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Chronique

Exil des équipes canadiennes de la LNH : il y a des sceptiques dans la salle

Les spectateurs jubilent.

Le Centre Bell, à Montréal

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Un texte publié jeudi par un confrère de Sportsnet allègue qu’à défaut de pouvoir conclure des ententes avec les autorités de santé publique des provinces concernées, les sept équipes canadiennes de la LNH seraient forcées de disputer la prochaine saison aux États-Unis. Or, quand on gratte un peu, ça semble bien difficile à croire.

Les amateurs de sport se souviennent que les Blue Jays de Toronto et les trois équipes canadiennes de la MLS ont été forcées de s’exiler aux États-Unis l’été dernier en raison de la pandémie. Leur situation était toutefois bien différente de celle des équipes canadiennes de la LNH.

À titre de seule équipe canadienne de la MLB, les Blue Jays auraient été forcés de constamment franchir la frontière et de recevoir des équipes américaines à Toronto. Mais puisque la situation pandémique était nettement plus grave aux États-Unis et que la frontière était fermée, le gouvernement canadien a refusé de soustraire le personnel des équipes de la MLB à l’obligation de respecter une quarantaine de 14 jours en arrivant au Canada. Les Jays ont donc été forcés de déménager à Buffalo.

La même chose s’est produite dans la MLS. En août et en septembre, après leur tournoi disputé dans une bulle en Floride, l’Impact, le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver ont été forcés de disputer plusieurs matchs entre eux en raison de la fermeture de la frontière. Éventuellement, les trois clubs canadiens avaient dû se résoudre à s’installer aux États-Unis afin de croiser le fer avec d’autres adversaires.

Dans la LNH, il y a suffisamment d’équipes canadiennes (7) pour qu’on puisse configurer une division entièrement autonome au nord de la frontière. En affrontant chaque formation huit ou neuf fois, il y aurait possibilité de concocter un calendrier de 48 matchs et plus.


Pour que cette division canadienne se réalise, il faut cependant que les gouvernements du Québec (Canadien), de l’Ontario (Sénateurs et Maple Leafs), du Manitoba (Jets), de l’Alberta (Flames et Oilers) et de la Colombie-Britannique (Canucks) donnent leur aval.

Jusqu'à maintenant, on sait que :

  • François Legault a clairement exprimé sa position à ce sujet cette semaine. Le premier ministre a expliqué avoir personnellement discuté de la situation avec Geoff Molson, et il est d’avis que les mesures sanitaires déployées par les équipes de la LNH font en sorte qu’une reprise des activités constituerait un très faible risque pour la santé de la population.
  • Le chef de la santé publique manitobaine, Brent Roussin, a fait le même genre de constat et déclaré que le lancement de la saison 2020-2021 pose un risque minimal en ce qui a trait à la santé publique, notamment parce que les joueurs sont constamment testés.
  • Pendant ce temps, à Edmonton, le comité organisateur du Championnat mondial junior fait des pieds et des mains, en collaboration avec la santé publique albertaine, pour que ce prestigieux tournoi ait lieu à compter de la semaine prochaine. L’Alberta a aussi vécu une expérience sans anicroche avec la LNH l’été dernier. Aucun cas de COVID-19 n’a été décelé durant toutes les séries éliminatoires disputées dans la bulle d’Edmonton. Sachant cela, on voit mal comment le gouvernement de Jason Kenney pourrait soudainement retourner sa veste et mettre des bâtons dans les roues des Flames et des Oilers.
  • Même chose en Ontario, où la santé publique a vu la LNH obtenir une note parfaite (aucun cas de COVID-19) quand 12 équipes se sont rassemblées à Toronto lors des dernières séries éliminatoires. Plus de 30 joueurs des Sénateurs et des Maple Leafs s’entraînent déjà dans les complexes des deux équipes en vue de la prochaine saison, et les joueurs sont fréquemment testés. Pourquoi le gouvernement de Doug Ford appliquerait-il soudainement les freins?
  • Il ne reste donc que la Colombie-Britannique, qui était la destination la plus sécuritaire en Amérique du Nord l’été dernier et qui figurait au sommet de la liste de la LNH pour la tenue des séries éliminatoires. Or, la LNH avait dû opter pour d’autres destinations parce que son protocole, pourtant très strict, avait été rejeté par la cheffe de la santé publique, Bonnie Henry. Si l’étanche bulle de la LNH n’était pas satisfaisante l’été dernier aux yeux de Mme Henry, il y a de fortes chances qu’un nouveau scénario avec des voyages constants entre Vancouver et le reste du Canada ne soit pas acceptable à ses yeux. Surtout que les cas de COVID-19 se sont multipliés par 15 en Colombie-Britannique depuis l’été dernier.

Quand on regarde le portrait dans son ensemble, il est donc extrêmement difficile de prêter foi à cette histoire de déménagement des sept équipes canadiennes. S’il y a vraiment un problème, il ne concerne probablement qu’une seule province. Dans le pire des cas, peut-être deux.

Au bout du compte, si la santé publique de la Colombie-Britannique refusait de laisser jouer les Canucks à Vancouver, à titre d’exemple, il serait pas mal plus facile et logique de les délocaliser ailleurs au Canada que de faire déménager les sept équipes canadiennes aux États-Unis.

On voit par ailleurs mal comment les joueurs, qui ont juré de ne jamais répéter l’expérience des bulles de Toronto et d’Edmonton, accepteraient de vivre dans leurs valises, loin de leur famille, pendant les six premiers mois de l’année 2021.

Pour toutes ces raisons, le scénario d’un exil des équipes canadiennes de la LNH est difficilement envisageable.

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