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Marianne St-Gelais à coeur et à livre ouverts

Marianne St-Gelais

Marianne St-Gelais

Photo : USA Today Sports

Durant sa carrière, la patineuse de vitesse sur courte piste Marianne St-Gelais n’a jamais eu la langue dans sa poche et n’a jamais été réputée pour son filtre sur la glace, encore moins en entrevue.

Très énergique, elle admet aujourd’hui qu’elle ressemblait parfois à un chien labrador qui se serait saucé dans une piscine de café. Son autobiographie est fidèle à ce trait de caractère.

À 30 ans, l’athlète originaire de Saint-Félicien partage ses 30 leçons de vie dans La vie pas toujours olympique de Marianne St-Gelais, un ouvrage de 189 pages. En lisant les mots de l’autrice, Rose-Aimée Automne T. Morin, on s’imagine bien entendre Marianne les prononcer.

Le style est direct, parfois cru, mais juste.

Ce livre est en quelque sorte une thérapie et il me fait un bien immense, explique St-Gelais en entrevue. Je voulais vraiment tourner la page sur ma vie d’athlète, la portion de ma vie qu’on a surtout mise de l’avant. On a fait le tour de l'athlète, je voulais parler d'autre chose.

Marianne St-Gelais revient bien sûr sur les grands et les moins grands moments de sa carrière. Après tout, c’est généralement à ça que servent les biographies. Elle se livre avec authenticité sur ses trois Jeux olympiques, ses relations parfois conflictuelles avec ses entraîneurs et sur les défis de son après-carrière.

Elle partage aussi des détails intimes de sa vie amoureuse, notamment sa vision de sa rupture très médiatisée avec le patineur Charles Hamelin, quelques semaines à peine après leur retour à la maison après les Jeux de Pyeongchang à l’hiver 2018. Déjà pendant la quinzaine olympique, les deux ne se parlaient plus. Le couple s’était perdu de vue.

Elle raconte qu’elle se confiait plutôt à un homme qu’elle fréquentera brièvement après la fin de sa relation avec Hamelin.

Dans son livre, la patineuse écrit : Je réalise qu’il est venu combler un vide creusé par ma distance avec Charles. Il m’aura appris que ce n’est pas la meilleure idée d’utiliser quelqu’un pour pallier une absence. Et que c’est encore moins une bonne idée quand cette personne est l’ex de ta soeur.

L’idée de base du livre n’était pas de tout raconter en détail, mais pour bien comprendre certaines leçons, je ne pouvais pas rester en surface, explique-t-elle à Radio-Canada Sports. Je ne voulais pas exposer des gens pour rien, mais je devais en donner un peu plus.

Au fil des leçons, on découvre les doutes de St-Gelais. Derrière sa spontanéité, son énergie et son sourire, se cachait une femme souvent prisonnière de sa vie d’athlète et envahie par le doute. Elle partage sa vulnérabilité en expliquant comment les messages qu’elle recevait sur les réseaux sociaux pouvaient la déstabiliser.

Une patineuse aux Jeux olympiques

Marianne St-Gelais

Photo : La Presse canadienne / Vincent Éthier

Elle admet aussi qu’à sa retraite, elle allait encore payer ses comptes avec un commis à la banque, parce qu’elle ne savait pas le faire en ligne.

On ne laisse pas les athlètes être des humains, écrit-elle. Pendant la majeure partie de mon existence, j’ai eu des oeillères qui ne laissaient paraître que ce que j’avais besoin de voir : mon épicerie, mon aréna et mon lit. Et le plus étonnant, c’est que je choisissais chaque jour de les porter.

Elle reconnaît que le déséquilibre est nécessaire pour être performante et qu’il faut être un peu désaxée pour gagner. Elle aborde aussi son rapport complexe avec son propre corps, qu’elle a poussé à la limite durant sa carrière, et dont elle apprivoise encore les changements à la retraite.

Une crise d’adolescence à 28 ans

Marianne St-Gelais estime qu’elle a vécu une sorte de crise d’adolescence à 28 ans quand elle a pris sa retraite en 2018. Elle admet qu’elle a fait n’importe quoi. Elle s’est notamment fait tatouer six fois dans sa première année loin de la glace, puis a fumé du pot pour la première fois de sa vie.

Elle n’avait aucune idée de la direction qu’elle voulait prendre. Que voulait-elle faire ou devenir? Pour la première fois de sa vie, elle se posait des questions existentielles que la majorité des gens se posent généralement à l’adolescence.

Le sport c’était une sorte d'ancrage dont j'étais hyper dépendante et je n’avais plus envie de ça, explique St-Gelais. J’ai maintenant envie d'être une femme forte, indépendante et qui voulait faire ses propres choses, ses propres choix.

C’est en fréquentant la maison des champions, un concept mis sur pied par l’ancien canoéiste Maxime Boilard pour épauler des personnes en transition, que Marianne a pu trouver quelques réponses.

L'athlète sur le plateau des Enfants de la télé.

Marianne St-Gelais

Photo : Fair-Play

Mon gros problème, c’est que je n’arrivais pas à rester moi-même, raconte St-Gelais dans son livre. Pour éviter d’être mal-aimée, je me réfugiais derrière la façade d’une fille conciliante que rien ne dérange… quand au fond, cette fille-là n’a rien de chill.

Elle aborde ses défis de santé mentale sans détour. Aujourd’hui plus sereine, mais toujours vulnérable, Marianne St-Gelais est en couple avec un homme qu’elle a rencontré en s’entraînant au gym.

Elle semble plus heureuse, plus épanouie et surtout plus mature.

Elle conclut son livre en écrivant : Quel étrange soulagement que de naître à 30 ans.

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