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Pour de meilleures notes à l'école, laissez tomber le cellulaire et bougez

Des adolescentes jouent au volleyball. Une joueuse s'apprête à frapper le ballon

Une meilleure santé cardiovasculaire est associée à un meilleur rendement scolaire chez les adolescentes.

Photo : Getty Images / FatCamera

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Qu’est-ce que l’on peut faire pour améliorer le rendement scolaire des adolescents? Plusieurs choses bien sûr, mais une étude précise où mettre nos efforts, que ce soit comme parents, mais aussi comme société.

La postdoctorante à la Chaire de recherche Kino-Québec Marie-Maude Dubuc a suivi pendant trois ans 185 élèves d’une école secondaire publique francophone de Montréal.

Elle a compilé et analysé plusieurs facteurs qui influencent le rendement scolaire des adolescents, que ce soit la motivation, l’estime de soi, le niveau d’anxiété, le niveau socio-économique, la langue maternelle, mais aussi des facteurs davantage liés aux habitudes de vie tels que le temps consacré aux écrans, la pratique d’activités physiques, l’alimentation, le sommeil, etc.

Le résultat : le temps passé devant les écrans et l’activité physique sont les facteurs qui influencent le plus les notes des élèves.

On a regardé les résultats scolaires de différentes matières, précise la chercheuse. Ce qui ressort le plus fréquemment, c’est le temps consacré aux écrans, qui semblent être associé à un moins bon rendement scolaire dans différentes matières, puis les facteurs liés à la condition physique ou au fait de pratiquer une activité dans une équipe sportive de l’école qui ressort aussi comme étant un des facteurs les plus importants en lien avec le rendement scolaire.

Il ne s’agit pas de la première étude à confirmer que ces facteurs ont des effets sur le rendement scolaire, mais c’est la première qui les hiérarchise.

Différences entre les garçons et les filles

Les garçons et les filles ne sont pas influencés par les mêmes facteurs ni de la même manière.

Cette étude pourrait permettre de mieux cibler les interventions à faire en milieu scolaire.

Chez les filles, quatre principaux facteurs influencent près de 38 % du rendement scolaire, comme l’explique Marie-Maude Dubuc.

Il y a 38 % de leurs notes que l’on peut expliquer par l’usage du téléphone, de la télévision, ainsi que par la durée du sommeil et l’endurance cardiorespiratoire.

Alors que chez les garçons, le facteur qui a le plus d’effet sur le rendement scolaire, et de loin, est le fait d’être membre d’une équipe sportive de l’école, suivi par la motivation envers l’école, l’endurance cardiovasculaire et la mémoire de travail (la capacité de retenir des informations à court terme). Ces quatre facteurs influencent près de 40 % de la moyenne générale.

La bonne nouvelle à voir dans ces données, autant pour les parents que pour les décideurs, est que l’on peut avoir une emprise sur la plupart de ces éléments.

Alors qu’il peut être très difficile de modifier à court terme la condition socio-économique ou la capacité d’attention, il est toutefois possible de contrôler, ou du moins de sensibiliser les adolescents au temps passé devant les écrans ou à faire de l’activité physique.

Un groupe d'adolescents assis à l'extérieur regardent leurs téléphones cellulaires.

Le temps consacré aux écrans influence le rendement scolaire.

Photo : iStock

Pour les filles, on s'est rendu compte que c’est davantage le temps passé sur le cellulaire ou à regarder la télévision qui était associé à un moins bon rendement scolaire, précise la chercheuse. Alors que chez les garçons, c’est le temps passé devant les jeux vidéo qui était associé à un moins bon rendement scolaire, donc le type d’écran n’est pas le même.

Concrètement, incitez votre adolescente à passer moins de temps à consulter les médias sociaux sur son cellulaire et à aller faire du sport (en respectant les mesures sanitaires pour le moment) puisque l’endurance cardiovasculaire (le VO2 max) est un des prédicteurs les plus importants d’un bon rendement scolaire chez les filles, selon Marie-Maude Dubuc.

Comme ces facteurs sont tous un peu reliés, le fait de bouger plus et de passer moins de temps devant les écrans devrait avoir un effet aussi sur le sommeil.

Et pour les garçons, en plus des conseils de saines habitudes de vie, avoir une offre très diversifiée d’équipes sportives au sein de l’école, et pas seulement axée sur la compétition, pourrait être à envisager.

Une étude effectuée avant la pandémie

Marie-Maude Dubuc ne cache pas qu'elle est très inquiète. Son étude a été faite avant la pandémie et le temps d’écran des adolescents a explosé depuis. Elle reconnaît que la situation l’oblige, mais elle croit que l’on doit dès maintenant se doter d’un plan pour la suite.

Il faut commencer à se pencher sur l’après-pandémie pour renverser la vapeur un petit peu, affirme-t-elle. Pour s’assurer que tout le monde est au courant des bonnes habitudes de vie et non seulement d’être au courant, savoir que c’est bon, ça ne fait pas bouger les gens, on le sait. Même chose pour les écrans, on le sait tous, ça ne change pas les choses de le savoir.

« Il va falloir avoir des actions concertées à différents niveaux. C’est une des pistes de solution de passer par l’école, mais il faut frapper plus fort selon moi pour renverser la vapeur. Je pense que le problème est trop gros. Ce n’est pas de petites initiatives à gauche et à droite qui vont faire une différence sur l'ensemble de la population du Québec. »

— Une citation de  Marie-Maude Dubuc, postdoctorante à la Chaire de recherche Kino-Québec

Parmi les solutions : offrir des activités physiques variées aux jeunes, pas trop loin de la maison et à un coût raisonnable.

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