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Catriona Le May Doan, chef de mission du Canada aux Jeux de Pékin en 2022

Elle sourit à pleines dents.

Catriona Le May Doan

Photo : La Presse canadienne

Marie-José Turcotte

Catriona Le May Doan sera la chef de mission du Canada pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin en 2022.

Elle est l'une des plus grandes sportives de notre pays. Ancienne spécialiste du 500 m en patinage de vitesse sur longue piste, elle est championne olympique de cette épreuve en 1998 et en 2002 et a décroché cinq titres mondiaux.

Être celle qui sera le visage de la délégation canadienne en Chine à l'hiver 2022 la remplit d'enthousiasme.

Quand j'ai reçu l'appel il y a quelques semaines, j’ai fondu en larmes parce que c'était vraiment quelque chose que je voulais faire, raconte-t-elle.

J'ai eu l'expérience aux Olympiques comme athlète et aussi dans les médias. Et puis, en 2018, je faisais partie de l'équipe canadienne comme mentor pour les athlètes et j'ai décidé là, en regardant Isabelle Charest, qui était la chef d'équipe, que c'était vraiment quelque chose que je voulais faire.

Être chef de mission, ce n’est pas un poste banal. Ça prend énormément d’expérience, de disponibilité et de leadership. À compter de maintenant, Catriona Le May Doan sera l’image du Comité olympique canadien (COC), elle sera au coeur des préparatifs et des Jeux, bien sûr.

Je veux partager mes expériences, dit-elle. Pour moi, c'est redonner aux athlètes. En tant qu'athlète, j’ai fait quatre Olympiques. Je connais le sentiment d'arriver aux Olympiques avec la pression que l’on se met sur soi-même. Je pense que ça peut aider les athlètes à Pékin.

Oui, la pression, elle connaît. Avant les Jeux de Salt Lake City, par exemple, toute l’attention était sur elle. Elle pouvait devenir la première Canadienne de l’histoire, homme ou femme, à conserver son titre olympique dans une épreuve individuelle. Elle avait gagné le 500 m en 1998 à Nagano. Et quatre ans plus tard, malgré les attentes, les distractions, elle a réussi à s’imposer une deuxième fois de suite.

D’ailleurs, les Jeux de Salt Lake City lui ont aussi fait vivre une autre expérience qui lui sera fort utile en prévision des JO de 2022.

Nous vivons une pandémie, c’est loin d'être la situation idéale pour se préparer en vue d’une grande compétition internationale. La majorité des Coupes du monde qui devaient se ternir en Amérique du Nord ont été annulées, les possibilités d'entraînement diffèrent selon les pays, ce n’est donc pas équitable. Quelle expérience Catriona Le May Doan peut-elle partager avec nos athlètes pour les encourager?

Je pense aux Olympiques de 2002 parce que cinq mois avant, c'était le 11 septembre. Et puis après cela, on ne savait pas si les Olympiques auraient lieu à Salt Lake City. Alors on a dû ajuster nos buts, nos objectifs. Mais on a continué à se préparer. En ce moment, ils peuvent faire la préparation mentale, physique et ça continue. J'encourage les athlètes. Je veux seulement qu’ils pensent à leur préparation et à ce qu'ils peuvent faire en ce moment.

Catriona Le May Doan, chef de mission du Canada aux Jeux de Pékin

Des événements sociaux ou politiques vont toujours interférer avec la présentation des Jeux. Avant ceux de 2002, c’était un attentat terroriste. Avant ceux de 2022, ce seront les relations entre le Canada et la Chine. De l’arrestation en décembre 2018 de la directrice financière de Huawei, à la situation des Ouïgours et à Hong Kong, les tensions entre les deux pays ne font qu’augmenter. En tant que représentante de l’équipe canadienne olympique, quelle est la position de Catriona Le May Doan?

Le gouvernement, le comité olympique, ils ont beaucoup de discussions avec la Chine. Ils font les préparations, c'est la sécurité et la santé des athlètes qui est la priorité pour tout le monde. Mais pour moi, c'est d'aider les athlètes. Ils ont 15 mois pour se préparer à être les meilleurs possible quand ils vont entrer à la cérémonie d'ouverture en février 2022. Pour moi, mon rôle c'est d'être avec les athlètes.

Catriona Le May Doan pourra certainement les inspirer avec son expérience de sportive et de championne. Les hauts, les bas, elle les a vécus. Mais à 49 ans, elle a aussi son bagage de femme, ses convictions, ses valeurs. La personne qui selon elle a eu le plus d’influence sur sa vie, c’est Terry Fox.

Ce qu’il a fait, ce n'était pas pour lui, mais pour les autres, dit-elle. C'est quelque chose qui m'inspire encore parce qu’on ne sait pas c'est quand notre dernière journée dans ce monde. Alors si l’on peut aider les autres, si l’on peut faire quelque chose qui améliore la vie de quelqu'un, alors ça, c'est le travail que je dois faire. J'espère que je montre à mes enfants qu’il faut travailler fort, qu’on peut célébrer quand on réussit, mais on doit aussi aider les autres. Pas pour être le meilleur, mais pour être le meilleur de nous-mêmes.

Comme athlète olympique, Catriona Le May Doan a laissé sa marque. Comme chef de mission, comment voit-elle son impact?

Tout le monde parle des records, des médailles, nous avons battu un record à Pyeongchang en 2018. Eh oui, on veut encore battre ce record de médailles. Mais nous sortons d'une pandémie, j'aimerais que notre équipe soit un exemple, que le sport doive faire partie de nos vies. Que ce soit le sport communautaire, le sport olympique, le sport doit faire partie de la solution, de nos engagements envers tout le monde. J’aimerais que comme équipe, nous montrions pendant les Jeux la force, la puissance du sport.

Catriona Le May Doan

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