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Vendée Globe : Escoffier veut « comprendre » son accident

Un voilier

Le skipper Français Kevin Escoffier a dû être secouru dans les mers du Sud.

Photo : afp via getty images / JEAN-FRANCOIS MONIER

Agence France-Presse

Quelques heures à peine après avoir été transbordé sur le Nivôse, une frégate de la Marine nationale, le skipper Kevin Escoffier a confié dimanche à l'Agence France-Presse qu'il veut comprendre comment, six jours auparavant, l'étrave de son bateau a pu pointer « vers le ciel ».

Avant d'être récupéré par le Nivôse, à près de 650 km de l'archipel des Crozets dans l'océan Indien, le navigateur breton a vécu une petite semaine à bord du bateau de Jean Le Cam, son sauveur envers lequel il sera toujours reconnaissant.


Q. Comment s'est déroulé le transbordement sur la frégate de la Marine nationale?

R. Tout s'est très bien passé. Il s'est écoulé une heure entre le moment où on a pu voir la frégate et quand je suis monté à bord. Le bâtiment de la Marine a effectué une manœuvre pour aplanir le plan d'eau et venir au plus près du bateau de Jean, pour lui faire perdre le moins de temps possible.

On avait une fenêtre météo de cinq heures maximum pour y parvenir. Ensuite, j'ai enfilé la même combinaison que celle que j'avais réussi à récupérer in extremis lors de l'accident de mon bateau et avec laquelle j'ai passé la nuit de lundi à mardi dans le radeau. Je l'avais mise à sécher dans le bateau de Jean. Je l'ai donc enfilée à nouveau pour pouvoir rejoindre le petit semi-rigide du Nivôse à la nage, parce que les IMOCA sont des bateaux très fragiles et je voulais qu'on prenne toutes les précautions pour ne pas emboutir le bateau de Jean.


Q. Comment allez-vous?

R. Ça va bien, je ne fais qu'augmenter mon niveau de confort : je suis passé d'un bateau qui coule à un radeau, d'un radeau à un IMOCA [le bateau Yes we Cam! de Jean le Cam, NDLR], puis d'un IMOCA à une frégate qui fait route vers la Réunion! Cela me permet de rester dans l'action, de prendre du recul, mais sans coup de mou pour l'instant.


Q. Vous repensez à l'accident avec PRB?

R. Oui, j'y repense beaucoup. C'est le point de départ de tout ça. Et je ne l'accepte pas. J'ai encore en tête l'image du bateau avec l'étrave qui pointe à 90 degrés vers le ciel après avoir pris la vague. Et ça, je ne l'accepte pas, qu'un bateau qui est conçu pour faire le tour du monde casse comme ça. Et ça reste un des points que je veux éclaircir quand je serai à terre, je veux comprendre.


Q. Cet abandon c'est un échec pour vous?

R. Oui, c'est un évènement grave de perdre un bateau, oui c'est un échec, parce que l'idée était de finir le Vendée Globe. Mais c'est pas pour cela que c'est terminé. Jean en est à son cinquième Vendée Globe, il a perdu un bateau (en janvier 2009) et il avait été sauvé à l'époque par Vincent Riou, sur un bateau PRB, qui plus est, et il continue. Parler de tout ça avec lui m'a fait beaucoup de bien.


Q. Quelles pistes peuvent expliquer la casse de PRB selon vous?

R. Il y a plusieurs possibilités, j'ai été le premier à parler de Reverse Load, parce qu'avec mon expérience du multicoque, où ce cas existe et où cela peut engendrer des efforts qui sont énormes sur les structures et provoquer des casses très violentes.

Mais ce n'est qu'une hypothèse. Je n'ai pas fait tout le tour de la question encore. Mais dès que j'arrive à terre, ce sera mon dossier numéro un.


Q. Comment s'est passée cette semaine ensemble avec Jean Le Cam?

R. Ça m'a fait du bien, même si les conditions étaient humides et pas faciles, ça tapait beaucoup, mais ne pas arrêter de faire du bateau c'était la meilleure chose à faire, la meilleure thérapie possible. Cette petite transition avec lui m'a fait du bien même si c'était pas mon bateau, même si c'était pas ma course. J'ai apprécié de le faire avec un humain, une personne comme lui.

On a beaucoup discuté, c'est quelqu'un d'expérience qui a connu énormément de faits de mer. Ça m'a permis de relativiser aussi sur ce qui m'était arrivé. Et je lui serai toujours reconnaissant d'être venu me chercher dans mon radeau, d'avoir passé la nuit à me rechercher et à manœuvrer dans des conditions très difficiles.

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