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Pas de doutes, mais des choses à prouver pour Hendrix Lapierre

Il patine.

Hendrix Lapierre sur la glace du Centre Georges-Vézina

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

Alexandre Gascon

Quand Hendrix Lapierre évoque une année que l’on n’oubliera pas, il s’en trouvera peu pour le contredire. La sienne, toutefois, sera plus mémorable que d’autres.

Et pas uniquement pour de bonnes raisons.

Le dernier chapitre à ce jour? Le jeune homme de 18 ans a passé les 14 derniers jours en quarantaine à Chicoutimi. Un membre du personnel des Saguenéens, son équipe junior, a été déclaré positif au vilain virus. Ses coéquipiers et lui ont donc dû s’isoler. Les premiers parce qu’ils s’apprêtaient à rejoindre l’environnement protégé de la LHJMQ à Québec, et Lapierre (et Dawson Mercer), en prévision de son séjour en Alberta au camp d’entraînement d’Équipe Canada junior.

Long et un peu frustrant de ne pas pouvoir aller sur la patinoire, a-t-il confié.

Le voilà maintenant arrivé à Red Deer, lieu de la centralisation pour ce camp exceptionnel d’un mois, mardi, vers 20 h, après s’être levé à 3 h dans la capitale québécoise le matin même.

Les traits un peu tirés, Lapierre s’est présenté devant les médias mercredi après un premier entraînement avec le groupe des rouges, très content d’être là, malgré une longue journée de voyagement hier.

Un début de camp d’entraînement, c’est toujours le fun, a-t-il rappelé.

Cette année, il ne sera pas qu’agréable, ce camp, mais unique également. Ils sont 46 à y être invités, comparativement à une trentaine en temps normal, dont 26 ont été repêchés au premier tour dans la LNH.

Il s’agit d’une concentration de talents canadiens inégalée dans l’histoire de ce tournoi prestigieux et un joueur de 18 ans, comme Lapierre, aussi talentueux soit-il, aura fort à faire pour se démarquer de la compétition.

On vous disait que l’année du Gatinois avait été inoubliable. Elle avait bien mal commencé par deux blessures diagnostiquées comme des commotions cérébrales qui se sont avérées être des problèmes cervicaux. Lapierre a disputé seulement 19 matchs et n’a jamais pu bâtir sur sa prestation de 11 points en 5 rencontres à la Coupe Hlinka-Gretzky à l’été 2019.

Il a donc glissé sur les listes d’évaluation de bien des recruteurs en raison de cette fragilité et de cette année de développement perdue, si bien que cet espoir que nombreux voyaient partir parmi les 10 premiers au dernier repêchage a attendu au 22e rang. Un mal pour un bien puisque les Capitals de Washington, menés par son idole Alex Ovechkin, en ont fait leur sélection et lui ont offert son premier contrat professionnel quelques jours plus tard.

Rocambolesque, disions-nous.

Cet automne, Lapierre a commencé en force dans le circuit Courteau avec 8 points en 5 matchs avant que le second souffle de la pandémie cloître à nouveau tout le monde chez soi. Un départ en lion, certes, mais un bien maigre échantillon pour les évaluateurs à se mettre sous la dent.

D’où l’importance de ce camp allongé.

Je n’ai jamais vraiment douté de ce que je pouvais faire. Je n’avais juste pas l’occasion de le prouver sur la patinoire. J’ai eu un gros début d’année pour me remettre dedans. J’ai travaillé très fort dans les derniers mois. Je suis content de pouvoir prouver que j’ai ma place dans cette équipe-là.

Hendrix Lapierre

Dynamique duo

Il l’aura, sa chance, si l’on se fie aux groupes concoctés par l’entraîneur-chef André Tourigny.

Le Québécois l’a placé dans le même groupe que Cole Perfetti, 10e choix en 2020, avec qui il avait fait la pluie et le beau temps au tournoi Hlinka-Gretzky il y a 15 mois. La tentation sera grande d’essayer de recréer cette chimie entre les deux joueurs, deux fabricants de jeu de qualité.

Cole est très intelligent. C’est relativement facile de jouer avec lui. Il a un bon sens du jeu et on est capables de se compléter. Si oui, on va essayer de faire ce qu’on avait fait au Hlinka, a laissé tomber le jeune homme.

Les deux sont réunis au sein d’un même trio. L’expérience durera-t-elle?

Aujourd’hui, ils sont ensemble, on verra demain. Le plan, c’est qu’ils soient ensemble en fin de semaine, mais on ne peut pas faire de garanties, a laissé tomber l’entraîneur, sibyllin.

Tourigny regorge d’options cette année. Il pourrait assembler quatre trios à caractère offensif s’il le voulait. D’ordinaire, il n’est pas chose aisée de se tailler une place avec ECJ, particulièrement à 18 ans. Ça n’aura jamais été aussi vrai qu’en 2020.

Il y a toujours des joueurs de talent présents, a fait valoir Lapierre. Quand tu arrives au mondial junior, que les joueurs de la LNH soient là ou pas, il y a toujours de très bons joueurs. J’ai hâte de voir comment je vais me mesurer, hâte de voir ce que ça va donner. Ça se mérite. J’ai aucun doute que si je travaille très fort, ça va bien aller. C’est le fun de pouvoir se mesurer à des joueurs qui ont joué dans la Ligue nationale comme (Kirby) Dach.

La polyvalence risque d’être un atout déterminant et, à ce chapitre, Lapierre croit être en bonne posture.

Je peux jouer à l’aile sur un premier trio comme au centre du quatrième. Je vais essayer de montrer ça, a-t-il souligné.

André Tourigny a l’habitude de dresser une liste de valeurs auxquelles il tient particulièrement et souhaite voir ses protégés y adhérer sans arrière-pensée. C’était sa philosophie avec les Huskies de Rouyn-Noranda, avec les 67 d’Ottawa et ce l’est encore avec la sélection nationale.

L’entraîneur a donc sollicité le concours de ses joueurs avant les premiers entraînements.

On leur a demandé : "Qu’est-ce qui fait une équipe gagnante? Quelles sont les valeurs dont on a besoin?"

L’humilité est très importante. Il faut être capable de se sacrifier pour l’équipe. Il y a différentes façons de le voir. Sur la glace, tu peux bloquer des lancers, mais tu peux te sacrifier dans un rôle aussi.

André Tourigny, entraîneur-chef d'Équipe Canada junior

Des gars de premier trio dans leur équipe junior vont jouer sur le quatrième. De futurs joueurs de la Ligue nationale vont être sur le quatrième trio ou même dans les estrades. Ça prend des gars qui veulent gagner la médaille d’or. C’est ça le but, a renchéri le patron.

À ce sujet…

Je hais perdre, s’est exclamé Hendrix Lapierre. Je ne me laisserai pas abattre ou piler sur les pieds. Je veux montrer que je suis prêt à faire n’importe quoi pour gagner et c’est ça qui va faire la différence. Ce n’est pas nécessairement le talent, parce que tout le monde en a.

Du talent ET du caractère? Ça a toujours été une combinaison dangereuse.

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