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Vendée Globe : Kevin Escoffier secouru par Jean Le Cam

Un voilier

Le skipper Français Kevin Escoffier doit être secouru dans les mers du sud.

Photo : afp via getty images / JEAN-FRANCOIS MONIER

Radio-Canada

Grâce aux efforts de quatre concurrents du Vendée Globe, le skipper Kevin Escoffier (PRB) a été secouru au milieu d'une mer agitée, tôt mardi.

Jean Le Cam (Yes We Cam!) a pu accueillir Escoffier à bord de son navire.

Il est à bord avec Jean! On vient de le voir, a dit le président de l'équipe d'Escoffier.

C’est un immense soulagement pour l’ensemble de l'équipe, la famille de Kevin et tous les acteurs du Vendée Globe en mer, mais aussi à terre, peut-on lire dans un communiqué sur le site de l'équipe d'Escoffier, PRB.

Les heures depuis le dernier message envoyé de Kevin juste avant qu’il n’embarque d’urgence à bord de son radeau de survie ont été interminables. Tout a été mis en œuvre pour retrouver le Malouin ballotté dans son radeau de survie à la frontière avec l’océan Indien, à 600 milles nautiques (près de 1111 km) dans le sud-ouest du cap de Bonne Espérance.

Le Cam a été le premier des navigateurs à avoir rejoint la zone d'émission de la balise de détresse d'Escoffier à 11 h (HNE), soit deux heures après l'alerte.

Le directeur de course Jacques Caraës raconte le fil des événements :

Alors qu’il progressait à 1,5 nœud dans un vent de 20-25 nœuds sous voilure très réduite (3 ris dans la grand-voile et sans moteur), il a disparu de l’écran et nous l’avons entendu parler. On ne voyait plus personne.

Puis, quelques minutes après 1 h 6 UTC [20 h 6, heure de Montréal] (heure à laquelle il a dû précisément récupérer Kevin à son bord), Jean est redescendu à la table à cartes puis nous avons vu Kevin arriver dans son dos en combinaison de survie. Ils sont apparus quelques secondes en forme tous les deux avant que la vidéo ne coupe. Il va bien. Tout le monde va bien. Ils se remettent!

Une citation de :Jacques Caraës, directeur de course du Vendée Globe

La direction de course avait demandé à trois autres navigateurs de se dérouter pour renforcer les recherches : Yannick Bestaven (Maître Coq), arrivé à 15 h 45 (HNE), Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) et Sébastien Simon (Arkéa Paprec), un peu plus tard.

Les concurrents ayant porté assistance ont pu ensuite reprendre leur tour du monde et les heures consacrées au sauvetage seront décomptées de leur temps de course.

Le Cam avait lui-même été secouru en 2009, au large du cap Horn, après que son bateau se fut retourné. Réfugié à l'avant du bateau à l'envers, il avait été sauvé par Vincent Riou.

Un témoignage bouleversant

Escoffier, marin très expérimenté de 40 ans, participe pour la première fois au Vendée Globe, à la barre d'un bateau volant, mais de première génération, sorti des chantiers il y a tout juste 11 ans.

Une fois rescapé, le Français s'est entretenu avec le poste de commandement de la course par une liaison vidéo aux côtés de Le Cam. Son récit a de quoi faire frémir.

En quatre secondes, le bateau a planté, l'étrave s'est repliée à 90 degrés. Vous voyez les films sur les naufrages? C'était pareil en pire! J'ai mis la tête dans le cockpit, y a eu une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto, la vague après a tout fait shunter [court-circuiter, NDLR] l'électronique. C'est un truc de fou! Plier un bateau en deux! J'en ai fait, mais celle-ci...

Une citation de :Kevin Escoffier

Le Cam, héros du jour, a expliqué à quel point la manoeuvre n'avait pas été simple à réaliser dans les conditions.

J'arrive sur zone, je vois Kevin sur son bateau, je me dis : "impeccable." Je lui dis : "Je reviens, on va pas faire n'importe quoi." Avec la mer qu'il y avait, pas fastoche pour manoeuvrer. Je reviens là où je l'avais quitté... Personne! Oh là là!, a raconté Le Cam.

Je suis revenu au moins cinq, six fois. Ça fait des virements de bord chaque fois avec les aléas de droite et de gauche, avec la mer. Je me dis : "Tu restes en stand-by et on attendra le jour." Après je me suis dit : "La lumière [du bateau en détresse, NDLR], ça se voit peut-être mieux la nuit que le jour", a-t-il poursuivi.

À un moment, j'étais debout sur le pont et je vois un flash, enfin c'était pas un flash, c'est la lumière qui apparaît dans une vague. Une apparition! Je me dis : "C'est pas vrai!" J'ai continué et là tu vois de plus en plus la lumière et tu te dis : c'est bon. Tu passes du désespoir au truc de dingue, a-t-il encore relevé.

Jean Le Cam raconte ensuite qu'il a balancé l'espèce de banane qu'Escoffier a attrapée. Et là c'était gagné. Bonheur!

Avant sa mésaventure et fort de ses deux courses autour du monde en équipage avec escales (Volvo Ocean Race), dont une victorieuse en 2018, Escoffier s'était assez vite placé dans le groupe de tête et a pris la troisième position du Vendée Globe pour la première fois dans la nuit de dimanche à lundi.

Lundi matin, lors d'une discussion avec le poste de commandement de la course, il a raconté se préparer à affronter un premier coup de vent avec 35 nœuds fichier et 6 mètres de creux.

Il s'agit de la première opération de sauvetage depuis le départ de la course le 8 novembre, qui ne compte que deux abandons sur les 33 participants : celui de Nicolas Troussel (Corum L'Épargne) le 16 novembre après un démâtage et celui du Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), en raison d'une avarie sur un safran après des problèmes structurels.

Avec les informations de Agence France-Presse

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