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COVID-19 : faut-il annuler le mondial de hockey junior à Edmonton?

Plan large d'un amphithéâtre, de l'extérieur

Le Championnat mondial de hockey junior doit avoir lieu dans le temps des fêtes, à la Place Rogers, domicile des Oilers d'Edmonton.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Alexandre Coupal

Edmonton était la ville tout indiquée, cet été, pour y installer une bulle pour les séries de la Ligue nationale de hockey (LNH), puisqu'on y recensait l’un des plus bas taux de cas de COVID-19 au pays. La situation a dramatiquement changé depuis et la ville accueille dans moins de trois semaines le Championnat du monde junior.

L’Alberta enregistre maintenant une véritable flambée de nouveau cas, et certaines équipes participantes ont eu des éclosions, notamment le Canada, la Suède et l’Allemagne.

Est-ce qu’il y a lieu de remettre en question la tenue du tournoi? Entrevue avec Benoît Mâsse, professeur de médecine sociale et préventive à l'École de santé publique de l'Université de Montréal.


Q. Devrait-on annuler le tournoi?

R. Je ne pense pas, sincèrement. Ils ont le temps d'étouffer les cas. Pour les jeunes joueurs, le risque est très faible qu’ils développent des complications.

Donc, c’est d'étouffer les éclosions qu’ils ont présentement dans les bulles, et là, de faire un resserrement. Et la motivation va être là puisque si vous dites aux joueurs que la prochaine étape, si ça se déclare à la veille du tournoi, le tournoi va être annulé.


Q. Est-ce que cette bulle devrait être gérée différemment de celle de la LNH l’été dernier?

R. Normalement, étant donné la motivation des joueurs et de tout le monde, on n'a pas de difficulté à motiver les gens à respecter le protocole. On peut ajouter ce qu’on appelle des agents COVID, qui sont là pour surveiller qu’il n’y ait pas de déviation au protocole. Il faut leur donner une certaine protection au niveau de leur supérieur immédiat pour ne pas qu’ils aient de craintes à rapporter les déviations qu’ils voient. Ce n’est jamais plaisant d’être celui qui doit ramener les gens à l’ordre.

Les protocoles sur lesquels j’ai travaillé, même si ce n’était pas dans le sport, on les regarde sous tous les angles pour essayer de protéger l’activité.


Q. Est-ce qu’il y a un risque d’envoyer un message contradictoire à la population?

R. Je ne crois pas. Il faut réaliser que, dans ces bulles-là, vous êtes vraiment coupé du monde. Vous savez un peu comment c’est organisé, ils n’ont même pas le droit de sortir de l’hôtel, c’est très très strict.

Je pense que ces bulles-là sont relativement sécuritaires. Je ne pense pas que c’est d’envoyer un mauvais message. Les gens prennent des précautions presque extrêmes, ils vont en isolement, ils se testent régulièrement. C’est excessivement lourd pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’éclosion. Toutes des choses qu’on ne peut pas faire au niveau de la population.

Je pense qu’au Québec et au Canada, on a besoin de se faire changer les idées, et il n’y a rien de tel qu'un championnat mondial et la Ligue nationale pour nous changer les idées, et ils peuvent faire ça de façon sécuritaire.


Q. Est-ce qu'il y a un problème d'un point de vue éthique?

R. Non, c’est fait de manière excessivement sécuritaire. Ça ne contribue pas. Si on faisait tous ces protocoles dans lesquelles les bulles sont contraintes, on arrêterait la transmission communautaire assez rapidement. Donc, au niveau épidémiologique, ce n’est pas ça qui contribue à nourrir la deuxième vague. Au contraire, c’est tellement strict par rapport à ce que nous vivons, que ça contribue plutôt à la ralentir en petit nombre. Ça peut être négligeable, mais ce ne sera pas la source de grands foyers d’éclosion.

Étant donné qu’ils sont testés souvent, on trouve assez rapidement et on est capable de les isoler rapidement, ce qu’on n’est pas capable de faire présentement.

(L’entretien a été remanié aux fins de clarté et de synthèse)

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