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L'éprouvant Tour d'Espagne de James Piccoli

Un peloton de cyclistes

James Piccoli (à droite)

Photo : Noa Arnon

Michel Chabot

James Piccoli sort du Tour d’Espagne complètement épuisé. Le cycliste québécois a dû puiser au fond de ses réserves afin de rallier l’arrivée à Madrid, dimanche, au 125e rang, à plus de 4 heures du gagnant, le Slovène Primoz Roglic.

Au cours d'une entrevue accordée à Radio-Canada Sports, il résume en un seul mot son état tout au long de son premier grand tour à vie : fatigue, avant d’éclater de rire.

Chaque journée était courue agressivement, à plein gaz, poursuit-il. Mais vraiment, c’était une super expérience. L’équipe a non seulement eu de bons résultats, mais on s’est amusé ensemble. Tous les coureurs s’entendent bien, le personnel nous a bien supportés et a travaillé fort. Vraiment, nous avions une super ambiance d’équipe, ce qui n’est pas toujours le cas, à ce qu’on me dit, parce que sur un grand tour, tout le monde est fatigué et stressé.

Il faut bien souligner que la 4e place de Dan Martin, son coéquipier et leader d'Israel Start-Up Nation (ISN), a grandement contribué à cette atmosphère de franche camaraderie.

Il est content. Tout le monde veut le podium, mais il était satisfait. C’est le meilleur résultat de sa carrière dans un grand tour, lance Piccoli.

Une pointe de déception

Sur le plan individuel, toutefois, James Piccoli n’est pas satisfait. Il aurait voulu offrir de meilleures performances, mais c’était au-dessus de ses forces.

Dans le vélo, la forme, des fois c’est là, des fois ce n’est pas là. Des fois tu fais tout de la bonne façon, mais tu as un petit rhume au mauvais moment ou une blessure. Des fois ça ne marche pas. C’est bien normal. J’ai bien appris de quelques petites erreurs que j’ai faites à l’entraînement. Je n’ai peut-être pas eu assez de repos.

James Piccoli

Le Montréalais de 29 ans dit avoir roulé au-delà de 35 000 kilomètres depuis le début de l’année, un sommet pour lui. C’est peut-être ce qui lui a rendu la Vuelta si éreintante.

J’ai commencé à m’entraîner en novembre l’an passé pour le Tour Down Under en janvier. J’ai continué à m’entraîner fort pour les courses en mars et avril. Après, elles ont toutes été annulées. Je suis retourné chez moi en me disant que j’allais encore m’entraîner parce que je devais être prêt pour le moment où ça allait recommencer.

Je n’ai jamais pris de repos, ajoute-t-il. Alors, c’est possible que je sois arrivé ici et que je n'avais plus de gaz. Le calendrier a souvent changé et c’était dur de prévoir quand être prêt, alors je me suis gardé prêt toute l’année. J’ai appris que ça ne marche pas comme ça.

Près de l'abandon

Sans faire de cachettes, le coureur recrue d'lSN admet qu’il a dû faire preuve d’une grande force mentale pour parcourir les 2908 kilomètres de cette compétition, dont certaines étapes ont été ponctuées par la pluie et le froid.

Il y a deux étapes où j’ai pensé : "Impossible que je finisse l’étape." Dans la dernière, je me suis fait larguer après les quatre premiers kilomètres par le peloton. J’ai refait contact, j’ai encore été largué, j’ai fait contact à nouveau. Toute la journée, j’étais à ma limite. Mais quand j’ai commencé le tour, je voulais voir mes limites et les repousser. Et c’est sûr que c’est ce que j’ai accompli dans cette Vuelta.

Appelé à comparer son effort de trois semaines à ses 100 ascensions du mont Royal au printemps dernier, James Piccoli réfléchit pendant de longues secondes avant d’offrir une réponse qui laisse bouche bée.

Je ne dirais pas que c’était un 100 Camillien-Houde chaque jour, mais c’était proche. Avec la force mentale requise pour compléter les étapes de montagne difficiles ou les étapes agressives, c’était à peu près égal. J’ai peut-être fait 10 ou 11 journées de 100 Camillien-Houde.

James Piccoli

Ses patrons savaient que cette première expérience allait être éprouvante pour leur poulain. C’est une partie intégrante du dur et nécessaire apprentissage du métier de cycliste professionnel.

Ils m’ont félicité pour avoir complété mon premier grand tour, dit Piccoli. Tous les directeurs d’équipe ont entendu dire que ce n’était vraiment pas facile. Ils m’ont dit que l’année prochaine, ça va faire une grosse différence en termes de forme physique et mentale, que ça va créer un bond au niveau des habiletés. Moi, je suis content de prendre un peu de repos et j’ai hâte de voir dans les prochains mois ce que ça va donner de plus.

Certes, des ajustements devront être apportés durant l'intersaison. Il fera un bilan de l’année avec les directeurs de performance de l’équipe, les entraîneurs et les nutritionnistes.

Moi, je pense que j’ai besoin de temps et d’expérience, ajoute-t-il. Je ne savais pas comment aborder un grand tour, quel niveau d’entraînement était requis. C’est tellement long et dur, peut-être que ça vaut mieux d’arriver frais avec un peu de gaz ou à un poids X. C’était de l’inconnu pour moi. Maintenant, j’ai un point de comparaison.

James Piccoli a l’intention de régler quelques affaires à Gérone avant de rentrer à Montréal dans deux ou trois semaines afin de passer les Fêtes en famille.

La grande question est de savoir s’il sera capable de rester loin de son vélo pendant plus d’un mois.

D’habitude, je te dirais non, mais là, je suis fatigué, admet-il avant d'esquisser un large sourire.

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