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Mohamed Farsi se donne les moyens de ses ambitions

Il présente son trophée.

Mohamed Farsi

Photo : Courtoisie : Audrey Magny Photographie

Olivier Tremblay

Au début de 2020, Mohamed Farsi est rentré de sa première expérience de soccer professionnel, en Algérie, avec un sombre bilan : zéro minute de jeu. Pas la moindre occasion de se faire valoir, et rien pour convaincre un futur employeur. Aujourd’hui, il est le jeune joueur canadien de l’année dans la Première Ligue canadienne (CanPL).

Le nouveau circuit, qui a conclu en septembre sa deuxième saison – une campagne atypique présentée dans une bulle sanitaire à l’Île-du-Prince-Édouard –, a remis ses prix individuels jeudi soir. Pour choisir le meilleur joueur canadien de moins de 21 ans, il fallait nécessairement regarder du côté du Montréalais, qui n’a pas été une révélation que dans son groupe d’âge. Il a fait partie des meilleurs joueurs de la saison.

Farsi a pris d’assaut la CanPL dès ses premières foulées pour le Cavalry FC de Calgary. Entré en jeu comme remplaçant, il a provoqué deux tirs de pénalité et a réussi une passe décisive. Il venait de gagner une place comme titulaire.

Ce défenseur latéral droit de métier, qui peut jouer à tous les postes sur les côtés, a participé aux 10 matchs de son équipe, dont 7 comme partant. Il a marqué un splendide but et a récolté deux mentions d’aide. Farsi commence à se donner les moyens de ses ambitions.

« Ma vision a changé, souligne-t-il au bout du fil. Mes objectifs restent les mêmes : je veux aller en Europe, dans de grands clubs et tout. Mais ma vision a changé, parce que je me suis dit, OK, j’ai des raisons d’y croire et ça peut se faire. Je ne m’étais jamais imaginé qu’en une saison, je serais le meilleur joueur U-21. Mais si j’ai des rêves, je peux y croire. J’y crois, et je vois que tout est possible. »

Je ne pouvais pas rêver mieux que de gagner ce prix-là à ma première année pour bien commencer ma carrière.

Mohamed Farsi

S’il n’est pas amer et ne regrette pas son expérience en Algérie, patrie de ses parents, le jeune homme de 20 ans sait ce qu’il dirait aux dirigeants de l’AS Aïn M’Lila : leurs arguments pour ne pas le faire jouer ne tenaient pas la route. Mais « Dieu a bien fait les choses », lance-t-il en riant.

Plus d'occasions pour les Québécois

Farsi a toujours cru à son potentiel, et c’est pourquoi il s’est présenté à un essai à Calgary, en février dernier, avec de l’espoir plein le cœur malgré les embûches qu’il venait de traverser. Oui, ce serait « hyper compliqué » de se frayer un chemin jusqu’au onze partant, s’est-il dit. Le Cavalry ne lui offrait pas la moindre garantie.

En avril, un contrat l’attendait, assorti de l’option de faire regretter son choix à son ancien club.

« J’étais encore plus motivé, sachant que j’avais eu une mauvaise expérience et que je devais rebondir ailleurs, soutient Farsi. J’étais obligé. C’était ma deuxième expérience professionnelle. Si le Cavalry avait été ma première équipe, je ne sais pas, peut-être que je me serais dit que ce n’était que ma première année… C’est le mental. Là, je devais montrer que, même si ça ne s’est pas bien passé en Algérie, j’ai du talent. »

Ce qui rend Farsi plus fier que tout, c’est qu’il juge avoir montré aux joueurs du Québec que toutes les possibilités s’offrent à eux. Le Montréalais est un pur produit du soccer québécois passé notamment par le CS Longueuil et l’AS Blainville, en Première Ligue de soccer du Québec.

La CanPL, estime-t-il, pourrait jeter un œil plus intéressé à la ligue semi-professionnelle de la province. Et, en revanche, les athlètes doivent saisir leur chance à deux mains.

« Il y a beaucoup, beaucoup de potentiel, mais ça prend des possibilités, indique Farsi. Mais c’est aussi mental. C’est dur, partir de chez soi quand on est jeune, sans tes parents. Tu dois tout faire, cuisiner, tous ces détails. Même après, si les entraînements ne se passent pas bien, tu n’es pas chez toi, le groupe ne t’intègre peut-être pas, tu ne te sens pas bien. C’est mental aussi. »

Les joueurs québécois n’ont pas beaucoup d’occasions comme ça. Alors, quand ils en ont une, il faut vraiment la saisir. Il ne faut pas y réfléchir, il faut tout donner.

Mohamed Farsi

Farsi ne sera pas du genre à les laisser filer entre ses doigts. Il est sous contrat avec le Cavalry FC en 2021, mais il a toutes les raisons de songer à son avenir. D’autant plus que le seul autre lauréat du prix qu’il vient de gagner, l’Ontarien Tristan Borges, a été récompensé d’un transfert vers la Belgique. Il faut l’admettre, Borges ne casse rien là-bas : 109 minutes de jeu en 4 matchs depuis son arrivée.

Cela n’inquiète pas Farsi. Il en a vu d’autres en Algérie.

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