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La COVID-19 fait très mal au sport québécois

Un stade de tennis bondé

La COVID-19 a fait mal à de grands événements comme la Coupe Rogers.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Chabot

Jean-François Chabot
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une enquête menée par le Pôle sports de HEC Montréal révèle les lourdes conséquences que subit le milieu sportif québécois depuis le début de la pandémie.

Les conclusions de l’enquête menée auprès de 38 organisations (fédérations sportives, milieux scolaire, universitaire et municipal, équipes professionnelles et grands événements) montrent que bon nombre d’entre elles constatent des effets négatifs qui pourraient s’étirer dans le temps.

Le choc est brutal. Quand on demandait aux gens : "si vous aviez à dire sur une échelle de tremblement de terre de 0 à 10 l’impact de la COVID-19 sur le sport québécois", le chiffre qui a été choisi le plus souvent est de 8 sur 10. Ce qui est énorme. Le milieu est résilient et positif, mais ç’a frappé fort, a d'abord indiqué Richard Legendre, directeur associé du Pôle sports.

Selon les conclusions de l'enquête, les athlètes de haut niveau ont déjà été lourdement pénalisés par l’annulation de championnats provinciaux, canadiens et internationaux. L’abandon des programmes d’entraînement fait aussi craindre le pire.

Le retard accumulé par notre élite sportive risque, selon l’enquête, de susciter de l’anxiété et une démotivation pouvant conduire à l’abandon pur et simple de la pratique sportive.

Une diminution de 20 % à 40 % du nombre de pratiquants entraînerait un recul de 5 à 10 ans pour l’ensemble du sport organisé québécois, qui subirait des pertes financières directes jusqu'à 90 % des revenus d’avant la pandémie.

« On pense que c’est absolument essentiel qu’on reconnaisse d’abord et avant tout le caractère essentiel du sport. Et par la suite aussi, que l’on constate ce qui est un peu une évidence, mais qui n’est pas nommé souvent, c’est le sous-financement. Il y a un rattrapage financier à faire. Le sport au gouvernement du Québec, c’est 0,1 % du budget de l’État. La culture, qui avec raison en demande plus, c’est 1 %.  »

— Une citation de  Richard Legendre, directeur associé du Pôle sports, HEC

Pour le sport, c’est 10 fois moins de budget que la culture. Si on demande à quiconque si c’est normal, les gens vont dire non. Mais ce n’est pas le gouvernement actuel… ça fait depuis que je suis dans le sport qu’on a cette problématique de sous-financement, a-t-il renchéri.

L’étude indique aussi que les équipes professionnelles de tous les sports traversent une grande période d’incertitude. Personne ne sait quand ni dans quelles conditions une reprise des activités pourra être envisagée.

Il en va de même pour les grands événements comme la Coupe Rogers, le Grand Prix du Canada, le Marathon de Montréal ou l’Ironman de Tremblant. Plusieurs estiment qu’une aide gouvernementale s’avérera essentielle à leur redémarrage.

Le recours à la pratique de l’activité physique libre constitue un rare aspect positif depuis le mois de mars.

Autre aspect noté dans l'enquête, l’obligation de recourir au télétravail a permis à beaucoup d’organisations de revoir leur mode de fonctionnement et leurs communications internes et externes.

« La suite des choses, c’est d’aller plus loin. On est bien conscient qu’on est en pleine pandémie. C’est extrêmement difficile encore de parler de sport. On a senti qu’il y avait une quasi petite gêne du milieu sportif, en disant qu’il y en a pour qui c’est pire que nous. Ou bien on est important et on est essentiel. Ou bien on ne l’est pas. Alors, il faut travailler collectivement pour être prêt quand il y aura un redémarrage permis. »

— Une citation de  Richard Legendre

Les deux tiers des organisations déplorent aussi un manque de cohérence et de leadership au sein de l'appareil gouvernemental.

Le sport a beaucoup souffert et souffre encore beaucoup de cette pandémie. Mais il a eu l’élégance de ne pas trop le montrer. Le sport québécois a fait preuve d’un très grand esprit d’équipe depuis huit mois en matière de responsabilité sociale. Il aura besoin de bénéficier de tout autant de solidarité pour la relance de son avenir, a conclu Legendre.

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