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Une traversée hivernale du Canada à vélo pour une grande cause

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Le cycliste à un carrefour de routes dans la MRC Côte-de-Gaspé.

C'est parti pour Louis-Joseph Couturier, en route vers Vancouver

Photo : collaboration Louis-Joseph Couturier

Michel Chabot

Louis-Joseph Couturier a commencé il y a quelques semaines une traversée du Canada à vélo, malgré le froid, dans le but de recueillir des fonds pour Vélo-Fantôme, un organisme dont la mission est une source de réconfort pour les proches de cyclistes morts sur la route.

Parti de Gaspé il y a un peu plus de deux semaines, il prend une pause de quelques jours à Montréal avant de reprendre la route vers l'ouest du pays.

J'ai fait plusieurs trips de cyclotourisme, c'est maintenant ma 10e saison de vélo d'hiver, raconte-t-il. J'avais le goût d'une plus grande aventure, alors je me suis dit : "Pourquoi pas le Canada en vélo l'hiver?"

Le jeune homme de 30 ans compte atteindre Vancouver en février avec son équipement de camping qui pèse 35 kilos. Ébranlé par la mort récente d'une amie lors d'un accident de vélo, il a décidé d'embrasser une cause qui lui tient à cœur.

J'aimerais ça ramasser 20 000 $ pour l'organisme Vélo-Fantôme, qui pose des vélos blancs. Le vélo blanc, c'est pour à la fois commémorer une victime qui est morte dans un accident de vélo et appeler les autorités publiques à en faire plus pour la sécurité des cyclistes.

Louis-Joseph Couturier

Un drame qui aurait pu être évité

Francisco Carignan a perdu son frère Bernard il y a cinq ans, rue Saint-Denis à Montréal, à quelques mètres de chez lui.

Il habitait là, en haut, dit-il en montrant un immeuble. Ça s'est passé juste en face de chez lui. Il sortait du Jean Coutu, on a encore le reçu. Il avait prévu une soirée avec sa copine.

Le cycliste de 27 ans est mort après avoir heurté la portière ouverte subitement par un automobiliste qui venait de se garer. Le véhicule qui circulait derrière lui a ensuite été incapable de l'éviter.

Un vélo accroché à un poteau à la mémoire d'un cycliste qui a été tué sur la route.

Le vélo de Bernard Carignan

Photo :  Radio-Canada / Jean-François Vachon

Au cours des six dernières années, sur l'axe des rues Berri, Lajeunesse et Saint-Denis, qui traverse la ville du nord au sud, on a dénombré 300 blessures graves ou décès de cyclistes, de piétons et d'automobilistes.

C'est pour prévenir de tels drames que la Ville de Montréal a conçu le Réseau Express Vélo (REV), inauguré en 2020.

L’emportiérage, on règle complètement ce problème-là en ayant, avec le Réseau Express Vélo, une piste qui est séparée, qui a une bonne distance-tampon entre les voitures stationnées et les cyclistes, indique Marianne Giguère, conseillère à la Ville de Montréal.

Moi, je suis content, confie Francisco Carignan en regardant la piste cyclable récemment inaugurée. Là, je la regarde, et c'est exactement ça qu'il aurait fallu.

Un deuil adouci

Quelques semaines après la mort de Bernard Carignan, Vélo-Fantôme a contacté sa famille afin d'organiser une cérémonie qui a réuni 400 personnes.

On a invité plein de monde, plein, plein de monde, plein de cyclistes. Et on a décidé de faire le parcours de sa dernière randonnée à vélo, relate Francisco Carignan. On avait donné un ballon gonflable à l’hélium à tout le monde, qui pouvait l’accrocher derrière leur vélo. Et, rendu ici, on les a juste laissés partir. Une petite touche comme ça.

Je pense que notre deuil aurait été… 1000 fois pire... 1000 fois pire.

Francisco Carignan, frère de Bernard Carignan, cycliste mort à vélo en août 2015

Depuis 2013, une dizaine de vélos blancs ont ainsi été installés et entretenus dans la région de Montréal.

Et avec cette collecte de fonds, Louis-Joseph Couturier veut permettre à Vélo-Fantôme d'étendre sa mission sur tout le territoire québécois.

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