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« Je vais exiger plus de moi-même » : Nicholas Latifi fait son bilan

Un pilote en combinaison de course, sans son casque, et avec un masque

Nicholas Latifi

Photo : Getty Images / Peter Fox

Nicholas Latifi a connu un baptême très difficile avec Williams en 2020 à devoir découvrir la F1, à apprendre les circuits, dans une voiture lente et capricieuse à piloter.

Le Torontois ne pouvait connaître pire moment et pire endroit pour commencer sa carrière en F1.

L'équipe Williams n'avait plus les ressources nécessaires pour concevoir et développer une voiture compétitive, et la famille Williams a vendu l'équipe en plein milieu de la saison à un consortium américain.

Un changement de direction qui a causé des inquiétudes au sein du personnel et qui a perturbé le travail de l'équipe britannique.

Bien soutenu financièrement par l'entreprise familiale Sofina (très visible sur la voiture), Nicholas Latifi a terminé la première de ses deux années de contrat.

La mission pour 2020 était claire : tout apprendre de la F1 en limitant la casse.

Une voiture de formule 1 blanche et bleue, vue de côté

La Williams FW43

Photo : Courtoisie : Twitter / Williams Racing

Il n'a pas marqué un seul point cette saison, mais a frappé à la porte des points (réservée au top 10) à trois reprises en finissant 11e à Spielberg, à Spa et à Imola. Il y a eu bien sûr des circonstances favorables, mais chaque fois, Latifi a fait ce qu'on lui demandait de faire, soit franchir la ligne d'arrivée.

Il a vécu sa première saison dans l'ombre de son coéquipier, le très doué George Russell. Mais le Britannique n'a pu marquer aucun point dans la même Williams. Ses trois points marqués à Sakhir (deux pour la 9e place et un pour le tour le plus rapide), il les a obtenus... dans la Mercedes-Benz de Lewis Hamilton.

Malgré la motorisation de Mercedes-Benz, la Williams FW43 a été toute la saison une monture capricieuse aux mains du pilote canadien. Son analyse du Grand Prix d'Abou Dhabi est un peu à l'image de sa saison.

Nous n’étions tout simplement pas assez rapides, a-t-il dit après la course.

Au soir de ce dernier grand prix de la saison, Latifi a été invité à évaluer son travail et a choisi de scinder son évaluation en deux.

En qualification, je me donne un 5 sur 10, a-t-il expliqué. Il faut que tout fonctionne pour faire un tour parfait, et la plupart du temps, je n’ai pas à réussi à faire ça. Comprenez-moi bien, la note, c’est pour les résultats, ce n’est pas pour l’effort, car j’ai vraiment essayé, a-t-il ajouté en riant.

Nicholas Latifi perd le contrôle de sa Williams et frappe les pneus de protection.

Nicholas Latifi perd le contrôle de sa Williams et frappe les pneus de protection.

Photo : YouTube / Formula One

Il y a eu des occasions où j’ai terminé mon tour et je me suis dit : "OK, je ne peux pas tirer plus de cette voiture." Mais trop souvent, je me disais que si je pouvais avoir un tour de plus, si tout pouvait fonctionner, je pourrais aller plus vite.

Nicholas Latifi a eu du mal à soutenir la comparaison face à son coéquipier, le très doué George Russell, nettement meilleur sur un tour lancé.

En qualification, le Canadien n'a pu faire mieux qu'une 15e place en Hongrie, sur le tourniquet du Hungaroring.

Il faudra se creuser plus la tête cet hiver pour analyser ce qui s’est passé, je vais tenter de trouver des solutions de mon côté. Il faut travailler ensemble pour réussir à mieux exploiter la voiture sur un tour. Car ça fait toute une différence pour la course.

Justement, en course, le Torontois s'est senti plus à l'aise. Ses réflexes l'ont bien servi dans des batailles avec les pilotes Haas et Alfa Romeo Sauber.

Une meilleure note en course

En course, je me donne un 8 sur 10. C’est certainement en course que je me suis senti le plus à l’aise. J’ai plein de choses à améliorer. Mais en tenant compte que c’était ma première année, la F1 est tellement différente de la F2, et la voiture n’était pas la plus facile à piloter, c’est pour cela que je me donne une meilleure note.

Deux voitures dans une chicane

Nicholas Latifi devant Lance Stroll

Photo : Getty Images / DARKO BANDIC

Latifi a pu constater que la marche à gravir pour passer de la F2 à la F1 est très grande. Beaucoup plus grande qu’entre toutes les autres catégories juniors.

Maintenant, je me sens plus à mon aise en F1, je sais à quoi m’attendre. Peut-être qu’avec la pandémie, il y aura d’autres surprises l’an prochain. Mais sur le plan du pilotage, maintenant que j’ai cassé la glace, je vais certainement exiger plus de moi-même, affirme-t-il.

L’expérience acquise et toutes les connaissances lui permettront d’être un meilleur pilote en 2020. Encore faut-il que l'équipe Williams élimine les carences de conception de la FW43 pour rendre la FW44 plus performante et plus facile à piloter.

Je crois bien qu’on pourra être plus compétitif, je suis vraiment optimiste. On veut voir une amélioration. Ça veut dire être plus régulièrement devant Haas et Alfa Romeo Sauber, ajoute-t-il. C’est le minimum, et on veut pouvoir saisir les occasions de se battre plus souvent pour des points.

Le groupe Formula One a décidé de limiter les changements pour la saison 2021 afin de limiter les coûts des équipes. Elles devront dorénavant travailler avec une enveloppe de 145 millions de dollars, le fameux plafond budgétaire que la F1 a imposé, pour le travail de recherche et de développement.

Cela permettra également aux équipes de se préparer à la grande révolution technique prévue en 2022. Les voitures seront très différentes et les équipes y travaillent déjà.

Il faut être réaliste, la voiture de 2021 sera une évolution de la voiture de 2020, tient-il à rappeler. Bien sûr, il y aura du développement pour la rendre plus compétitive, bien que nos efforts soient déjà sur 2022.

Nous travaillerons sur la base de la voiture de 2020, qui a des carences de conception. Et comme certaines composantes sont homologuées en raison du règlement, on ne pourra pas les changer. Mais bon, je suis optimiste, car nous avons fait de grands pas en avant cette saison.

Il roule sur un vibreur.

Nicholas Latifi sur le circuit Yas Marina d'Abou Dhabi

Photo : Getty Images / Mark Thompson

Le nouveau proprio

La famille Williams, Claire et son père sir Frank aux avant-postes, a finalement décidé de vendre l'équipe, et l'a annoncé le 21 août, avant la pause estivale.

L’arrivée du nouveau propriétaire a donné un influx de motivation, affirme Latifi. Il y a déjà eu de nouveaux investissements cette année. Et je sais que dans les mois à venir, au fur et à mesure que le nouveau propriétaire va s’intégrer à l’équipe, il verra dans quels secteurs il devra injecter plus d’argent.

En espérant que ce soit le plus rapidement possible pour qu’on puisse améliorer nos temps au tour et nos performances, a conclu le pilote canadien en riant.

La pause hivernale est plus courte cette fois, car la saison 2020 a fini à la mi-décembre, ce qui ne s'était jamais vu, et le premier grand prix de la saison 2021 est prévu le 21 mars.

Il répond à une question et lève le bras droit.

Nicholas Latifi masqué en Autriche

Photo : Williams F1

Avec trois jours d'essais privés au début mars à préparer, les pilotes seront au travail dans les simulateurs en février pour se familiariser avec la nouvelle voiture. Et avant cela, ils devront parfaire leur condition physique.

Les vacances de Nicholas Latifi seront donc de courte durée, et il a décidé de rester au chaud.

Je vais maintenant tout débrancher et passer du temps en famille, annonce-t-il en conclusion. Je ne rentre pas au Canada cette fois, je vais retrouver les membres de ma famille dans un pays chaud, quelque part dans les Caraïbes, pour recharger les batteries et arriver frais et dispo pour le début de la saison prochaine.

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