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Valérie Maltais s'entraîne à Montréal et rêve à l'Europe

Ils prennent la pose.

Alex Boisvert-Lacroix (à gauche), Valérie Maltais (au centre) et David La Rue à l’aréna Maurice-Richard

Photo : Courtoisie/Valérie Maltais

Michel Chabot

Valérie Maltais a fait la transition de la courte vers la longue piste il y a trois ans. Mais cet automne, elle n’a d’autre choix que de s’entraîner sur courte piste en raison de la pandémie.

En fait, c’est un concours de circonstances qui fait que l’athlète de 30 ans est revenue au Québec depuis deux semaines. Un bris à l’anneau de Calgary a forcé l’équipe nationale de longue piste à patiner dans un aréna et ensuite à s’exiler en Colombie-Britannique.

L’ovale de la municipalité de Fort St. John leur a servi de surface d’entraînement pendant une quinzaine de jours en novembre. Mais un deuxième séjour prévu là-bas ce mois-ci est devenu impossible quand les autorités provinciales l’ont interdit.

Créatifs, les entraîneurs ont organisé des séances d’entraînement sur des lacs albertains.

C’est tout à fait incroyable, vraiment beau, s'est exclamé Maltais. Au Québec, on n’a pas cette qualité de glace là, transparente, aussi lisse et avec un paysage à couper le souffle. Mais je préfère patiner en courte piste que sur les lacs gelés en préparation pour les Coupes du monde.

Effectivement, l’émerveillement des athlètes devant ces splendeurs de la nature s’est estompé.

J’avais besoin d’avoir la sensation de pouvoir mettre beaucoup de pression dans les virages et avoir moins de chances de tomber. Oui, c’est une belle glace en Alberta, mais nous patinions avec des patins de courte piste et ce n’est pas une qualité de glace artificielle intérieure. Il y a des grains de sable, les lames devenaient rondes, il fallait les aiguiser à chaque entraînement.

Une citation de :Valérie Maltais

Retour au bercail

C’est donc pourquoi elle est maintenant à Montréal, bien qu’une autre raison l’y ait emmenée à l’origine.

Il y a eu un changement de dernière minute parce qu’il a fallu que je déménage de mon condo, a-t-elle avoué.

Elle a aussi profité de son arrivée pour aller chercher des sushis à son restaurant préféré dès sa sortie de l’avion avant de passer une fin de semaine avec ses parents venus la voir en provenance du Saguenay.

On a porté un masque toute la fin de semaine et on utilisait l’extension de ma table quand on mangeait ensemble, a-t-elle tenu à préciser.

Depuis, elle a retrouvé la glace de l’aréna Maurice-Richard sur laquelle elle a patiné pendant de nombreuses années en courte piste.

Tout est fermé en ce moment en Alberta, donc c’est vraiment à mon avantage d’être ici. Et on attend toujours la décision de Patinage de vitesse Canada (PVC) pour savoir si nous allons aller en Europe pour participer aux Coupes du monde.

Une patineuse dans un virage

Valérie Maltais

Photo : Site web Patinage de vitesse Canada

Une décision très attendue

C’est dans la bulle de Heerenveen, aux Pays-Bas, que se dérouleront les deux premières Coupes du monde de la saison, aux deux derniers week-ends de janvier. La fédération canadienne devrait annoncer cette semaine si elle y envoie ses patineurs.

Ivanie Blondin, la grande vedette de l’équipe, est d'ailleurs déjà en Europe.

Elle vient tout juste de se marier avec son copain qui est Hongrois, explique Valérie Maltais. Ils vont pouvoir aller en Hongrie et aller s’entraîner en Allemagne en attendant. Ivanie a pris la décision d’aller en Europe, dans l’espoir que PVC nous autorise à aller aux Coupes du monde.

Indécise il y a quelques semaines quant à ses intentions d’aller représenter le Canada, Valérie Maltais a maintenant les idées bien claires.

Je veux aller en Europe pour avoir accès à la glace, indique-t-elle. Si l’anneau de Calgary n’était pas brisé, peut-être que ma décision aurait été différente. Mais si PVC décide qu’on ne va pas en Europe, il y a un côté de moi qui se dit : "On nous l’a interdit, alors je vais rester ici et faire attention à ma santé et je vais essayer de rester en forme le plus possible pour la prochaine saison." Mais c’est sûr que je suis compétitive, je vais regarder les compétitions et ça va me faire quelque chose en dedans, ça c’est certain.

En attendant, Valérie Maltais vit d’espoir et ne perd pas son temps même si les circonstances ne sont pas optimales.

Il y a eu des moments où la motivation a descendu et, après, elle a remonté. Mais en général, j’ai réussi à faire presque 100 % des entraînements que mon entraîneur m’a donnés. Je me présenterais en Europe en me disant avoir fait le maximum de ce qui m’était offert. On verra ce que ça va donner. Je pense que je vais apprendre de cette expérience-là.

Une citation de :Valérie Maltais

En bonne compagnie

À Montréal, elle a retrouvé les Québécois David La Rue et Alex Boisvert-Lacroix, deux autres membres de l’équipe nationale, qui ont également préféré rentrer à la maison. Avantagée par rapport à la plupart de ses coéquipières de Calgary quand elles ont dû faire de la courte piste, Maltais a été impressionnée par la vitesse de Boisvert-Lacroix, un sprinteur naturel.

Je suis arrivée ici à Montréal et j’ai vu Alex qui allait super vite. Je le regardais en lui disant : "À Calgary, je suis la plus vite, mais toi, ce n’est même pas comparable." Je ne peux pas le suivre. Mais j’essaie d’en tirer profit. Il a toujours été meilleur que moi en vitesse. Je lui donne. Mais ça fait du bien de se retrouver avec de meilleurs patineurs, de se faire pousser.

Médaillée de bronze avec Ivanie Blondin et Isabelle Weidemann à la poursuite par équipe aux mondiaux de février dernier, Maltais tente de garder une bonne attitude et se dit, malgré tout, heureuse de sa progression.

Elles sourient sur le podium.

Valérie Maltais (à gauche), Isabelle Weidemann (au centre) et Ivanie Blondin ont remporté leur troisième médaille de la saison à la poursuite.

Photo : Associated Press / Toru Hanai

Pour les quelques fois où j’ai été sur longue piste, je trouve que j’ai monté mon niveau d’un cran cette année. Je patine beaucoup mieux. Je me sentais plus confiante et je retrouvais mes sensations que j’aime avoir quand j’en redemande plus à l’entraînement.

Présentement, en décembre 2020, sur courte piste, la confiance n’est pas à son plus haut, mais j’ai l’impression qu’aller en Europe et retrouver la longue piste va me donner un influx de confiance et ça va me permettre d’évaluer où j’en suis. Je vais essayer de ne pas trop juger par mes performances et regarder vers l’avant pour la dernière année avant les Jeux.

(Avec les informations d'Olivier Pellerin)

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