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Miha Fontaine fait ses classes, un saut à la fois

Il sourit.

Miha Fontaine

Photo : Nicolas Fontaine

Michel Chabot

Miha Fontaine est fébrile à l’aube de sa première expérience en sol européen. Le Québécois de 16 ans quitte le pays samedi à destination de la Finlande, où se dérouleront les 4 et 6 décembre les premières Coupes du monde de sauts en ski acrobatique.

L’équipe du Québec, dirigée par son père Nicolas, quadruple champion de la Coupe du monde, profitera donc d’une période de trois semaines de préparation.

En Finlande, c’est le plus gros camp d’entraînement, dit Miha Fontaine. Toutes les équipes de partout dans le monde seront là, alors j’ai hâte de voir ça.

Sa toute première Coupe du monde, en février dernier, à Deer Valley, lui a donné confiance. Il a conclu la compétition en 13e place, tout près d’une qualification en finale.

C’était la première fois que j’essayais mon double périlleux avec quadruple vrille et d’avoir bien atterri devant toute la foule. Ça m’a donné une charge d’énergie pour les compétitions qui ont suivi.

Miha Fontaine

Fort de ce baptême du feu, l’athlète de Québec a conclu sa saison avec quatre victoires de suite en Coupe Nor-Am.

Les sauts que Miha a faits l’année passée, il en a maximisé le pointage, précise son père. Il était proche de la perfection, à 16 ans, avec un double périlleux arrière et une quadruple vrille. Depuis quelques années, il est le leader du programme. Mais là, les autres jeunes sont capables de faire les mêmes sauts que Miha.

Ils s'échangent un regard complice.

L'ex-champion de ski acrobatique Nicolas Fontaine et son fils Miha

Photo : Radio-Canada

Ils peuvent exécuter des doubles périlleux arrières avec quadruple vrille, des sauts que je n’ai jamais faits sur neige. Et maintenant, les jeunes peuvent les faire relativement facilement. Ces sauts-là, normalement aux mondiaux juniors, un ou deux jeunes les réussissaient. Et dans notre équipe, cet hiver, je pense que nous en aurons quatre ou cinq capables de les réussir.

Nicolas Fontaine, entraîneur de l'équipe du Québec

Routine estivale

Après quelques semaines de repos, Miha Fontaine est retourné à l’entraînement, en dépit de la pandémie.

La COVID-19 n’a pas ralenti ma progression, dit celui qui fait partie de l'équipe de développement du Canada (Next Gen). On a continué tous les jours à faire nos sauts sur la rampe d'eau et de la musculation. Donc, c’est presque comme une année normale pour notre entraînement. Je suis au sommet de ma forme et j’ai hâte d’aller essayer mes sauts sur la neige.

On a essayé de consolider les doubles périlleux avec quadruple vrille et aussi on a commencé des triples sauts, avec deux et trois vrilles pendant tout le mois d’août. Et après les triples, les doubles deviennent plus faciles à faire, tu as moins besoin d’énergie.

À cet âge, il est cependant trop tôt pour exécuter de triples sauts sur neige. Si bien que le jeune homme continue de faire ses classes sans brûler les étapes.

Notre corps n’est pas encore assez fort pour faire plus d’entraînement physique. Et quand on est plus jeunes, pour le futur, c’est mieux de faire plus de vrilles et moins de périlleux, comme ça c’est moins dangereux et ça va nous aider quand nous ferons des triples-5 vrilles qui ressemblent vraiment à un double-full/double-full. Tu es dans les airs, tu ne vois rien, il faut juste que tu sentes bien où tu te situes. Ce sera une meilleure une progression à long terme.

Miha Fontaine

Oubliez les médailles et les honneurs pour cet hiver, mais il a quand même des buts bien précis en tête.

Étant donné que je ne fais que des doubles périlleux, le plus gros objectif que je puisse avoir, c’est d’atteindre une finale, donc d’être dans le top 12, confie-t-il. Avec un double-full/double-full, tu peux aller chercher à peu près le même pointage qu’un triple saut avec trois vrilles. Alors pour entrer dans une finale, il faudrait que quelqu’un mette une main par terre ou brise la forme dans son saut. Alors, pour un podium ou un top 5, ça prendrait un miracle.

Le rêve olympique

Miha Fontaine devrait également prendre part aux deux Coupes du monde de Calgary en janvier. Les points qu’il y accumulerait pourraient valoir de l’or en vue d’une qualification olympique.

Participer aux Jeux de 2022 n'est pas un objectif irréaliste, selon son père.

Il y a tellement peu d’athlètes canadiens en Coupe du monde qu’il y a des chances que les jeunes de la relève puissent aller participer aux Jeux, explique Nicolas Fontaine. Peut-être qu’au niveau individuel ce sera plus dur de gagner une médaille, mais on a une nouvelle discipline par équipes mixtes, alors peut-être qu’un athlète de la relève ira aider Marion Thénault et Lewis Irving à aller remporter une médaille.

Le skieur acrobatique exécute un saut.

Miha Fontaine

Photo : Nicolas Fontaine

D’ici là, les Championnats du monde juniors, du 15 au 28 mars en Russie, sont également dans la ligne mire de cet étudiant de cinquième secondaire. Et dans ce cas-ci, il a de plus grandes ambitions même s’il ignore le calibre exact de ses rivaux.

On n’a jamais été en Europe, alors on ne sait pas vraiment quel est le niveau des autres skieurs, indique le jeune Fontaine. Mais si on compare les sauts et les pointages et qu’on regarde sur Internet, je dirais que je risque d’être parmi les 5 meilleurs là-bas.

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