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L'entreprise québécoise Premier Tech devient commanditaire principal d'Astana

Gros plan d'un coureur de dos, avec son maillot turquoise

Hugo Houle est membre d'Astana depuis 2018.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Michel Chabot

La multinationale Premier Tech a accru son rôle au sein de l’équipe cycliste Astana et s’affichera comme commanditaire principal de la formation canado-kazakhe en 2021.

La formation deviendra donc officiellement Astana-Premier Tech, ce qui offrira une plus grande vitrine publicitaire dans les quelque 27 pays où la compagnie québécoise fait des affaires.

L'entreprise dont le siège social est à Rivière-du-Loup était associée à Astana depuis quatre ans.

Nous avons commencé comme commanditaire avec Astana dans le cadre d’une alliance avec les vélos Argon 18 de Gervais Rioux, en 2017, en 2018 et en 2019, explique Jean Bélanger, président et chef de la direction de Premier Tech depuis 21 ans. Malheureusement, l’année dernière, Argon 18 n’a pu continuer le programme et nous, nous sommes montés en puissance avec une visibilité beaucoup plus importante sur le maillot. Et cette entente renouvelée prévoyait qu’on devienne Astana-Premier Tech à compter de la saison 2021. Ça s’est finalisé dans la dernière semaine.

Un gros P blanc est peint sur une des façades.

Le siège social de Premier Tech à Rivière-du-Loup

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Premier Tech existe depuis 1923 et a été acquise par la famille Bélanger en 1978. L'entreprise se spécialise notamment dans les produits d'horticulture et les sels déglaçants, mais aussi dans le traitement des eaux et dans l’emballage. Elle emploie 4600 personnes, dont environ 1000 au Québec. Ses revenus se chiffraient à 925 millions de dollars l'an dernier.

Les autorités kazakhes souhaitaient diminuer leur investissement dans l’équipe Astana, éprouvée par des problèmes financiers au cours des dernières années. Une nouvelle source de financement devenait donc nécessaire. Mais il est impossible de chiffrer l’entente, M. Bélanger se contentant de parler d’un investissement de plusieurs centaines de milliers de dollars et d’une belle chimie entre la direction de l’équipe Astana et notre entreprise.

Steve Bauer et les Canadiens

Premier Tech ne s’impliquera pas dans la gestion quotidienne de l’équipe, mais elle souhaite que plus de cyclistes canadiens fassent partie de la formation qui existe depuis 15 ans.

Il y a deux ans, on avait demandé un coureur canadien, ce qui avait amené Hugo Houle avec nous. C’est important pour nous, nous en sommes très heureux. Et de plus en plus, nous voulons que la place soit faite à une relève québécoise et canadienne.

Jean Bélanger, président et chef de la direction de Premier Tech

Dans le même ordre d’idée, Astana-Premier Tech a annoncé que Steve Bauer avait été nommé directeur sportif de la formation qui existe depuis 15 ans. Bauer occupait depuis cette année les mêmes fonctions avec l’équipe CCC, maintenant dissoute, faute de partenaires financiers. Il détient un pacte d’un an avec son nouvel employeur.

J’ai approché quelques équipes pour un nouveau rôle potentiel et j’ai parlé avec Hugo Houle au Tour de France et il a dit : "Il y a peut-être une chance chez nous, on ne sait pas encore, mais on verra", a raconté Bauer. Et dans ce temps-là, je ne savais pas encore que Premier Tech allait augmenter sa contribution dans l’équipe. Ç’a commencé comme ça et aujourd’hui nous sommes ensemble.

L'ancien cycliste sourit à la caméra.

Steve Bauer

Photo : The Canadian Press / CHRIS YOUNG

Hugo Houle, membre d’Astana depuis 2018, est sous contrat pour encore deux autres saisons avec cette équipe. Cette année, l’athlète de Sainte-Perpétue a notamment servi de lieutenant au Colombien Miguel Angel Lopez au Tour de France. Des rumeurs envoient cependant Lopez avec Movistar en 2021.

Peu importe, Bauer est très enthousiaste de se retrouver à la tête d’une aussi bonne formation.

Il y a beaucoup de grimpeurs dans l’équipe, il y a des jeunes très forts, comme (Aleksandr) Vlasov, qui a été très bon à la Vuelta, son premier grand tour. J’ai déjà étudié l’équipe un peu quand même. Tout le monde connaît Jakob Fuglsang pour ses exploits dans les classiques et les grands tours. C’est une équipe complète, je suis content de me joindre à elle et de voir comment elle va évoluer.

Steve Bauer, directeur sportif d'Astana-Premier Tech

Programme jeunesse

Cette nouvelle est assurément très positive pour le cyclisme canadien. Passionné de vélo de route depuis une trentaine d’années, Jean Bélanger désire faire place à la relève du pays. Toutefois, le concept n’est pas très avancé, admet-il.

Ça fait partie de notre vision à long terme du sport qu’est le vélo, poursuit-il. Nous avons demandé au Kazakhstan, propriétaire de l’équipe, ce qu’il y a chez eux, et finalement c’est développé, mais pas autant qu’on aurait pu l’imaginer. On voit ce qu’il y a ici et on voit qu’il a place à plus de structure, à créer un conduit plus fluide pour nos jeunes et les amener à l’étape U-23, à l’étape Pro Continental et éventuellement au niveau WorldTour.

L'homme sourit pendant une entrevue.

Jean Bélanger, président et chef de la direction de Premier Tech

Photo : Radio-Canada

On voit de plus en plus les jeunes qui commencent tôt leur carrière dans le WorldTour, et ils sont déjà costauds et compétitifs, soutient Steve Bauer. C’est une nouvelle voie et toutes les équipes pensent à ça. Celles qui n’amènent pas de jeunes dans leur formation auront un manque dans le futur. C’est important de développer les jeunes.

Il pourrait y avoir une féroce compétition pour les cyclistes canadiens au sein même du WorldTour. Israel Start-Up Nation, du Montréalais Sylvan Adams, en compte quatre avec Michael Woods, James Piccoli, Alexander Cataford et Guillaume Boivin.

C’est vraiment stimulant et intéressant de voir qu’au plus haut niveau, on a deux filières canadiennes qui se mettent en place, estime M. Bélanger. C’est une saine compétition. Plus il y aura d’entreprises canadiennes qui s’impliqueront dans ce sport-là, plus ça va attirer la relève, autant chez ceux qui veulent investir que pour les athlètes. Ça ne peut être que bon pour nos jeunes qui rêvent d’accéder au plus haut niveau.

Premier Tech pourrait-elle devenir actionnaire de l’équipe éventuellement? Le grand patron ne l’exclut pas.

Selon l’évolution des choses, nous regarderons si ça devient une occasion intéressante pour servir de canal pour la relève sportive des Canadiens et des Québécois.

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