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Skier sur fond de pandémie

Elles sont côte à côte.

Deux femmes souriantes s'avancent au milieu d'une piste de ski de fond.

Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre

Jean-François Chabot

En pleine pandémie, le printemps 2020 a suscité une fièvre du vélo. À présent que les températures baissent, le ski de fond profite de la plus récente ruée vers le bien-être et l’impression de liberté.

Dans les magasins spécialisés, les étalages sont pris d’assaut par une clientèle en mal de grands espaces et d’une activité physique pouvant être pratiquée sans une kyrielle de contraintes.

Attention! Si la santé publique a donné le feu vert à ce sport de glisse, les adeptes, les vétérans comme les recrues, devront respecter de nouvelles règles afin de combiner le plaisir avec la conscience de ne pas contribuer à la propagation de la COVID-19.

S’il est vrai que le moindre espace enneigé peut servir de terrain de jeu gratuit pour les fondeurs, le fait demeure que les parcs et les centres consacrés au ski de randonnée mettront en place des mesures qu’il faudra apprivoiser.

Il en sera ainsi aux niveaux municipal, régional et provincial, où les installations et les sentiers auront adopté les recommandations de la santé publique en vigueur.

Le milieu urbain

Allons-y d’abord avec les nouvelles réjouissantes. La Ville de Montréal améliore son offre de sentiers aménagés grâce à l’acquisition de deux appareils pour le traçage.

Ainsi, le parc Jean-Drapeau (île Sainte-Hélène) et le parc Frédéric-Back (ancienne carrière Miron dans le quartier Saint-Michel) disposeront de sentiers tracés. Au total, neuf parcs pourront accueillir les fondeurs, dont le mont Royal, les parcs Angrignon, Maisonneuve et du Cap Saint-Jacques.

Anik de Repentigny, chargée de communication à la Ville de Montréal, précise que la gestion de l’achalandage sera tributaire de l’évolution de la situation sanitaire, tant que perdurera la présence en zone rouge.

De manière générale, il est prévu que les sentiers soient accessibles, comme c’est le cas actuellement dans les parcs ainsi que dans les parcs-nature. Le ski de fond, la raquette et le vélo à pneus surdimensionnés devraient pouvoir être pratiqués là où ils sont habituellement permis. La situation évoluera en fonction des mesures liées à la pandémie de COVID-19.

Les installations sanitaires intérieures seront accessibles, selon les horaires qui seront affichés, et les mesures de désinfection strictement respectées. La distanciation physique sera de rigueur. Il y aura plus de personnel dans les parcs et des espaces chauffés seront prévus en cas de blessure, a-t-elle indiqué dans un courriel à Radio-Canada Sports.

Il est en pas de patin.

Un homme fait du ski de fond

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

De l’autre côté du pont Jacques-Cartier, à Longueuil, on souhaite appliquer les dispositions des zones rouges, en particulier au parc Michel-Chartrand.

Il n’a cependant pas été possible de savoir si le pavillon d’accueil sera accessible aux skieurs désireux d’y faire une pause, de s’y réchauffer ou d’y consommer un léger goûter.

Un exemple régional

Éliane Larouche, coordonnatrice aux communications de l’Association touristique régionale de Lanaudière, a fourni un portrait clair de ce qui attend les sportifs qui visiteront les installations de ce coin de pays.

Les parcs de la Matawinie, de la municipalité de Saint-Donat et Ski Montagne Coupée sont autant de lieux qui appliqueront des règles strictes, notamment celles proposées par Rando Québec.

Du côté de la Montagne Coupée, marcheurs et fondeurs auront accès à des espaces chauffés (chalets et abris temporaires) supplémentaires visant à assurer la distanciation physique. Le nombre de personnes et le temps qu’elles pourront passer à l’intérieur seront limités et contrôlés par des employés supplémentaires.

À Saint-Donat, les skieurs seront invités à se présenter déjà vêtus pour la pratique de leur activité et à se changer dans leur voiture quand ils auront fini leur parcours.

Enfin, dans le parc de la Matawinie, les visiteurs devront apporter leur propre désinfectant, parce que les toilettes chimiques n’y seront pas désinfectées. Un fondeur averti en vaut deux!

La Sépaq est d’attaque

Dix-sept des 23 parcs nationaux gérés par la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) demeurent ouverts durant la saison blanche.

Le réseau provincial compte sept centres pour le ski de fond. Il s’agit en l’occurrence de la réserve faunique des Laurentides (Camp Mercier), de la station touristique Duchesnay, et des parcs nationaux du Mont-Saint-Bruno, du Mont-Orford, du Mont-Mégantic, du Mont-Tremblant et d'Oka.

Il est également possible de pratiquer le ski de fond dans les parcs des Monts-Valin, de la Gaspésie (y compris le Gîte du Mont-Albert), des Îles de Boucherville, du Bic, au centre touristique du Lac Simon et dans la réserve faunique de Portneuf.

Il est important de noter qu’il n’y a aucun droit d’accès dans les réserves fauniques. Vous ne paierez que pour votre billet pour le ski de fond.

Selon les informations recueillies auprès de Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq, certaines des mesures déjà en place durant l’été et l’automne continueront de s’appliquer.

Ils sont sur un support en bois à l'extérieur.

Des bâtons et des skis de fond

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Ainsi, les usagers devront se procurer leur billet d’accès quotidien et leur billet de ski de fond à l’avance et en ligne. Cela vise à s’assurer que la capacité d’accueil maximale pour une journée donnée ne soit pas dépassée.

Celle-ci varie énormément selon qu’il s’agisse de la semaine ou du week-end. Il faut savoir que les marcheurs et les promeneurs sont également soumis aux mêmes limitations quant au nombre de personnes admises sur les différents sites. L’accès au parc et le billet pour le ski de fond sont donc vendus séparément.

Afin d’établir le nombre d’accès quotidiens pour le ski de fond, les responsables prendront en compte les gens qui seront en hébergement dans le parc et qui seront nécessairement présents le lendemain, de même que les détenteurs d’un abonnement saisonnier.

Les abonnements saisonniers pour le ski de fond seront également en quantité limitée, la priorité étant offerte aux usagers qui en possédaient déjà un pour la saison 2019-2020.

Des conditions sanitaires strictes

Comme la plupart des skieurs possèdent leur propre attirail, on les invitera fortement à se vêtir pour leur randonnée avant d’arriver au parc.

En ce qui a trait à la location d’équipement, elle se fera selon un rendez-vous établi en même temps que l’achat du billet donnant accès aux pistes.

Au parc du Mont-Saint-Bruno, au sud de Montréal, une demi-douzaine de roulottes ont été aménagées pour offrir des endroits où l’on pourra se réchauffer tout en respectant la distanciation physique.

En invitant les gens à se procurer leurs billets en ligne, on évitera qu’ils aient à faire la file à l’entrée des parcs sans savoir s’il y a encore de la place pour les sentiers de ski de fond, a souligné Simon Boivin en précisant qu’il n’y avait pas de limite quant au nombre de marcheurs présents dans le parc.

Il assure enfin que les mesures mises en place dans les parcs de la Sépaq s’accompagnent d’une série de protocoles de nettoyage, de mesures sanitaires et de gestion des espaces communs, lesquels ont été soumis et approuvés par la santé publique.

En ajoutant de l’espace d’accueil comme des roulottes, c’est qu’on veut s’assurer que la distanciation soit respectée dans les espaces (permanents) déjà existants. Notre personnel sur place fera de la sensibilisation, il y aura de l’affichage et on va demander aux usagers de respecter un temps limite à passer à l’intérieur, a-t-il conclu.

Bref, pas question pour les fondeurs de s’y traîner les pieds.

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