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À quoi s'attendre de Bev Priestman à la barre de l'équipe canadienne?

Une femme sur un terrain de soccer pointe le ciel d'une main et des ballons au sol de l'autre.

Bev Priestman, nouvelle sélectionneuse de l'équipe canadienne de soccer féminin

Photo : Getty Images / Laurence Griffiths

Olivier Tremblay

« Changer la couleur de la médaille. » C’est le leitmotiv de Bev Priestman depuis que Canada Soccer a annoncé son embauche à titre d’entraîneuse-chef de l’équipe nationale féminine.

Après deux médailles de bronze en 2012 et en 2016, la sélection canadienne vise plus haut à sa prochaine compétition majeure, le tournoi olympique de Tokyo prévu en 2021.

Avec la pandémie, l’équipe n’a rien fait ensemble depuis sa 3e place au Tournoi de France, en mars dernier. Elle ne se réunira pas avant 2021 non plus. C’est donc à distance que Priestman poursuivra la préparation du Canada pour les Jeux. Et d’après ce que deux joueuses qui l’ont connue ont raconté à Radio-Canada Sports, c’est l’occasion pour la nouvelle sélectionneuse de mettre à profit l’une de ses forces : les discussions en individuel avec les athlètes.

Julianne Vallerand a participé à de nombreux camps de l’équipe U-17 canadienne lorsque Priestman la dirigeait. Elles ont gagné le bronze au Championnat U-17 de la CONCACAF en 2018, juste avant que l’entraîneuse devienne l’adjointe de Phil Neville à la tête de l’équipe nationale féminine anglaise.

L'athlète de 19 ans a été marquée par le franc-parler de Priestman à un moment charnière de sa jeune carrière, lorsqu’elle devait se familiariser avec un aspect totalement nouveau du jeu (on y reviendra).

Des fois, les entraîneurs ne veulent pas trop être honnêtes avec toi, juste pour ne pas te blesser, souligne Vallerand, qui vient de terminer sa deuxième saison à l’Université West Virginia. Mais elle te rencontre en personne, seule à seule, et elle te dit ce que tu dois améliorer. C’était une des premières fois que j’avais entendu ça, et ça m’avait changée en tant que joueuse.

Bev Priestman amorçait à peine son parcours au sein du programme canadien lorsque Bianca St-Georges l’a rencontrée, à l’été 2013. Elles ont travaillé ensemble jusqu’à la Coupe du monde U-17 de 2014. Désormais arrière droite des Red Stars de Chicago, St-Georges demeure impressionnée par le professionnalisme de Priestman.

C’était une entraîneuse optimiste, qui croyait vraiment en son équipe, indique-t-elle. Ça sonne un peu quétaine, mais elle souriait beaucoup. Elle avait un bon charisme, et je trouvais ça super important, parce que je réagis mieux à une entraîneuse qui a du charisme et qui croit en moi qu’à quelqu’un qui me dit que je suis poche et qui va essayer de me rendre fâchée. Elle veut que tu croies en toi. Alors, elle va croire en toi.

Bev ne se croit pas tout permis. Elle ne se pense pas meilleure que toi. Elle veut avoir de bonnes relations entraîneuse-joueuse.

Une citation de :Bianca St-Georges

Revenons donc à Julianne Vallerand et à l’influence de Priestman sur son jeu. La Québécoise évoque une rencontre individuelle où son entraîneuse avait été d’une brutale honnêteté. On dirait que tu es paresseuse sur le terrain, lui avait-elle dit. C’est que Priestman avait alors demandé à sa jeune attaquante de jouer au poste d’arrière latérale, et elle était hésitante à se projeter vers l’avant. Tétanisée par la crainte d’en faire trop, elle ne faisait plus rien.

Elle me disait : "Qu’est-ce que tu fais? Vas-y! Tout le monde sait ce dont tu es capable. Aie confiance et vas-y!" […] Ça m’avait tellement ouvert les yeux, reconnaît Vallerand, qui raconte une histoire semblable à celle de Bianca St-Georges. Cette dernière, attaquante au départ, est aussi devenue défenseuse latérale, et même défenseuse centrale.

Pour Vallerand, c’est le signe d’une entraîneuse de vision, qui voit en certaines joueuses des qualités qu’elles-mêmes ne soupçonnent pas et qui, en prime, est capable de bien communiquer ce qui leur est nécessaire pour réussir cette transition.

Je n’avais jamais pensé jouer en défense, admet-elle. Pour moi, attaquer me donne beaucoup plus de plaisir. Mais elle a rendu la position de défenseuse latérale plus agréable. "Tu défends, mais la plupart du temps, tu vas aussi à l’attaque. Tu avances, tu as le ballon, et tu as tout l’espace devant toi." C’est presque plus simple qu’être attaquante, parce que tu es face au but déjà quand tu reçois le ballon, et tu peux créer. Je ne l’avais pas vu comme ça.

Je ne savais pas trop quoi faire, mais elle nous donnait toutes les instructions, quoi faire exactement.

Une citation de :Julianne Vallerand

S’il est important pour les athlètes de toujours s’améliorer, Bev Priestman n’a toutefois pas accepté une mission de formation. Elle a accepté une mission de résultats.

À cet égard, les joueuses consultées n’ont aucune difficulté à croire aux chances du Canada avec elle, qui devra recueillir de meilleurs résultats contre les nations de l’élite, celles qu’il faut battre pour changer la couleur de la médaille.

Ils regardent l'entraînement.

Bev Priestman a été l'adjointe de Phil Neville à la tête de l'équipe anglaise de soccer féminin.

Photo : Getty Images / Alex Grimm

Julianne Vallerand se souvient de l’importance qu’accordait Priestman à la structure défensive de son équipe. Elle souhaite également que la Britannique ramène de son séjour avec l’équipe nationale anglaise quelques touches différentes qui aideront la sélection canadienne sur le plan offensif, à défaut d’avoir pu mettre une Ellen White dans ses valises.

Au-delà des considérations techniques, Bianca St-Georges raconte qu’à son époque dans l’équipe U-17, Priestman répétait une maxime populaire dans le sport britannique : fire in the belly, ice in the mind. L’importance de rester calme dans la tête, mais d’avoir la compétition dans les tripes.

Comment mettre le feu dans notre ventre qui va nous faire croire en nous? Souvent, le Canada, on sait qu’on est les négligées, et on sait qu’on est talentueuses, mais on sait que les autres équipes sont peut-être techniquement meilleures que nous, avance St-Georges. On n’est pas sûres de nous-mêmes, et je crois qu’elle va apporter cette confiance, cette volonté de jouer de manière acharnée, pour la victoire. C’est quelque chose qui ne se dit pas. C’est viscéral.

Elle a vraiment fait ses devoirs, et elle mérite d’être là en ce moment.

Une citation de :Bianca St-Georges

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