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Dans l'élite du soccer français, Évelyne Viens en voit de toutes les couleurs

Elle maîtrise le ballon à l'entraînement.

Évelyne Viens (au centre)

Photo : Facebook/Paris FC

Olivier Tremblay

Le 27 octobre dernier, à la veille d’une annonce du président français Emmanuel Macron, Évelyne Viens s’est mise à imaginer un scénario catastrophe. Avec un nouveau confinement de l’Hexagone, a-t-elle craint, on n’y jouerait plus au soccer pendant un mois.

C’est passé bien près. Les Coupes de France féminine et masculine, les quatrième et cinquième divisions masculines, la deuxième division féminin et tous les championnats amateurs ont été suspendus. Heureusement pour la Québécoise, ce n’est pas le cas de la D1 féminine. Ses activités se poursuivent à huis clos même si, souligne-t-elle, ce championnat se tient en équilibre imparfait entre les niveaux professionnel et amateur.

Prêtée au Paris FC par son club de la National Women’s Soccer League américaine (NWSL), le Sky Blue FC, Viens continue donc son aventure dans cette France bousculée par tant d’enjeux sanitaires et sociaux, de la COVID-19 à la décapitation d’un enseignant en banlieue parisienne.

Parmi les footballeuses, ce sont les tests de dépistage qui déchaînent les passions. Lors de la sixième journée du championnat, présentée les 16, 17 et 18 octobre, elles sont entrées sur les pelouses vêtues de leur couvre-visage. Une manière de dénoncer des protocoles qui, essentiellement, n’en sont pas.

Si les tests PCR sont obligatoires en Ligue 1 masculine, ce n’est pas le cas du côté féminin. C’est aux clubs que revient cette responsabilité. Et selon différents médias français, tous n’ont pas la même rigueur. Ce que confirme Viens, qui fait heureusement partie d’une organisation prudente à cet égard.

Récemment, on a joué contre une équipe qui n’avait pas été testée depuis la journée no 2 du championnat, raconte-t-elle en entrevue. Quand tu regardes ça, en Amérique, c’est obligatoire, mais les tests coûtent de l’argent, tandis qu’en France, c’est gratuit. C’est un peu contradictoire. C’est étrange que ce soit obligatoire en NWSL et qu’ici ce soit gratuit, mais qu’on ne le fasse pas. C’est notre santé qui est à risque. On est des professionnelles. On doit se faire tester, selon moi.

Nous avons mis nos masques [en avant-match] pour montrer que c’est un peu ridicule que certaines équipes prennent au sérieux et que, pour d’autres, c’est “advienne que pourra”.

Une citation de :Évelyne Viens, attaquante du Paris FC

Jusqu’ici, le Paris FC ne déplore aucun cas de COVID-19. Toutes les joueuses ont reçu des attestations de déplacement pour les entraînements et les matchs, ce qui leur évite une amende de 135 euros. Certaines ont été contrôlées par la police, raconte la Québécoise, qui précise cependant que ce confinement n’a, à ses yeux, rien à voir avec celui du printemps où tout un chacun demeurait chez soi autant que possible.

Les Français aiment beaucoup leur liberté, ajoute-t-elle en souriant, quelques minutes après les avoir qualifiés de très bavards, ce dont elle est reconnaissante. Évelyne Viens est curieuse de nature, et ce prêt en France jusqu’au mois de février, dans un moment particulier de notre histoire commune, lui permet d’assouvir cette soif d’apprendre.

Elle partage un appartement avec l'Américaine Kaleigh Riehl, aussi prêtée par Sky Blue (elle appartient désormais à la nouvelle équipe de Louisville, qui l'a choisie au repêchage d'expansion), la Franco-Allemande Claire Savin et la Brésilienne d’origine suisse Natascha Honegger. Elle suit l’actualité et en discute avec ses collègues de France et d’ailleurs. Visiblement, elle aime que ses premières impressions soient bousculées.

Je crois qu’aller vivre aux États-Unis, connaître un peu leur mentalité – j’habitais dans le Sud [quand j’étais à l’université], dans un État très Donald Trump et tout ça –, ça m’a permis d’apprendre, soutient-elle. Le fait de venir en France, de pouvoir m’exprimer en français, mais aussi d’apprendre un peu et de comparer le Québec, les États-Unis et la France, c’est très enrichissant. Je peux jouer au soccer, mais aussi me développer et bâtir des connaissances pour le futur.

L'équipe prend la pose autour de Thiney, qui tient un maillot avec son nom et le nombre 400.

Évelyne Viens (rangée du haut, troisième à partir de la gauche) a pu célébrer le 400e match de sa coéquipière Gaëtane Thiney (au centre) en première division française.

Photo : Facebook/Paris FC

Viens n’a pas eu d’échos quant à une possible volte-face au sujet du dépistage. Mais il y a une incertitude qui, elle, lui fait plaisir : la concurrence au sein de l’effectif du Paris FC. Parce que, oui, il y a un peu de soccer à travers tout ça.

Dès son premier match, le 6 septembre, l’entraîneuse lui a envoyé un message clair en lui donnant environ 35 minutes de jeu comme remplaçante contre la meilleure équipe du monde, les quintuples championnes d’Europe en titre, l’Olympique Lyonnais.

L’occasion est là, c’est à toi de la saisir.

À sa quatrième entrée en relève, il ne lui a fallu que quelques secondes pour toucher la cible. Le week-end suivant, elle a obtenu sa première titularisation et s’est offert un joli triplé dans une victoire de 5-0 contre Issy.

Être titulaire rapidement, c’est une belle marque de confiance. Et je pense qu’à ma première titularisation, j’ai bien fait et j’ai aidé l’équipe à gagner, dit-elle sans broncher. C’est ce qui est bien ici, aussi. Chaque semaine, tu ne sais vraiment pas si tu vas être titulaire ou non, et tu dois travailler très fort.

Évelyne Viens semble faire les efforts nécessaires pour rester sur la feuille de match. Son Paris FC est 5e de la D1 féminine. Elle a fourni une passe décisive pour aider Clara Matéo à compléter ton triplé contre Reims, le 31 octobre.

Son prêt doit, en théorie, se conclure en février. Les plans de la NWSL pour la saison 2021 demeurent inconnus. Le Sky Blue semble en avoir pour Viens, du moins, car il l’avait protégée en vue du repêchage d’expansion pour Louisville.

Et pour Viens, le Sky n’a pas à être la limite. Elle est déjà passée sous le radar plus jeune, mais elle est encore prête à répondre à l’appel de l’équipe nationale canadienne.

Elle lève un bras après avoir marqué un but.

Évelyne Viens et le choc des styles

Photo : Jeffrey Swinger-USA TODAY Sports

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