•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Shane Churla : la perte du Canadien, le gain des Panthers

Les deux hommes en discussion lors du repêchage de la Ligue nationale

Shane Churla et Rick Dudley

Photo : Getty Images / Bruce Bennett

Shane Churla, ancien directeur du recrutement du Canadien de Montréal, voulait être calife à la place du calife. C’est tout à fait sain et c’est maintenant le problème du Tricolore.

Il en avait le titre, mais pas les responsabilités. En 2017, pendant la grande purge de sa défense jumelée à la perte d’un attaquant de pointe, Marc Bergevin s’est mis à distribuer des promotions comme des bonbons d’Halloween avant la pandémie à ses proches conseillers, peut-être effrayé que l’exode s’empare aussi de ses plus brillants administrateurs.

Ainsi, Trevor Timmins est devenu officiellement adjoint au directeur général. Churla est passé de recruteur-chef à directeur du recrutement.

Cette créativité bureaucratique ne changeait rien à l’affaire. Timmins avait les pleins pouvoirs sur son équipe de recrutement et Churla lui servait de bras droit. Un dépisteur de premier plan, en quelque sorte, qui survolait autant l’Europe que l’Amérique du Nord pour épier les talents que les recruteurs régionaux avaient découverts.

Un deuxième avis, certes d’importance, parmi une longue liste. Au bout du compte, Timmins formait son équipe de recruteurs, décidait de la philosophie du dépistage, en compagnie de Bergevin, s’entend, et contrôlait les opérations.

À Montréal, Timmins était le visage de l’équipe de recruteurs. Même si j’avais le titre, je n’avais pas tous les pouvoirs qui viennent avec. C’était une situation unique, mais une bonne dynamique, a expliqué Churla, mercredi, lors d’une conférence téléphonique.

Avant d’encenser son mentor des dernières années.

Trevor est l'un des gars les plus organisés avec qui j’ai travaillé. Ça va me manquer un peu. En quoi ce sera différent? J’aurai toute la latitude nécessaire pour embaucher mon personnel, pour mettre sur pied mon équipe, pour lui donner une direction et une philosophie, a-t-il ajouté.

C’est certainement très attrayant après 19 ans (Coyotes, Stars, Canadien) à se promener d’un aréna à l’autre comme recruteur pendant plus de 200 jours par année. On devine que la vie de famille peut en prendre un coup. Il y aura de ce fastidieux travail que Churla aime tant, mais son horaire sera organisé différemment. Peut-être moins exigeant. Après tout, le patron, c’est lui.

Il croit laisser le Canadien en meilleure posture que lorsqu’il est arrivé en 2013, en ce qui a trait aux espoirs de l’organisation. La période noire de 2008 à 2013, où seuls cinq joueurs se sont établis durablement dans la LNH (Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu, Alex Galchenyuk, Artturi Lehkonen et Jacob De La Rose) a embourbé l’organisation considérablement.

Le renouveau coïncide certes avec son arrivée, mais aussi avec le plus grand nombre de choix au repêchage de l’équipe à partir de 2017, soit 36 en 4 encans.

Ça a été l’une des décisions les plus difficiles à prendre. C’était un emploi rêvé à bien des égards. Le Canadien m’a traité royalement. Ç’a été très difficile de partir parce qu’on voyait enfin le résultat de notre travail. Mais je n’ai aucun regret.

Shane Churla, nouveau directeur du recrutement des Panthers de la Floride

À recommencer

Churla voit des parallèles entre les Panthers d’aujourd’hui et le CH d’alors. Lesquels? De grosses lacunes organisationnelles dans le département de recrutement. À part Aaron Ekblad (1er choix en 2014), Aleksander Barkov (2e choix en 2013) et Jonathan Huberdeau (3e choix en 2011), la récolte a été très, très mince dans la dernière décennie. Et encore, nous restons polis.

Depuis 2016, leurs sélections, plutôt bien placées, ont disputé 133 matchs dans la Ligue nationale. À lui seul, Victor Mete, repêché en 2016, en a joué 171.

Il y a bien sûr de l’espoir avec les dernières prises de premier tour que sont Anton Lundell, Spencer Knight, Grigori Denisenko et Owen Tippett, le tableau n’est pas aussi noir que le cœur de M. Burns.

Et ce sera le mandat de Churla de l’embellir.

Son travail n’est pas passé inaperçu ces dernières années. Il quitte Montréal avec une banque d’espoirs bien garnie, qui souffre peut-être d’un manque de vedettes en devenir, néanmoins bien équilibrée.

Le repêchage est extrêmement important, a fait valoir Churla. Ce sont les fondations d’une organisation. Si tu fais des erreurs là, ça se répercute un peu partout. Ton département de recrutement professionnel doit compenser avec des échanges et tout. C’est la base, ça fait foi de tout.

Je pense pouvoir changer leur philosophie de repêchage. Je compare un peu les Panthers en ce moment au Canadien quand je suis arrivé il y a sept ans. Il y a du travail à faire. C’est positif. J’ai l’occasion d’améliorer le destin de cette organisation, a-t-il conclu.

Il faudra maintenant jeter un œil du côté du Tricolore à savoir comment ce départ sera géré. Les temps sont difficiles et le Groupe CH n’a pas été épargné par la pandémie, au contraire. Il a d’ailleurs procédé à bon nombre de congédiements dans les derniers mois. Difficile de dire pour l'instant à quoi ressemblera l'organigramme présidé par Timmins.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !