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Panaméricains de judo : des Canadiens sur le chemin de Tokyo

La judoka ajuste son judogi blanc.

Catherine Beauchemin-Pinard

Photo : La Presse canadienne / Markus Schreiber

Jean-François Chabot

Après les succès remportés à Budapest, une nouvelle sélection de neuf Canadiens participera aux Championnats panaméricains de judo à Guadalajara, au Mexique, vendredi et samedi.

Pour la plupart, il s’agit d’une première occasion de renouer avec la compétition. Tous ont souffert de la longue période d’inactivité imposée par la pandémie de COVID-19. Pour plusieurs, le moment est venu de relancer la machine.

Pour d’autres, comme Catherine Beauchemin-Pinard, c’est une chance d’y défendre un titre et de consolider une place en vue des Jeux olympiques de Tokyo, en juillet prochain.

Classée 9e sur la scène mondiale, Beauchemin-Pinard a pris le 5e rang au grand chelem de Budapest, au terme d’une compétition qu’elle aurait voulu aborder autrement.

Je trouvais que mes attentes n’étaient pas assez spécifiques. C’était correct pour cette compétition-là parce que c’était ma compétition de retour. Je ne savais pas trop où j’étais par rapport aux autres. J’étais un peu déçue de ne pas embarquer sur le podium.

Catherine Beauchemin-Pinard, judoka, équipe nationale du Canada

Au Mexique, elle ne vise rien de moins que la victoire. D’abord parce qu’elle veut montrer à tout le monde qu’elle peut défendre son titre. Plus important encore, en l’emportant, elle assurerait presque sa place dans le tableau des 63 kg à Tokyo.

Quand on gagne aux Panams, c’est quand même beaucoup de points. C’est 700 points. Ça peut m’assurer de rester dans le top 8. Il n’y a pas vraiment d’autres Canadiens qui se battent dans ma catégorie. Aux Jeux olympiques, il y a des places de têtes de série pour les huit premiers (du monde). En gagnant au Mexique, c’est sûr que je vais rester dans le top 8 (jusqu’aux JO), a expliqué la jeune femme de 26 ans qui a profité de la pandémie pour relancer un projet de livre de recettes.

Au-delà du résultat, Beauchemin-Pinard veut améliorer certains aspects tactiques et techniques.

J’aimerais vraiment m’imposer dans mes combats et donner mon rythme. Le fait que mon cardio est vraiment bon, je veux pousser de ce côté-là. Mentalement, je veux être capable de le faire jusqu’à la fin du combat, a-t-elle soutenu, tout en rappelant que c’est ce qui lui avait fait défaut lors de sa demi-finale en Hongrie.

Objectifs multiples

De son côté, le Jonquiérois Antoine Bouchard veut évaluer son niveau de performance, et le faire en ayant en tête son objectif olympique, sa lutte interne avec son coéquipier Arthur Margelidon, 3e mondial des 73 kg, et sa condition physique après une opération à une épaule et l'arrêt prolongé par la pandémie.

Lui-même 33e au classement de la Fédération internationale de judo (IJF), Bouchard s’est envolé à destination du Mexique en quête de réponses.

En entrevue à Radio-Canada Sports, il s’est dit encouragé par les résultats obtenus par les membres de l’équipe nationale à Budapest le mois dernier.

Rappelons que quatre des cinq judokas canadiens y ont récolté une médaille avec l’or pour Jessica Klimkait (57 kg), l’argent pour Antoine Valois-Fortier (81 kg) et le bronze pour Margelidon (73 kg) et Shady El Nahas (100 kg).

Je pense qu’on a probablement été un des pays qui a le mieux performé avec le nombre de compétiteurs qu’on avait. C’est encourageant, non seulement pour moi, mais aussi pour tout le reste de l’équipe qui a suivi une préparation similaire.

Antoine Bouchard, judoka, équipe nationale du Canada
Il lève les bras en triomphe.

Antoine Bouchard

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Tout comme Catherine Beauchemin-Pinard, Antoine Bouchard a un objectif clair pour ces Championnats panaméricains. Il veut en ramener une médaille.

Il espère encore grimper au classement mondial, même si cela devait forcer la tenue d’un combat éliminatoire contre Margelidon parce qu’aux Jeux olympiques, un pays ne peut avoir qu’un seul inscrit par catégorie de poids.

Jusqu’à ce qu’Arthur parte en compétition à Budapest, on a été dans la même bulle pendant plus d’un mois. On se battait ensemble deux à trois fois par jour. Le meilleur va se rendre aux Jeux, ça, c’est certain. Celui qui va se rendre aux Jeux, on va tout faire pour qu’il fasse une médaille, a dit Bouchard.

Guadalajara constitue une étape cruciale puisque Margelidon n’y sera pas. Malgré les embûches sanitaires, Bouchard a l'impression de s’y présenter dans une condition physique optimale.

On peut voir la compétition de deux points de vue. On va utiliser (ce tournoi) pour reprendre un peu les sensations, pour se remettre dans le bain. De l’autre point de vue, mon esprit de compétiteur veut gagner, veut aller chercher au minimum une médaille, a-t-il confié.

La route vers Tokyo est encore longue. Les Canadiens, comme les autres athlètes de la planète judo, font encore face à l’incertitude quant à leur emploi du temps et aux étapes qu’ils devront franchir pour obtenir leur billet olympique.

On va se préparer du mieux qu’on peut avec toutes les ressources qu’on a pour être prêts à chaque tournoi. On va prendre ça au jour le jour, parce qu’on n’a aucune idée ce à quoi ressemblera l’horaire de compétitions de l’IJF l’année prochaine.

Il faut savoir que l’IJF dévoile son calendrier seulement deux semaines à l’avance. Avec l’exigence imposée par la santé publique canadienne pour confinement obligatoire de 14 jours quand on rentre de l’étranger, il est clair que nos judokas ne pourront s’inscrire à toutes les compétitions.

Cette fois, ils étaient neuf à quitter le pays. Les autres athlètes qui ont accompagné le directeur général haute performance Nicolas Gill au Mexique sont Ecaterina Guica (52 kg), Zachary Burt (90 kg), Marc Deschênes (+100 kg), Constantin Gabun (73 kg), Mohab El Nahas (90 kg) et Kyle Reyes (-100 kg).

(Avec les informations d'Olivier Pellerin)

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