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Chronique

En s’appuyant sur la science, Baseball Québec entame une réforme majeure

Un joueur de baseball frappe une balle.

Le modèle de développement des baseballeurs québécois sera complètement redéfini.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Baseball Québec (BQ) s’apprête à donner un grand coup. Suite à une réflexion entreprise par le conseil d’administration de la fédération, le modèle de développement des baseballeurs québécois sera complètement redéfini en s’appuyant sur de plus récents concepts scientifiques et sur les pratiques de quelques-uns des meilleurs systèmes sportifs recensés dans le monde.

Ça fait 30 ans que je suis impliqué à Baseball Québec et je dois dire que nous n’avons jamais eu un conseil d’administration aussi talentueux que celui qui est en place présentement. Ils sont vraiment orientés vers la qualité du service à offrir à nos membres , dit le directeur technique de BQ, Sylvain Saindon.

Le conseil d’administration de BQ se démarque par la diversité des compétences qu’on y retrouve.

Deux femmes y siègent : Julie Gosselin, présidente de Sports Québec et spécialiste en communication et marketing, de même que Valérie Bourgeois, qui est issue du milieu de la culture et qui a une vaste expérience en matière de gestion d’OBNL. Cette dernière assure notamment la direction du musée Boréalis à Trois-Rivières.

Michel Laplante et Marc Griffin partagent pour leur part leur expertise d’ex-joueurs professionnels. Laplante est aussi bien ancré sur le terrain à titre de président des Capitales de Québec, dans la Ligue Frontier.

L’équipe du conseil est complétée par Benoît Migneault, un comptable agréé spécialiste des technologies de l’information, de Jonathan Brochu, un avocat de formation devenu vice-président des cliniques auditives Lobe, du président de la fédération Marc Vadeboncoeur, issu de la base de la fédération, et du directeur général de BQ, Maxime Lamarche.

Depuis que Baseball Québec a revu sa gouvernance et modernisé son conseil d’administration il y a une dizaine d’années, le nombre de membres de la fédération a plus que doublé. Et BQ est perçue depuis plusieurs années comme l’une des plus dynamiques fédérations sportives au Québec et au Canada.

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Au cours de la dernière année, soucieux d’assurer de l’efficacité et de la pertinence de sa structure de haute performance, le C. A. de Baseball Québec a commandé un rapport exhaustif à l’équipe de la firme Better Sport, qui est composée des experts canadiens André Lachance et François Rodrigue.

Pendant près d’un an, les deux experts ont passé en revue le niveau de performance des académies de baseball québécoises, analysé le fonctionnement des programmes phares du baseball nord-américain et comparé les principes de développement mis de l’avant par les meilleurs programmes sportifs de la planète, toutes disciplines confondues. Avant de formuler leurs recommandations, André Lachance et François Rodrigue ont interrogé 52 experts de sept pays.

Un joueur de baseball s'élance.

Partie de baseball entre les Alouettes de Charlesbourg et les Diamants de Québec au stade Canac

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Toute cette démarche ne s’est pas faite en vase clos. Tout au long du processus, les gens de Better Sport ont constamment interagi avec nous afin de bien comprendre notre réalité et les raisons pour lesquelles notre système actuel a été façonné de telle ou telle façon , explique Sylvain Saindon.

Durant leurs travaux, Lachance et Rodrigue se sont notamment penchés sur les pratiques de Basketball Canada et de Softball Canada, de Cricket Australie, de Hockey Finlande et de Rugby Football Union (Angleterre). Pour toutes sortes de raisons, ces fédérations se démarquent en matière d’identification, de développement de talent et de résultats.

Dans la plupart des cas, ces succès s’obtiennent malgré le fait que ces fédérations n’occupent une position dominante en ce qui a trait au nombre d’athlètes dans leur pays.

Parmi ces fédérations performantes, on note :

  • L’adoption d’une philosophie, d’une planification et de principes clairs (quel genre d’athlète voulons-nous développer exactement?).
  • L’identification d’une base de talent la plus large possible vers l’âge de 15 ans (où quelques années auparavant) et le déploiement d’un processus de développement assuré par des entraîneurs qualifiés entourés d’une équipe complète de soutien intégré (kinésiologue, biomécanicien, nutritionniste, psychologue sportif, thérapeute du sport, médecin du sport, coach des entraîneurs, etc.).
  • Un suivi rigoureux de la progression des athlètes basé sur leur trajectoire générale plutôt que sur des observations ponctuelles faites, par exemple, lors d’un camp de sélection.
  • Un fort accent sur le développement de l’être humain et de ses compétences de vie avant ses compétences athlétiques (développer la résilience, bien se comporter avec les autres, dire merci, bien manger, etc.).
  • Au fil des ans, le bassin de joueurs s’amenuise (l’effet d’entonnoir) et le niveau de compétition s’accentue.

***

Concrètement, ces grandes réflexions produiront de grands changements dès la prochaine saison dans la structure du baseball québécois.

En raison des dérangements occasionnés par la pandémie, on n’a toutefois pas été encore déterminé si l’ensemble des changements seront faits d’un seul coup, explique-t-on.

Le fait saillant de cette réforme constitue la mise en place d’un système d’identification et de développement du talent similaire à celui de la route des Lions du hockey finlandais.

La structure de haute performance de BQ sera dorénavant hybride. En plus de la structure actuelle (programmes sport-études, midget AAA, ABC), Baseball Québec rassemblera dorénavant les 60 meilleurs talents québécois de 18 ans et moins à compter du mois de mai, pendant deux mois, dans un environnement de développement ressemblant à celui des ligues professionnelles des recrues.

Les joueurs ainsi rassemblés (en quatre équipes de 15 joueurs) participeront à des compétitions entre elles, dans un environnement contrôlé. Mais surtout, les joueurs de chaque position seront rassemblés à l’entraînement afin d’avoir accès aux meilleurs spécialistes de la province et au soutien technologique nécessaire pour favoriser leur développement spécifique.

Outre les entraîneurs spécialisés en baseball, les athlètes bénéficieront de l’expertise d’une équipe de soutien intégré semblable à celle dont profitent les athlètes olympiques.

Nous nous sommes demandé de quel genre de soutien général auraient besoin chacun de nos joueurs s’ils étaient, par exemple, des skieurs d’élite. Et on est en train de rassembler l’équipe de spécialistes capable de leur offrir cet environnement, dit Sylvain Saindon.

Un joueur des Canonniers de Québec à l'entraînement

Un joueur des Canonniers de Québec à l'entraînement

Photo : Radio-Canada

À compter du mois de juillet, quand les habiletés technico-tactiques des 60 joueurs seront maximisées, ils seront déployés en trois équipes de 20 membres qui participeront à des tournois de haut niveau, principalement aux États-Unis, afin d’accroître leur visibilité auprès des universités américaines et des recruteurs professionnels.

Une fois cette période de formation terminée, les athlètes retourneront au sein de leur programme d’origine et le cycle se répétera l’année suivante.

Même si le baseball est un sport à développement tardif, les baseballeurs se retrouvent dans une course contre la montre en bas âge. Les universités américaines recrutent la plupart de leurs joueurs à 16 ans, et il faut avoir les deux pieds solidement ancrés dans le programme national au plus tard à 17 ans pour se tailler une place au sein de l’équipe canadienne U-18.

***

Parallèlement à cette reconfiguration du volet haute performance, tous les programmes de baseball sport-études de la province seront modifiés pour mettre l’accent sur le développement personnel de leurs athlètes tout au long du secondaire.

On veut donner une très grande valeur à l’être humain dans le cadre de notre démarche. C’est la personne qui sera l’élément central de nos programmes, révèle le directeur technique de BQ.

Nous sommes en train de monter cet aspect de notre programme, encore une fois en nous inspirant des meilleures pratiques à travers le monde. Des thèmes annuels et mensuels seront mis durant les études secondaires. Outre le développement des habiletés sociales, on visera à rendre nos athlètes plus débrouillards. Par exemple, on voudra qu’ils soient capables de bien se faire à manger eux-mêmes et qu’ils soient à l’aise de prendre la parole devant un groupe. Ou même, qu’ils vivent en équipe l’expérience d’aller donner du sang.

Sylvain Saindon, directeur technique de Baseball Québec

Dès le début du secondaire, la liste des compétences personnelles et sportives à acquérir sera établie et connue de tous les intervenants.

Le rapport des experts de Better Sports contient plusieurs recommandations extrêmement intéressantes :

  • La mise à jour des compétences des entraîneurs de BQ et les moyens à prendre pour assurer leur perfectionnement de façon continue.
  • L’amélioration des infrastructures et équipements d’entraînement pour permettre aux athlètes de toute la province de s’entraîner dans des conditions favorisant leur développement.
  • Amoindrir l’effet d’âge relatif (les athlètes nés en janvier sont toujours favorisés par rapport à ceux nés en décembre) en évaluant les candidats aux meilleurs programmes à différents moments, en fonction de leur mois de naissance.

En parcourant le document, on a parfois l’impression d’être transporté dans une autre époque. Des comités ont été formés au sein de BQ pour mettre en place les recommandations de Better Sport.

Nous n’avons jamais mis de l’avant un projet d’une telle envergure. C’est extrêmement motivant, conclut Sylvain Saindon.

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