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Abus dans le sport : Québec crée un nouveau mécanisme pour les plaintes

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une athlète est exténuée après un entraînement

Le reportage de Robert Frosi

Photo : EvantoElements

Radio-Canada

Les athlètes québécois victimes d’abus ou de harcèlement pourront à l’avenir porter plainte auprès d'un organisme indépendant plutôt que de passer par leur fédération.

La ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, en a fait l’annonce vendredi.

Le Regroupement Loisir et Sport du Québec sera responsable de nommer et de gérer le nouvel officier indépendant qui entrera en poste le 1er février prochain.

Ce sera un changement important puisque, pour le moment, chaque fédération a son propre processus de gestion des plaintes avec tout le lot de disparités que cela comprend.

Avec cet officier, la ministre espère que les victimes se sentiront en confiance de porter plainte et que l’on va assurer l'équité et l’impartialité dans le traitement des plaintes.

Elle affirme que c'est une réponse directe aux histoires terribles qui ont été révélées au cours des dernières années, dont celle de l'ex-entraîneur de ski Bertrand Charest.

Les fédérations ont été consultées pour la création de ce nouveau poste et certaines reconnaissaient manquer de ressources pour bien traiter les dossiers d'abus.

L’officier aura le pouvoir d’exclure un abuseur présumé d’une communauté sportive et de proposer de la médiation entre les parties. Il pourra aussi convoquer en audience des personnes pour qu’elles témoignent devant un comité de professionnels et de gens du milieu. Il aura aussi comme mandat de faire des recommandations aux fédérations concernées.

Cette entité indépendante s’adresse à tous les sportifs du Québec. Toutefois, si une plainte émane d’un athlète qui relève d'une fédération nationale, l’officier n’aura pas les mêmes pouvoirs.

Sylvain Lalonde, président-directeur général du Regroupement Loisir et Sport du Québec, assure que toutes les plaintes seront traitées et que l'officier ne laissera pas tomber des athlètes et qu’il va interpeller l’instance nationale concernée.

Dans les cas où un acte criminel aurait été commis, l’officier aura l’obligation d’avertir la Direction de la protection de la jeunesse ou d’accompagner la victime dans un processus judiciaire.

Accompagner les victimes

Le but, c’est d’accompagner les victimes dans leur dénonciation, pour ne pas attendre des années qu’une situation néfaste se règle, souligne le président-directeur général du Regroupement Loisir et Sport du Québec.

Nous sommes aujourd’hui encore plus en mesure d’offrir un milieu sécuritaire, sain et éthique aux sportifs dans la pratique de leur sport organisé, s'est réjouie Julie Gosselin, présidente de Sports Québec. Et quand des situations d’abus auront lieu, le mécanisme en place est désormais plus adéquat et place les victimes au centre des préoccupations.

Toutes les fédérations devront ajouter sur leur plateforme Internet un lien vers un formulaire de plainte qui sera envoyé directement au bureau de l’officier.

Ce bureau des plaintes fait partie d’une nouvelle politique-cadre en matière de protection de l'intégrité de la personne. Des outils de formation et d’information seront aussi mis à la disposition de la communauté sportive.

La ministre se dit particulièrement fière de cette nouvelle politique.

Ma carrière sportive m’a beaucoup apporté. Et je souhaite que l’ensemble des personnes qui s’impliquent dans le sport puissent le faire dans un environnement sécuritaire afin que l’expérience soit positive.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l'Éducation

La ministre en a aussi profité pour annoncer qu’une somme de 1,4 million de dollars allait être répartie entre diverses initiatives, toujours pour assurer un environnement sécuritaire pour les athlètes.

Une chaire de recherche en sécurité et intégrité en milieu sportif voit le jour à l’Université Laval. Le but sera de documenter un peu mieux la violence en contexte sportif et d’évaluer les mesures de prévention mises en place.

Un soutien financier est aussi offert à Sport’Aide, un organisme qui offre des services d’accompagnement pour les athlètes victimes de harcèlement ou d’abus.

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