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Chronique

Impact? Montréal FC? Le changement est déjà commencé

Vue du stade depuis les tribunes

Le stade Saputo est le domicile de l'Impact de Montréal depuis 2008.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Olivier Tremblay

Le 6 août 2011, à quelques mois de son entrée en MLS, l’Impact de Montréal avait dévoilé son nouveau logo. Mais puisque c’est l’Impact de Montréal, ça ne s’était pas passé sans controverse.

Au coup d’envoi de la rencontre, les Ultras Montréal ont quitté leur section et sont sortis du stade en laissant, devant leur virage, une banderole de lettres blanches sur fond bleu : faux supporters absents. Le directeur technique de l’époque, Nick De Santis, avait essuyé leurs critiques toute la saison, et il venait de dire, quelques jours plus tôt, que le groupe n’était pas formé de vrais supporteurs.

Était-ce une surprise que ce moment charnière de l’histoire du club s’accompagne d’une polémique du genre? Pas particulièrement. On peut suivre le plus distraitement possible l’Impact et connaître son penchant pour les échanges musclés et les caractères bouillants.

La vive réaction au potentiel changement de nom du club, visiblement négative parmi le noyau dur de supporteurs actifs sur les réseaux sociaux, était donc attendue. Peut-être, à l’inverse, l’organisation prend-elle le pari que cette réaction viscérale n’est pas partagée par la population en général, celle qu’elle doit encore convaincre de regarder ses matchs, d’acheter ses produits et d’aller au stade quand la santé publique le permettra.

Certains fidèles de l’Impact sentent actuellement qu’on leur arrache une partie d’eux-mêmes. Ceux qui suivent les activités du club de beaucoup plus loin peuvent cependant se demander ce qui fait si mal. Après tout, la question de l’identité de l’Impact de Montréal, de ce que ces mots veulent réellement dire, elle est toujours présente, près de 30 ans après la création du club.

Son président, Kevin Gilmore, a attisé depuis son entrée en poste ce débat qu’on arrive parfois à étouffer, mais qui ne s’éteint vraiment jamais. Un débat que l’Impact aurait justement dû régler lors de son ascension vers la MLS, quand il pouvait jouer son plus gros coup de mise en marché jusqu’alors.

Vue de leur section dans le Providence Park

La Timbers' Army est le principal groupe de supporteurs des Timbers de Portland.

Photo : Getty Images / Steve Dykes

Depuis le passage de l’Impact dans l’élite nord-américaine, sa cible dans le marché n’est pas tout à fait claire. La marque a longtemps été associée aux familles à l’époque de la deuxième division. Puis le club, à l’image de la MLS à laquelle il se joignait, a voulu viser les jeunes adultes. L’impressionnante Timbers' Army, à Portland, qui envahit un virage du stade en entier pour chaque match, était un exemple souvent cité dans les bureaux.

A-t-on charmé quelque clientèle que ce soit avec la campagne publicitaire de 2011-2012, qui avait des allures de dessin animé? La suite semble indiquer que non. L’expression défendre le nord n’est pas passée dans l’usage, et on n’a réellement rempli le stade (parfois olympique, imaginez) que lorsque l’équipe a franchi certains paliers sportifs : l’épopée jusqu’en finale de la Ligue des champions en 2015, puis l’acquisition de Didier Drogba et cet unique match des éliminatoires de 2016. Mais rien de tout cela ne s’est concrétisé en appui populaire durable, en attachement particulier envers le club et sa marque.

Ultimement, c’est la réussite sur le terrain qui a suscité une curiosité sur laquelle on n’a toutefois pas pu bâtir quelque chose. En ce sens, le chantier sportif est bien entamé. Les lignes directrices sont nettement tracées. On veut une équipe dynamique et entreprenante, des jeunes avec un fort potentiel de revente. Pour un club dont un ancien directeur technique avait un jour maladroitement affirmé que la formation 4-2-3-1 faisait partie de la philosophie de l'organisation, c’est un pas de géant. Le genre de bond en avant que le Toronto FC a réussi à faire sans changer de nom, mais en se dotant d’une identité sportive limpide. Et en y mettant un peu d’argent.

Le club a encore beaucoup à faire pour que ce genre d’anecdote entraîne une réaction dans les tripes du commun des mortels. Doit-il changer de nom? Doit-il s’éloigner d’autres éléments de son passé? Peut-être que ses données commerciales l’indiquent.

Ce soir d’août 2011, quand les Ultras sont rentrés au bercail après la première mi-temps, il s’est produit quelque chose d’étrange. C’est dans la tribune latérale, loin des partisans dits actifs, qu’on a entonné le premier chant Allez Montréal. Un rare moment de communion dans un stade où, au fil des années, les enjeux se sont vécus bien différemment, selon qu’on faisait partie du noyau dur ou des visiteurs occasionnels.

Et dans ce chant-là, pas la moindre mention de l’Impact. Seulement Montréal. Parce qu’au bout du compte, c’est bien ce qui importe dans le nom de ce club : sa ville et tout ce qu’elle représente pour ses habitants, peu importe ce qui les anime.

Quoi qu’il advienne au nom Impact de Montréal FC, c’est certainement dans le sentiment d’appartenance envers une ville que le club veut aller puiser. Qu’il veut aller faire, comme l’indique son récent slogan, son impact montréalais et gagner pour sa ville.

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