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La Russie et le dopage : chronologie d'une longue saga

Les anneaux olympiques et un drapeau russe

Une personne tient un drapeau russe.

Photo : Reuters / Karolos Grohmann

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Voici un coup d'oeil sur les grandes dates du scandale de dopage en Russie à la suite de son exclusion par Tribunal arbitral du sport (TAS) des compétitions sportives mondiales pour les deux prochaines années.

Le 9 novembre 2015, 10 mois après les révélations de la chaîne allemande ARD et des époux Stepanov, lanceurs d'alerte russes exilés, sur un dopage à grande échelle, le Canadien Richard Pound publie pour l'Agence mondiale antidopage (AMA) un rapport accablant sur l'athlétisme russe : ces cas de dopage n'auraient pas pu exister sans l'assentiment du gouvernement.

L'AMA suspend l'Agence russe antidopage (RUSADA). Quatre jours plus tard, la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) suspend la Fédération russe (RUSAF).

En mai 2016, un troisième lanceur d'alerte, l'ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou Grigory Rodchenkov, révèle le système de triche mis en place aux Jeux de Sotchi en 2014.

Trois semaines avant les JO, le premier volet du rapport de Richard McLaren, commandé par l'AMA, dénonce un système de dopage d'État élargi à 30 sports, entre 2011 et 2015, avec l'aide active des services secrets russes (FSB), notamment à Sotchi en 2014 et aux mondiaux d'athlétisme à Moscou en 2013.

Le Comité international olympique (CIO) ne suspend pas le Comité olympique russe (ROC) pour Rio, mais confie aux fédérations internationales le soin d'interdire de Jeux les Russes qui ne pourraient prouver être propres.

Dans le stade d'athlétisme, seule la spécialiste du saut en longueur Daria Klishina est autorisée à concourir sous drapeau neutre.

Une homme avec une chemise bleue et des lunettes de soleil

Grigory Rodchenkov, lanceur d'alerte

Photo : Radio-Canada

Fin 2017, sur les recommandations de deux commissions (Schmid et Oswald) qu'il a mises en place, le CIO suspend le ROC pour dopage et bannit à vie des Jeux Vitali Moutko, vice-premier ministre russe, ancien ministre des Sports et proche de Vladimir Poutine, en plus de 43 sportifs russes. Le CIO retire également 13 médailles gagnées à Sotchi (sur 33) à la Russie.

Le TAS casse toutefois une partie des sanctions le 2 février 2018, à 10 jours de l'ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang. Au total, 169 Russes participent aux Jeux sud-coréens sous drapeau neutre. Le CIO lève la suspension du Comité olympique russe trois jours après la fin des Jeux.

Le 20 septembre 2018, l'AMA lève la suspension de la RUSADA, à condition de pouvoir accéder à la base de données du laboratoire antidopage de Moscou avant le 31 décembre. L'agence est accusée de prendre une décision politique au détriment des sportifs.

Une semaine plus tard, la RUSAF fait appel du maintien de sa suspension devant le TAS et met la pression sur l'IAAF. La fédération russe estime que les critères de fin de la suspension établis par l'IAAF sont les mêmes que ceux qu'avait l'AMA et exige d'être réintégrée à l'athlétisme mondial après trois ans de suspension.

Il parle aux médias

Sebastian Coe, président de World Athletics, anciennement l'IAAF

Photo : Getty Images / Alexander Hassenstein

Réunie le 4 décembre à Monaco, l'IAAF refuse une nouvelle fois de réintégrer la Fédération russe d'athlétisme. Elle pose comme condition l'accès aux données du laboratoire antidopage de Moscou et le paiement par la Russie des coûts générés par le traitement du scandale russe.

Le 8 juin 2019, l'IAAF, en passe d'être rebaptisée World Athletics, maintient la suspension de la Russie, ce qui prive les athlètes russes des Championnats du monde à Doha. L'IAAF note des évolutions positives, avec notamment l'accès aux données du laboratoire antidopage de Moscou, théâtre d'une fraude massive entre 2011 et 2015.

Mais le 23 septembre, l'AMA ouvre une procédure sur des incohérences constatées dans les données électroniques des contrôles de l'ancien laboratoire de Moscou. Deux mois plus tard, un comité indépendant de l'AMA recommande une suspension de quatre ans de la Russie, pour avoir falsifié des données de laboratoire transmises aux enquêteurs de l'Agence.

Le 10 décembre, l'AMA suit cette recommandation : elle exclut la Russie des Jeux olympiques pour quatre ans et de la Coupe du monde 2022 de soccer au Qatar, pour punir Moscou d'avoir récidivé dans la triche en falsifiant des données remises à l'AMA.

Dix-huit jours plus tard, la Russie annonce qu'elle va saisir le TAS pour contester les sanctions de l'AMA, dont son exclusion des compétitions sportives mondiales, sanctions qualifiées d'injustes par Vladimir Poutine.

Un homme en complet devant un drapeau russe

Le président russe Vladimir Poutine

Photo : Reuters / SPUTNIK

Le 17 décembre 2020, le TAS confirme l'exclusion de la Russie des grandes compétitions mondiales, mais a réduit de moitié la durée de cette sanction en le portant de quatre à deux ans, ce qui prive la Russie des deux prochains Jeux olympiques, ceux d'été à Tokyo en 2021 et ceux d'hiver à Pékin en 2022.

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