais elle avait de quoi faire sourciller un peu. Le Catalan n’a pas répondu à l’appel d’Olivier Renard, qui avait souhaité que les joueurs dont la situation contractuelle était incertaine se déplacent quand même à Orlando.

À en croire Renard, Bojan ne répond pas à ses courriels non plus, et il serait étonnant qu’il soit de retour à Montréal en 2021.

L’offre n’est pas sur la table, elle est dans ses messages, a précisé Renard. Comme je l’ai dit la dernière fois, je n’ai pas eu de réponse par rapport à mon message avec l’offre faite à lui et à son agent. On continue à faire nos achats.

À l'échauffement avant un match, il manoeuvre avec le ballon à ses pieds.

Bojan est rentré en Espagne avant le match de la Ligue des champions de la CONCACAF contre Olimpia.

Photo : usa today sports

À l’inverse, tant Renard que Thierry Henry ont tenu à souligner le professionnalisme de l’attaquant Anthony Jackson-Hamel, dont l’option n’a pas non plus été levée. Non seulement le Québécois s’est-il rendu à Orlando, mais il est aussi entré dans le match comme substitut et a aussitôt fait partie de la seule action de but.

Il a reçu beaucoup de critiques comme quoi il n’était pas assez professionnel, a reconnu Renard. Bien sûr, il ne l’a pas toujours été, même avant mon arrivée. Mais très honnêtement, je n’ai rien à lui reprocher depuis mon arrivée. Ce qu’il a fait, accompagner le groupe, tout donner pour son club formateur… J’aurais préféré que d’autres personnes viennent et [accompagnent le groupe], peut-être ne pas jouer, mais accompagner le groupe pour être ensemble, après toutes ces nuits d’hôtel, ç’aurait été bien.

Même si son séjour à Montréal est terminé, le désormais ancien capitaine du club Jukka Raitala a pris la peine de répondre à quelques questions. Le Finlandais a soutenu qu’il aurait aimé demeurer au Québec, et peut-être aurait-il surtout souhaité avoir un plan clair pour 2021, puisque son pays est qualifié pour son tout premier tournoi majeur, l’Euro de l’été prochain. Raitala espère toujours faire partie de l’équipe nationale, mais il lui faudra d’abord un club.

L’Euro est encore là, dans mon futur, a indiqué Raitala. Je suis encore libre. J’adorerais rester en MLS si quelque chose est possible. J’envisage toutes les options. Voyons voir laquelle est la meilleure.

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