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Dopage en Russie : « on a puni ceux qui sont derrière le système »

Radio-Canada Sports s’entretient avec le DG de l'Agence mondiale antidopage, Olivier Niggli.

Un homme en complet en conférence de presse

Olivier Niggli, directeur général de l'Agence mondiale antidopage

Photo : Getty Images / JUNG YEON-JE

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quelques heures après que le Tribunal arbitral du sport eut annoncé l'exclusion de la Russie pour deux ans des grandes compétitions internationales, Radio-Canada Sports s’est entretenu avec le directeur général de l'Agence mondiale antidopage (AMA), Olivier Niggli, organisation qui tenait le rôle du procureur dans cette affaire.


Q. L’AMA réclamait une sanction de quatre ans afin d’envoyer un message clair aux nations qui ne la prenaient pas véritablement au sérieux. Une sanction de deux ans est donnée aujourd’hui. Est-ce que c’est une demi-victoire pour vous?

R. Non, je pense qu’il faut regarder la décision dans son aspect global. L’AMA, il faut bien comprendre, a un rôle de procureur dans cette affaire. Donc, nous avons amené les preuves qui nous semblaient être les preuves de la manipulation.

Ces preuves ont été admises complètement et entièrement par le tribunal, ce qui est quand même très important pour nous. Le tribunal a confirmé que les règles applicables fonctionnaient, qu’elles étaient robustes et qu’elles pouvaient permettre de sanctionner un gouvernement au travers de son agence nationale antidopage, ce qui était loin d’être évident au départ.

Mais ensuite, le procureur propose des sanctions, ce que nous avons fait, et les juges décident de ce qui leur paraît proportionné en fonction des éléments qu’ils ont et ils ont pris cette décision.

« Évidemment, on est un peu déçus, c’est clair. »

— Une citation de  Olivier Niggli, directeur général de l'Agence mondiale antidopage

On aurait préféré qu’ils confirment toutes les propositions qu’on avait faites.

Mais les deux ans ne sont pas la seule sanction qui sera imposée. Et en plus, ils couvrent quand même les deux Jeux olympiques d’hiver et d’été, ce qui était la proposition, plus des championnats du monde importants, comme la prochaine Coupe du monde de soccer.


Q. Mais vous auriez voulu qu’on envoie un message sévère aux nations qui voudraient imiter la Russie. À quoi attribuez-vous le fait que le tribunal n’ait pas envoyé un message fort et clair aux autres nations qui se risqueraient?

R. Je pense qu’il faudra lire la décision dans son entier et en détail pour répondre à cette question. Je ne suis pas sûr que le tribunal considère qu’il n’a pas envoyé un message fort et clair. Ils ont envoyé un message fort qui est, selon eux, proportionnel aux éléments.

Ce qui est important à comprendre, c’est que le message clair, il a été envoyé aux autorités russes, pas forcément aux athlètes russes. Le sentiment qu’on a quand on voit la décision qui a été prise, c’est que le tribunal a voulu punir ceux qui étaient derrière l’organisation de ce système.

Ils ont accepté qu’on puisse punir les autorités russes qui organisaient ça et ont eu une certaine sympathie pour une génération d’athlètes qui peut-être aujourd’hui n'avait absolument rien à faire avec ces manipulations à l’époque.


Q. Les athlètes devront se conformer à plusieurs critères pour compétitionner et ne pourront pas représenter leur nation. Pensez-vous que ce sont eux qui paieront le plus lourd tribut?

R. Il y a des conséquences pour les athlètes, mais il y a aussi d’autres sanctions. La Russie ne peut pas organiser d'événement et ne peut même pas compétitionner pour obtenir des événements dans les deux prochaines années, ce qui veut dire que ça l'empêchera de tenir des événements probablement plus longtemps que deux ans.

Donc tout ça a des conséquences sur le système, mais il y a aussi une partie qui concerne les athlètes, ce que nous avions demandé. Par contre, nous n’avions pas demandé que les athlètes soient bannis de façon globale, pour tenir compte du fait que ce ne sont pas eux les premiers responsables de ce qui a été organisé.


Q. Avez-vous l’impression qu’aujourd’hui, on a une jurisprudence solide qui envoie un message clair aux autres nations qui voudraient se risquer sur le même chemin que la Russie?

R. On a certainement une jurisprudence extrêmement importante, qui dit deux choses : d’abord que les règles de l’AMA sont applicables et peuvent aboutir à des sanctions. Et deuxièmement, qu’au travers d‘une agence nationale antidopage, qui est la signataire du code, on peut punir les agissements d’un système et des autorités d’un pays. 

Donc l’argument des Russes qui était que l'agence nationale antidopage ne devait pas être punie parce qu’elle n’était pas responsable de ce qui s'est passé n’a pas été accepté.

Il a été conclu qu’au travers d’une agence nationale antidopage, on pouvait sanctionner un gouvernement ou des autorités qui auraient un comportement inacceptable.

(Avec les informations de Robert Frosi)

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