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Diego Maradona, icône du soccer, est mort

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Un joueur sourit après avoir marqué

Diego Maradona à la Coupe du monde de 1986

Photo : afp via getty images / STAFF

Agence France-Presse

Diego Maradona, icône du soccer et champion du monde avec l'Argentine en 1986, est mort d’un arrêt cardiaque à 60 ans en banlieue de Buenos Aires, a annoncé mercredi son porte-parole Sebastian Sanchi.

Diego Maradona avait été opéré pour un hématome à la tête début novembre. L’intervention s’était bien déroulée, selon son médecin. Il se trouvait depuis en convalescence. Depuis sa sortie d'hôpital, l'Argentine restait inquiète quant à la santé de son ancien joueur vedette, dont le corps devait être autopsié dès mercredi.

El pibe de oro (le gamin en or), l'un des meilleurs joueurs de l'histoire du ballon rond, a connu après sa carrière de nombreux ennuis de santé, certains reliés à ses excès. Et il avait déjà flirté avec la mort. Il a notamment subi deux crises cardiaques en 2000 et en 2004.

La veillée funèbre de sa dépouille aura lieu à partir de jeudi au palais présidentiel argentin et durera les trois jours du deuil national décrété par la présidence d'un pays qui perd l'une de ses personnalités les plus adulées, et plongeait mercredi dans les larmes.

J'espère qu'on pourra jouer au foot ensemble au ciel

Si la planète savait la santé de Maradona fragile, l'annonce de son décès a entraîné un déluge de tristesse et d'éloges dans le monde du soccer, où seul le Brésilien Pelé (80 ans) rivalise dans le classement informel des plus grands de l'histoire.

Quelle triste nouvelle, a dit Pelé sur Instagram. J'ai perdu un grand ami et le monde a perdu une légende. Il y a bien d'autres choses à dire. Mais pour l'heure, que Dieu donne de la force à sa famille. Un jour, j'espère qu'on pourra jouer au foot ensemble au ciel.

Un jour très triste pour tous les Argentins et pour le football. Il nous laisse, mais il ne s'en va pas, parce que Diego est éternel.

Lionel Messi

L'ancien international Gary Lineker, buteur anglais lors du célèbre Angleterre-Argentine du Mondial de 1986, a ainsi salué de loin le meilleur joueur de (sa) génération et sans doute le plus grand de tous les temps. Après une vie bénie, mais troublée, espérons qu'il trouve du réconfort dans les mains de Dieu, a-t-il écrit sur Twitter.

La Fédération argentine de soccer exprime sa plus profonde douleur pour la mort de notre légende, Diego Armando Maradona. Tu seras toujours dans nos coeurs, a-t-elle déclaré.

Merci éternel. Éternel Diego, a sobrement réagi Boca Juniors, le club argentin où le génial no 10 a séduit l'Europe, en 1981-1982, avant son départ pour le FC Barcelone (1982-1984) et Naples (1984-1991). Pour toujours, ciao Diego, a simplement dit le club italien.

Tu nous as emmenés sur le toit du monde. Tu nous as rendus immensément heureux. Tu as été le plus grand de tous. Merci d'avoir existé, Diego. Tu vas nous manquer pendant toute notre vie, a mentionné le président de l'Argentine, Alberto Fernandez.

Aujourd'hui, je dis au revoir à un ami et le monde dit au revoir à un génie éternel. Un des meilleurs de tous les temps. Un magicien inégalable. Il part trop tôt, mais laisse un héritage sans limites et un vide qui ne sera jamais comblé. Repose en paix, crack. Tu ne seras jamais oublié.

Cristiano Ronaldo

Mon idole est décédée, RIP Diego Armando Maradona. Mon premier chandail de football, l'homme à l'origine de mon amour pour le football. Gracias El Pibe.

Didier Drogba

Ange ou démon?

Diego Maradona a payé cher sa gloire en sombrant dans la drogue et l'alcool. Mais ce génie du soccer, l'égal d'un dieu en Argentine, a toujours su rebondir.

Né à Buenos Aires, il venait de fêter ses 60 ans. Il restera à jamais le diez, le numéro 10, capable de marquer les plus beaux buts de l'histoire, à l'instar du roi Pelé, finalement son seul rival.

Ange ou démon? La polémique n'a jamais cessé.

Rebelle. Héros. Arnaqueur. Dieu: dans son documentaire Diego Maradona, présenté hors compétition au Festival de Cannes en mai 2019, le Britannique Asif Kapadia raconte les années tumultueuses de l'Argentin à Naples, qui lui ont apporté ses plus grandes joies et ont fini par le broyer.

Issu des quartiers pauvres de la capitale argentine, il est tombé dans le chaudron de la Bombonera, le stade du club Boca Juniors, quand il était petit.

Dribleur hors pair capable de mystifier les défenses, Maradona restera le symbole et capitaine incontesté de l'Argentine. Sous les couleurs de l'équipe nationale pendant 17 ans (1977-1994), le légendaire numéro 10 a marqué 50 buts en 115 matchs et offert à son pays la deuxième Coupe du monde de son histoire en 1986.

La main de Dieu

Parmi les milliers de photos accompagnant la gloire puis la déchéance de Maradona, deux images résument sa vie. La première remonte justement à 1986, un soir de finale de Mondial, dans le mythique stade Azteca de Mexico, où le joueur de 1,65 m (5 pi 5 po) n'était qu'un immense sourire brandissant le trophée.

Un joueur porté par ses coéquipiers soulève un trophée.

Diego Maradona avec le trophée de la Coupe du monde en 1986

Photo : bongarts/getty images / Bongarts

Il était au sommet de son art.

Son but inscrit de la main contre les Anglais en quarts de finale a fait hurler de joie tout un peuple qui a accepté l'explication improvisée de Maradona : la main de Dieu.

Il saute dans les airs.

La fameuse main de Dieu de Diego Maradona lors du quart de finale de la Coupe du monde de 1986 entre l'Argentine et l'Angleterre.

Photo : Getty Images

Les admirateurs de soccer retiendront surtout son deuxième but contre ces mêmes Anglais. Il a passé en revue toute la défense avant de tromper le gardien, un chef-d'œuvre d'intuition et de talent pur.

Un joueur en bleu s'apprête à tirer.

Diego Maradona réussit un but d'anthologie contre l'Angleterre au Mondial de 1986.

Photo : afp via getty images / STAFF

Beaucoup moins glorieux, le second cliché date du 26 avril 1991. Hirsute, bouffi, mal rasé, l'œil éteint, Maradona sort de son domicile de Buenos Aires entouré de deux policiers venus l'arrêter pour détention et consommation de cocaïne.

Rongé par ses excès

C'est le début de la déchéance, des déclarations tapageuses, des outrances de tous ordres, des retours au premier plan soigneusement orchestrés par un entourage de requins. Les cures de désintoxication vont désormais alterner avec les rechutes.

Après avoir goûté à la drogue dans le quartier Barrio Chino de Barcelone, où il a joué deux saisons (1982-1984), son accoutumance n'a pas faibli pendant ses années de gloire à Naples (1984-1991), club où il est adulé pour lui avoir fait gagner les deux seuls titres de champion d'Italie de son histoire, en 1987 et en 1990.

Maradona a toutefois payé cher cette célébrité qu'il n'a jamais su gérer. Sali par les scandales, sous le coup d'une suspension de deux ans pour un nouveau contrôle positif en 1994, il a officiellement quitté le monde du soccer, à 37 ans, le jour de son anniversaire.

Loin des stades, la déchéance va s'accélérer. En 2000, il est hospitalisé à Punta del Este, célèbre station balnéaire d'Uruguay, pour une crise cardiaque liée à la drogue.

Diego Maradona

Diego Maradona

Photo : Reuters / Maxim Shemetov

Il s'en est sorti et est parti à Cuba en cure de désintoxication. Quatre ans d'allers et retours entre l'Argentine et sa seconde patrie n'ont pas réussi à le guérir durablement de sa dépendance à la cocaïne. En 2004, il a frôlé la mort après un accident cardiovasculaire à l'issue duquel il est retourné à La Havane.

L'année suivante, il a subi à Bogota une opération chirurgicale destinée à réduire la capacité d'absorption de son estomac pour lutter contre l'obésité, ce qui lui a permis de perdre près de 50 kg.

L'Argentine voulait à nouveau y croire. Fin 2005, charmeur et en forme, il a battu des records d'audience avec son émission télévisée La nuit du 10, dans laquelle il a notamment invité son grand rival Pelé. Pourtant, il s'est mis à boire, a grossi, a fumé et a rechuté dans une crise hépatique qui l'a ramené à l'hôpital en 2007.

Une fois encore, il s'en est sorti et a repris du service. Nommé sélectionneur de l'équipe d'Argentine en 2008, il a été écarté deux ans plus tard pour mauvais résultats. Par la suite, il a entraîné deux clubs émiratis avant de s'engager en tant que président du club bélarusse du Dinamo Brest (D1) en 2018.

La même année, il est devenu entraîneur des Dorados de Sinaloa (D2 mexicaine) avant d'en claquer la porte avec fracas huit mois plus tard à cause d'une pénalité non sifflée pour son club.

Maradona dans toute sa splendeur...

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