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Cindy Ouellet en vedette d’une BD pour combattre l’intimidation

Une page de la bande dessinée

Sport'Aide lance une bande dessinée sur Cindy Ouellette contre l'intimidation.

Photo : Radio-Canada

Les aventures de Cindy, une bande dessinée que lance l’organisme Sport'Aide, raconte la courageuse histoire de l’athlète paralympique Cindy Ouellet, victime d’intimidation dans sa jeunesse qui n’a pas eu peur de dénoncer ce qu’elle subissait et d’aller chercher de l’aide. Le message est fort.

Avant de participer à quatre Jeux paralympiques, trois en basketball en fauteuil roulant et un en ski de fond, l’athlète de Rivière-du-Loup a connu un parcours difficile. À l’âge de 12 ans, elle a reçu un diagnostic qui a changé sa vie. Atteinte d’un cancer des os agressif, on lui a amputé le bassin. Durant des mois, elle a combattu la maladie avec plus de 20 traitements de chimiothérapie.

De retour à l’école, elle a aussi affronté les préjugés, la dépression et, surtout, l’intimidation.

En parcourant chacune des pages de la bande dessinée, on découvre l’univers d’une athlète en devenir, mais aussi du chemin sinueux qu’elle a dû emprunter pour se rendre au plus haut niveau. On parle de l’intimidation entre les jeunes, de l’inaction de certains et de l’univers toxique qui peut exister dans le monde du sport.

Sport’Aide, un organisme à but non lucratif dédié au bien-être des athlètes québécois, lance cet outil de réflexion pour amener des jeunes à débattre du problème, mais aussi pour permettre à certaines langues de se délier, surtout quand on sait que 85 % des cas d’intimidation se déroulent devant témoins.

J’ai grandi en lisant des bandes dessinées, mais c’est drôle de se voir maintenant en superhéroïne. C’est surtout pour une bonne cause, dit Cindy Ouellet le sourire aux lèvres.

Nous, les athlètes de haut niveau, on nous voit toujours comme des superhéros, mais on vit des hauts et des bas et c’est aussi important de parler des bas que j’ai eus et comment j’ai réussi à les surmonter. J’ai eu de l’aide, je suis allé chercher de l’aide, de ma famille ou des organismes comme Sport’Aide.

C’est important, car on dit souvent qu’aller chercher de l’aide, c’est pour les faibles. Mais en fait, ceux qui vont chercher de l’aide sont pour moi les personnes plus fortes.

Cindy Ouellet, athlète paralympique

« Les jeunes bottaient mes béquilles pour que je tombe par terre »

Dans Les aventures de Cindy, on découvre comment l’héroïne surmonte sa maladie à coups de traitements répétés de chimiothérapie, comment son physique change et comment elle va aussi devenir l’objet d’intimidation.

Débuter le secondaire, c’est toujours une étape importante dans la vie d’un enfant, raconte Cindy Ouellet. Moi, je suis rentrée en secondaire 2, je n’avais pas de cheveux, je finissais ma chimio. C’est sûr, les enfants riaient de moi. En plus, j’étais en béquilles à ce moment-là, je n’avais pas encore de fauteuil roulant. Les jeunes bottaient mes béquilles pour que je tombe par terre. C’est sûr que ç’a été des moments difficiles, car je ne comprenais pas pourquoi.

J’ai déjà eu le cancer, alors pourquoi, en plus, se faire intimider après être passée au travers de tout cela? Ç’a été des étapes difficiles de ma vie, mais je pense que cela m’a rendue plus forte.

Cindy Ouellet

L’intimidation ne s’est pas arrêtée là. Elle a dû faire face aux préjugés des garçons qui pensaient que les filles n’avaient pas leur place dans le monde du sport. Une autre différence avec laquelle elle a dû apprendre à vivre, c’est l’homosexualité.

Moi, je suis gaie et cela fait depuis que j’ai 15 ans que ma famille le sait, que tous mes amis le savent, dit-elle. Ça aussi, c’est une autre différence avec laquelle j’ai dû apprendre à vivre. Je me suis fait écœurer, mais je sais que c’est une problématique dans nos écoles, dans le milieu sportif. C’est encore très tabou, même encore aujourd’hui.

Elle tente de réussir un panier.

Cindy Ouellet a participé quatre fois aux Jeux paralympique, dont trois fois en basketball.

Photo : Reuters / Ueslei Marcelino

Une athlète inspirante

C’est lors d’une conférence que donnait Cindy Ouellet que le directeur général de Sport’Aide, Sylvain Croteau, a décidé d’en faire une superhéroïne de bande dessinée.

Dans tout ce que l’on fait pour prévenir et contrer la violence et l’intimidation dans le milieu sportif, on ne peut pas s’adresser à un seul groupe d’individus pour changer les choses, soutient-il. On pense qu’il faut faire de l’éducation avec tout le monde. Ça inclut les tout-petits, les grands-parents, les parents, les entraîneurs, les administrateurs. Avec cette BD, on voulait susciter une discussion avec les jeunes. En plus, on sait très bien que la lecture encourage la relation parents-enfants.

Et dans cette BD, on retrouve des pistes de solutions. En plus, Cindy est un modèle inspirant pour aussi encourager les filles à ne pas décrocher du sport. De raconter une histoire sportive dans un livre, c’est une façon d’attirer les jeunes garçons qui ne sont pas toujours attirés par la lecture. Une athlète comme Cindy va avoir un impact auprès des jeunes que je n’aurais jamais.

Sylvain Croteau, directeur général de Sport'Aide

Les aventures de Cindy est disponible sur le site Internet de Sport'Aide au coût de 15 $. Sylvain Croteau veut offrir le livre à prix modique à tous les clubs sportifs qui voudront l’acheter pour s’en servir comme moyen de financement dans leur communauté.

Il veut qu’il entre dans les maisons, mais que les jeunes qui le vendront deviennent à leur tour des relayeurs, des ambassadeurs dans un mouvement sportif sain et sécuritaire. Le directeur général de Sport’Aide trouve que ce serait une bonne idée si le ministère de l’Éducation achetait Les aventures de Cindy pour distribuer l'oeuvre dans toutes les écoles du Québec.

Les Jeux de Tokyo et de Pékin en ligne de mire

En plus de faire la promotion du livre et de donner des conférences, Cindy Ouellet termine son doctorat en génie biomédical. Elle s’entraîne aussi en prévision des Jeux paralympiques de Tokyo en basketball en fauteuil roulant et pour ceux de Pékin en ski de fond.

Le report des Jeux (de Tokyo) a un peu tout retardé cette année, mais je m’entraîne pour vraiment aller à Tokyo l’an prochain. Je vais réfléchir après Tokyo pour voir si je continue pour le ski de fond aux Jeux de Pékin ou ma carrière académique, dit-elle.

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