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Allemands et Suisses continueront d'envahir la LNH, selon Cristobal Huet

En entrevue à Tellement hockey, Cristobal Huet explique le succès de la Suisse et de l'Allemagne au hockey.

Nico Hischier avec l'équipe de Suisse, tentant de marquer un but.

Nico Hischier lors d'un match contre l'Autriche en 2019

Photo : afp via getty images / VLADIMIR SIMICEK

Au hockey, il a longtemps été question du « groupe des sept », ces pays qui produisent la majorité des joueurs dans la LNH, en plus d’offrir les meilleures performances sur la scène internationale. Le Canada, les États-Unis, la Finlande, la Suède, la Russie, la République tchèque et la Slovaquie.

Mais cela est peut-être sur le point de changer, avec des pays émergents qui développent chaque année de nouveaux talents, comme l’Allemagne et la Suisse. L'Allemagne a d'ailleurs décroché l'argent dans le tournoi olympique masculin à Pyeongchang en 2018.

L’ancien gardien de but Cristobal Huet, lui-même un pionnier du hockey européen, est aux premières loges pour assister à ces changements. Le Français, qui a gagné la Coupe Stanley avec les Blackhawks en 2010, est toujours actif dans le monde du hockey. Il est aujourd’hui instructeur des gardiens avec le HC Lausanne, en Ligue nationale suisse.

En entrevue au balado Tellement hockey, Huet a commenté l’évolution de ces pays qui tentent de faire leur place sur la planète hockey. Selon lui, même si on assiste à des poussées de croissance sur tout le continent, on ne peut pas parler d’un mouvement européen.

C’est propre à chaque pays. La Suisse, par exemple, est un pays très riche, et avec une culture du hockey déjà importante. L’argent en place permet le développement de plusieurs joueurs. En Allemagne, c’est différent, ça varie d’une place à l’autre.

Une citation de :Cristobal Huet

En Allemagne, seulement certains clubs bien nantis ont les fonds nécessaires pour préparer la relève. Huet utilise l'exemple de Mannheim qui possède une bonne structure et l’argent pour investir dans tous les niveaux de compétition.

Ce modèle permet aux équipes de suivre le développement de leurs espoirs, étape par étape, niveau par niveau. Le club de Munich est aussi commandité par une marque de boisson énergisante qui donne des ailes, dit-il avec sourire. Ça fait une différence.

Un gardien cherche la rondelle pendant qu'un adversaire  attaque son filet.

Cristobal Huet a défendu les couleurs de la France lors de plusieurs compétitions internationales.

Photo : Getty Images / Martin Rose

Ce modèle, que l’on voit habituellement plus au soccer européen, est une sorte de roue qui tourne : en réinvestissant l’argent, les équipes développent des joueurs qui pourront plus tard intégrer la première division, ou encore être vendus à des formations de la LNH. En retour, les organisations qui ont participé à l'essor du joueur se partagent une compensation financière supérieure à 200 000 $.

Sans commanditaire, et sans spectateurs dans les gradins, il est difficile de lancer cette fameuse roue. Cristobal Huet, qui a fait ses débuts professionnels avec les Brûleurs de loups de Grenoble, indique que c’est le principal défi des équipes de l’Hexagone.

En France, certains clubs comme celui de Rouen ont une bonne structure. Mais sans spectateurs, les moyens financiers sont moindres, explique-t-il. Dans ces conditions, il est donc difficile de dupliquer le succès allemand ou suisse.

Moyenne de spectateurs par match :

  • En France (Ligue Magnus) : 1716 spectateurs
  • En Allemagne (Deutsche Eishockey Liga) : 6215 spectateurs
  • En Suisse (Ligue nationale) : 6949 spectateurs

Source : Fédération internationale de hockey sur glace (Nouvelle fenêtre), 2019

Un phénomène qui persistera

En 2017, Nico Hischier est devenu le premier Suisse à être sélectionné au tout premier rang d’un repêchage de la LNH. Il jouait dans la LHJMQ au moment d'être repêché, mais il a d’abord fait ses preuves dans les ligues suisses. L’année dernière, c’est un Allemand qui a terminé au sommet des pointeurs dans la LNH, Leon Draisatl, à 24 ans seulement.

À la conclusion de cette saison, trois joueurs allemands ont été sélectionnés parmi les 34 premiers au repêchage. C’était la troisième fois de suite mettant en vedette un Allemand au premier tour.

Allemands sélectionnés au 1er tour dans la LNH depuis cinq ans :

  • Tim Stützle et Lukas Reichel en 2020;
  • Moritz Seider en 2019;
  • Dominik Bokk en 2018.

D'après Huet, ce phénomène va persister. Mais l'ancien gardien du Canadien de Montréal apporte un bémol : Oui, ça va se poursuivre, mais ça ne va pas nécessairement se refléter au volume.

Après tout, l’Allemagne et la Suisse ne possèdent pas le même bassin démographique que la Russie ou les États-Unis. C’est donc, selon lui, sur le plan de la qualité et non de la quantité que ces nations émergentes pourront se démarquer. Il est difficile de produire une quantité de bons joueurs. Je ne pense pas que ces pays vont devenir des powerhouse (des superpuissances) du hockey.

L’exception finlandaise

Jumeler quantité et qualité est un exploit qui ne semble qu’à la portée de pays populeux, avec une grande tradition de hockey. Mais il y a l’exception finlandaise. Un pays d’environ 5,5 millions d’habitants qui, tournoi après tournoi, parvient à se distinguer.

En 2019, la Finlande a gagné la médaille d’or au Championnat mondial junior. La LNH regorge en ce moment de jeunes vedettes finlandaises : Mikko Rantanen, Patrik Laine, Sebastian Aho, Aleksandr Barkov. Comment est-ce possible?

Cristobal Huet explique ces succès par l’entraide exceptionnelle et transversale que l’on retrouve dans la fédération finlandaise.

Là-bas, ce n’est pas rare de voir l’entraîneur de l’équipe nationale se rendre dans les clubs pour épauler les coachs.

Une citation de :Cristobal Huet, à propos de la Finlande

Le hockey finlandais est alors l’intérêt commun, partagé par tous. Mais c’est un petit territoire. C’est pas applicable partout. Sûrement pas au Québec ou en tout cas au Canada.

Pour écouter l’entrevue complète de Cristobal Huet, à Tellement hockey.

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