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Ce centre de recherche veut rendre le sport plus inclusif pour les filles

Une adolescente tient un ballon.

Des joueuses de basketball

Photo : Getty Images / monkeybusinessimages

Michel Chabot

La pratique sportive est encore faible parmi les femmes canadiennes et un nouveau centre de recherche sur l'équité des genres a l’intention d'en comprendre les raisons et d’apporter des solutions.

La nécessité d'une telle institution au pays faisait partie des recommandations soumises par un groupe de travail fondé en 2017 par l’ancienne ministre du Sport Kirsty Duncan, à la suite de l'annonce d'un investissement de 30 millions de dollars pour favoriser l'intégration des femmes dans le sport.

C’est ainsi qu’est née E-Alliance trois ans plus tard, après que les trois codirectrices, Gretchen Kerr de l’Université de Toronto, Ann Pegoraro de l’Université de Guelph et Guylaine Demers de l’Université Laval, eurent remporté un appel de projets à l’échelle nationale.

Actuellement, il y a beaucoup de barrières à l’accessibilité et à l’expérience des filles et des femmes, soutient la Dre Guylaine Demers. Le but ultime, c’est vraiment que toutes les filles, les femmes, avec leur identité et leurs caractéristiques, aient accès au sport, qu’elles vivent une bonne expérience, à titre de participantes ou en leadership. Mais pour arriver là, on a besoin de savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas et pourquoi.

Les filles abandonnent beaucoup plus rapidement et à un taux beaucoup plus élevé la pratique sportive que les garçons. Si on regarde du côté des jeunes filles autochtones, c’est encore beaucoup plus faible. Et quand on arrive à l’adolescence, pour les filles, le taux d’abandon est extrêmement important.

Guylaine Demers, codirectrice du centre E-Alliance

Un tiers des filles sont susceptibles d’abandonner le sport à l’adolescence au Canada. Le taux de participation baisse alors de 22 %. Du côté des Autochtones, moins d’une fille sur quatre prend part à une activité sportive.

L’accès au sport est également limité au niveau supérieur, selon les statistiques qui auraient peu fluctué depuis 20 ans.

Du côté du leadership, alors qu’on pense aux femmes entraîneuses, aux femmes dans des postes de direction, de présidence d’organisations, on a des chiffres qui sont encore extrêmement bas, ajoute Mme Demers, professeure et titulaire d’une chaire de recherche en études féministes. On est à 19 % d’entraîneurs féminins au Québec en 2019. Si on regarde à la grandeur du Canada, ça joue toujours autour du 25 %.

Le mandat confié à E-Alliance par Sport Canada est notamment d’assurer un leadership crédible, basé sur des données probantes. L’organisme doit donc générer une base de connaissances puisque les données sont difficiles à trouver.

En plus de ses trois fondatrices, ce centre, dont le budget annuel s’élève à 550 000 $, est composé d’un comité scientifique regroupant 10 chercheuses et chercheurs.

Et un appel de propositions a été lancé pour permettre à d’autres scientifiques de soumettre des projets de recherche novateurs.

Les chercheurs qui vont obtenir des sous doivent être liés à une organisation sportive. Alors on veut répondre aux besoins du milieu sportif, pas juste continuer à faire de la recherche pour laquelle il n’y a pas d’applications sur le terrain.

Guylaine Demers, codirectrice du centre E-Alliance

Cette initiative s'inscrit dans l'objectif du gouvernement fédéral d'une équité entre les genres dans le sport d'ici 2035.

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