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Ève Gascon rêve aux Jeux olympiques de 2022

Une gardienne félicitée par une joueuse.

Ève Gascon et Kendall Cooper célèbrent une victoire du Canada contre les États-Unis.

Photo : IIHF

Première femme à avoir joué à temps plein dans la Ligue de hockey midget AAA, la gardienne Ève Gascon a fait son entrée dans la Ligue collégiale cet automne avec les Patriotes du Cégep de Saint-Laurent. Mis à part quelques coups de patin donnés ici et là lors d'entraînements individuels, la saison n’est pas du tout ce qu’elle avait prévu. Tout comme sa première année au cégep, d’ailleurs.

Loin de la désorganiser, la nouvelle réalité qu’impose la pandémie lui offre l’occasion de rêver aux Jeux olympiques de 2022 et de la motiver à l’entraînement, la plupart du temps ces temps-ci, hors glace.

C’est sûr que ça va être dur, mais j'essaie de pouvoir peut-être causer une surprise et d’arriver peut-être troisième (gardienne pour Équipe Canada), avoue la joueuse de 17 ans. Même si je suis coupée en dernier, je vais avoir montré que je suis là et que je veux faire les Jeux olympiques.

Parce que des sources de motivation, les jeunes sportifs en zone rouge, privés de saison, doivent en trouver de nouvelles. Dans le cas d’Ève Gascon, elle devait participer avec Équipe Canada au Championnat mondial U-18 en janvier prochain en Suède, mais le tournoi a été annulé. Elle se tourne donc vers le tournoi U-22 avec l’objectif de se faire inviter par l’équipe canadienne.

Son lien avec l’équipe nationale lui a quand même donné un avantage. Elle a eu accès au gymnase de l’Institut national du sport du Québec, situé au stade olympique, pour s’entraîner. Un luxe que plusieurs de ses coéquipiers des Patriotes n’ont pas.

Un vrai match, ça me manque vraiment

Ève Gascon ne se souvient plus exactement quand elle a disputé son dernier vrai match. La gardienne peut toutefois chausser ses patins, de 30 à 60 minutes par semaine. C'est loin des six heures d’entraînement sur glace d'avant la pandémie.

Comme le Cégep de Saint-Laurent a un aréna en ses murs, des entraînements individuels, donc avec un entraîneur et un joueur seulement, peuvent avoir lieu en respectant les consignes sanitaires, à coup de 30 minutes.

C’est sûr que c’est difficile, fait remarquer la jeune athlète. Mais dans ma position, c’est moins pire je trouve parce qu’habituellement, on n’a pas beaucoup de temps les gardiens avec juste les entraîneurs. C’est plate de ne pas avoir de match, mais faut trouver le positif et pas juste s’attarder au négatif. C’est le fun quand même qu’on puisse pratiquer de temps en temps.

L’équipe s’efforce d’encadrer ses joueurs avec des rencontres virtuelles, des présentations de nutritionnistes ou de préparateurs physiques, par exemple. Mais pour la chimie d’équipe, on repassera.

Questionnée si elle s'inquiétait de l’impact de cette année hors norme sur son avenir, Ève Gascon soupèse les pour et les contre.

C’est sûr que des fois, j’y pense. Je voulais avoir une bonne saison dès cette année avec le collégial, pour m’améliorer et prendre un step de plus, reconnaît la gardienne. C’est sûr que la COVID, ça fait tomber les plans. Mais j’essaie de m’améliorer physiquement, d’améliorer mon alimentation et mon sommeil. Il y a des avantages aussi. Je me suis concentrée sur moi, j’ai pu prendre un break du hockey, ce que je n’avais pas eu depuis deux ans. Mais là, ça commence à être long. Je ne pense pas prendre du retard parce que je pratique un peu. Il y en a qui ne pratiquent pas du tout.

Prochaine étape, le Minnesota

En septembre dernier, Ève Gascon s'est entendue avec l’Université du Minnesota pour se joindre autour de 2023 aux Bulldogs, équipe qui joue dans la première division de la NCAA.

Je voulais être dans une ville où le hockey, c’est important, dit-elle d’emblée pour expliquer son choix. Et l’équipe aussi, c’est une équipe forte. Je vais pouvoir m’améliorer. En général, c’est ma relation avec les coachs et la qualité du campus qui me fait pencher.

Ce sera la première fois de sa carrière qu’elle va jouer dans une ligue entièrement féminine.

Elle a l'habitude de briser des barrières.

Une gardienne en bleu se place pour effectuer un arrêt.

Ève Gascon

Photo : Twitter - Phénix du Collège Esther-Blondin

Première femme à jouer à temps plein dans la ligue midget AAA du Québec, avec le Phénix du Collège Esther-Blondin, et première femme dans la première division au collégial avec les Patriotes du Cégep de Saint-Laurent.

Elle dit comprendre l’attention médiatique qui vient avec le statut de pionnière.

Ça ne me dérange pas tant qu’ils (les médias) le mentionnent, souligne-t-elle. Ça permet de faire réaliser aux gens que ce n’est pas parce que tu es une fille et que tu évolues avec les gars que tu n’es pas de calibre. Je pense que ça peut ouvrir des portes aux plus jeunes, à celles qui vont tenter leur chance, autant au collégial qu’au bantam.

Il y a encore des filles qui se font couper dans des camps d’entraînement tout de suite, sans avoir eu la chance de se prouver parce que c’est une fille dans une équipe de gars. J’ai une amie qui s’est fait couper et elle n’avait même pas pu monter sur la glace...

Ève Gascon

Preuve que plusieurs barrières demeurent.

Après l’université, Ève Gascon n’a pas encore de plan. Il lui reste quand même sept années de hockey, remarque-t-elle.

Elle garde un œil sur la création d’une ligue professionnelle de hockey féminin. Projet qui semble au point mort, pour le moment.

Ce serait le fun qu’il y ait une ligue professionnelle pour que l’on puisse performer, faire notre travail là-dedans, dit-elle. Mais il reste beaucoup de travail à faire.

D’ici là, elle tente de rester organisée et de garder le fil dans une année complètement folle et, aussi, de rêver aux Jeux de 2022.

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