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Phillip Danault, serein malgré l’incertitude

Les négociations concernant une prolongation de contrat sont au point mort entre le Canadien et l'attaquant.

Gros plan de la tête d'un joueur de hockey

Phillip Danault

Photo : Getty Images / Derek Leung

Parfois, lorsque deux camps négocient, un calme plat dans les médias est annonciateur de bonnes nouvelles, de progrès, de rapprochements. Et parfois pas.

Pour citer Phillip Danault, c’est au point zéro entre son clan et le Canadien.

J’aimerais ça être honnête, mais présentement, il n’y a aucune négociation, a-t-il assuré mardi, lors d’une visioconférence.

Il reste encore une année à écouler au contrat de l’attaquant et, contrairement à Jeff Petry et à Brendan Gallagher qui ont eu droit à des prolongations de contrat, contrairement à Josh Anderson, à Tyler Toffoli, à Jake Allen et à Joel Edmundson qui se sont vus octroyer des ententes tout droit sorties des coffres jadis pleins du Tricolore, Danault, lui, attend.

N’allez pas croire qu’il se met martel en tête pour autant. Erreur qu’il a commise d’ailleurs, de son propre aveu, il y a un peu plus de deux ans lorsqu’il s’apprêtait à devenir joueur autonome avec compensation. L’incertitude pesait lourd sur ses épaules.

Je me mettais trop de pression, a-t-il avoué.

J’étais différent. Je n’ai pas l’intention de changer ma game. Je sais qui je suis et qui je suis en train de devenir. Je suis en plein contrôle de mes moyens. C’est sûr que je veux rester à Montréal, mais je comprends la business. Je suis sûr que le meilleur va arriver.

Phillip Danault, attaquant du Canadien

À l’époque, en attaque à tout le moins, Danault avait connu sa campagne la plus difficile depuis son arrivée à Montréal, marquée par une commotion cérébrale, et avec 25 points en 52 rencontres.

Deux ans plus tard, le statut du joueur a changé, autant sur la glace que contractuellement. Ses capacités n’ont cessé de progresser. Le Québécois a aujourd’hui des arguments à faire valoir, du poids, en tant que négociateur prochainement libre comme l’air s’il refusait de signer une nouvelle entente avec le CH.

L’ardoise commence toutefois à être bien remplie. Danault a bien vu son directeur général distribuer les millions de dollars à tout vent, et sans nécessairement travailler à temps partiel pour H&R Block – qui sait, peut-être produit-il lui-même sa déclaration de revenus – il constate bien que les cordons de la bourse ont commencé à se resserrer.

Alors, quand Marc Bergevin essayait de faire valoir qu’un peu tout le monde devra mettre de l’eau dans son vin pour demeurer à Montréal et bâtir une équipe gagnante, Danault ne s’est pas nécessairement senti concerné.

Je ne pense pas qu’on me demande de faire un sacrifice. J’ai fait un sacrifice à mon dernier contrat, a-t-il estimé.

Message passé.

Quel rôle

Danault est conscient de sa valeur et l’a réitéré mardi, tout en revenant sur ses propos du mois d’août qui ont fait couler beaucoup d’encre.

Cette fameuse déclaration qui laissait entendre que le joueur de centre ne serait pas prêt à accepter un rôle moindre pour s’incliner sur le passage des deux (très) jeunes pivots talentueux de l’équipe que sont Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi.

À Montréal, tout est exponentiel, surtout en tant que Québécois. Je ne suis pas surpris de l’ampleur que ça a pris, a laissé tomber Danault.

Rien n’a été inventé, cela dit, mais peut-être a-t-on lu un peu trop entre les lignes, a-t-il précisé. Soit.

Il aurait aimé exprimer une position plus nuancée il y a trois mois. Il s'est donc repris. Voici plutôt.

Je n’ai pas dit que je voulais être premier centre ou l’homme de la situation (the man, en anglais). Je me disais que le jour où je me disais que j’allais accepter un rôle défensif, c’est le jour où j’allais accepter d’arrêter de m’améliorer, a-t-il expliqué.

Avec les acquisitions du DG, le renfort sur les ailes, Danault constate comme tout le monde que le CH, sans miser sur de grandes vedettes à l’avant, équilibre fort bien son attaque. Que, dans ce contexte, il sera probablement appelé à conserver d’importantes responsabilités d’un bout à l’autre de la glace.

On peut jouer différemment tout le monde ensemble, se séparer des minutes, on peut jouer beaucoup avec ça. On a un top 9 de qualité. C’est super important pour un coach. Il peut répartir tes minutes de la bonne façon, a-t-il indiqué.

Pas nécessairement le discours du lion qui se taille sa part en premier, avant de laisser ses subalternes se sustenter de ses restes gracieusement abandonnés à leur intention. Enfin, on imagine.

Bien préparé

Pour ce qui est de sa forme physique, le natif de Victoriaville s’est dit fin prêt pour le camp, si d’aventure il y en a un.

Danault n’a pas voulu révéler son secret, mais il a confirmé avoir trouvé un endroit pour s’entraîner patins aux pieds. Suffisamment même pour peaufiner certaines lacunes. Il a également poursuivi le travail avec un psychologue sportif qu’il consulte depuis quelques années.

Le Québécois ne laisse rien au hasard et espère que ses efforts seront récompensés, au sens propre comme au figuré.

Il l’a d’ailleurs été, récompensé, mardi, puisque le Canadien lui a décerné le trophée Jean-Béliveau, remis au joueur de l’équipe s’étant le plus démarqué par ses actions et par sa générosité au sein de la communauté.

En compagnie de sa femme, Marie-Pierre Fortin, Danault a mis sur pied une fondation qui se donne la mission de lutter contre l’intimidation, la violence et la discrimination en milieu scolaire.

C’est un trophée extraordinaire, a lancé Danault. Depuis que je suis jeune, je fais le plus d’actions possible pour rendre les gens heureux et pour ceux qui en ont besoin. La présence est importante dans la communauté. J’essaie de m’impliquer le plus possible. On ne s’attend jamais à se faire récompenser pour ça. On le fait pour le bien de tous […] Ça fait chaud au cœur. Je ne l’ai pas gagné seul, ma femme m’aide dans l’ombre et on a gagné ce trophée-là ensemble.

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