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Les soeurs Dufour-Lapointe ont retrouvé le goût de leur sport

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Elles s'enlacent, sourient et lèvent un bras et une jambe devant une montagne.

Justine et Chloé Dufour-Lapointe lors de leur récent camp d'entraînement à Zermatt.

Photo : Soeurs Dufour-Lapointe

Chloé et Justine Dufour-Lapointe ont réalisé ces dernières semaines qu’elles ont beaucoup de « ski derrière la cravate ». Qu’elles sont des athlètes expérimentées et qu’elles doivent avoir confiance en leurs moyens.

Le constat s’est précisé au cours de leur dernier camp à Zermatt, en Suisse, et qui s’est terminé à la mi-octobre. Les spécialistes des bosses venaient de passer six longs mois loin de la neige et sans chausser des skis. C'est la plus longue pause au cours de leur carrière, imposée par la pandémie bien sûr.

Justine Dufour-Lapointe ne le cache pas, elle avait des craintes de ne plus être la même athlète.

On avait comme peur, on était anxieux. Ça fait longtemps. Est-ce que je vais être capable de skier aussi bien? Mais finalement, c’était comme de faire du vélo, j’ai réalisé à quel point j’en ai beaucoup derrière la cravate. Ça fait partie de moi maintenant, c’était une belle sensation de retourner sur les pentes.

Chloé avait hâte d’affronter les bosses à nouveau pour remettre son corps dans l’action. Alors qu’une Coupe du monde doit avoir lieu le 5 décembre prochain en Finlande, elle reconnaît qu’elle n’a pas skié autant qu’elle le voudrait.

Les skieuses doivent, en théorie, avoir un autre camp en Suède pour se préparer, mais rien n’est confirmé, même si le départ est prévu pour le 14 novembre. Faut garder le moral, faut regarder le positif, ajoute Chloé. On a beaucoup d’expérience dans nos jambes et dans nos corps, il faut faire confiance à ça.

Elle admet tout de même souhaiter qu’assez de neige tombe sur le Québec au cours des prochains jours pour faire quelques descentes.

Des certitudes ébranlées

Ce retour sur les pistes, Justine n’en avait pas seulement besoin physiquement. Elle ne cache pas que la pandémie l’a amenée à se questionner sur son identité d’athlète de haut niveau.

Après six mois, on se questionne. Est-ce que je veux continuer, est-ce que je ne veux pas? Et de faire : "OK, c’est vraiment ça que j’aime faire dans la vie. J’aime mettre mes bottes, aller en ski, voyager et aller sur les plus belles montagnes au monde." C’était une révélation.

Je suis une athlète. C’est le travail que je fais dans la vie, et ça fait du bien d’y retourner et de remettre les bottes qui font mal et d’avoir des bobos aux pieds. Ça fait toute une différence, ça m'a vraiment apaisée et relaxée.

Justine Dufour-Lapointe

Chloé s’est aussi remise en question. Mais avec un peu de recul, les mois loin des pistes ont été bénéfiques.

J’ai eu de grands questionnements et ça m’a donné le goût de continuer jusqu’aux prochains Jeux, confirme-t-elle. Je pense que ça m’a redonné de l’énergie. Le petit break dont des fois on a besoin pour se ressourcer, pour reprendre des forces. Je n’avais pas une écoeurantite, mais c’était redondant. Là, ce n'est plus redondant du tout. Ç’a été positif de passer plus de temps à la maison, chose que l’on ne fait jamais, on est toujours parties sur la route. D’être proche de ma maman, de ma sœur, ça m’a fait du bien.

Elle est vêtue en tenue de ski, avec casque et lunettes, et sourit devant une montagne enneigée.

Chloé Dufour-Lapointe

Photo : Chloé Dufour-Lapointe

Elle ajoute qu’elle ne s’est jamais sentie aussi en forme physiquement.

Même si sa soeur et elle ont continué à s’entraîner à la maison, Justine admet avoir ressenti de la culpabilité de ne pas être sur les pistes à parfaire sa technique.

Je me disais : "C’est le fun, j’ai du temps pour moi." Mais normalement, je ne ferais pas ça. J’avais la sensation que je ne suis pas censée être ici, avoir du plaisir et profiter de mon été. Je suis censée être en ski présentement. C’est un peu tout le temps de se sentir mal. Mais de l’autre côté, il n’y a rien d’autre à faire. J’ai dû me déprogrammer de ma rigidité d’athlète et être un peu plus malléable.

La créativité et l’adaptation de l’humain à cette situation plus que particulière fascinent Justine Dufour-Lapointe. Les skieuses croient même conserver certains éléments de leurs entraînements virtuels une fois la pandémie terminée.

Fillactive et Noeudvembre

Chloé, Justine et leur sœur aînée Maxime sont marraines pour une deuxième année de l’organisme Fillactive. La mission, qui est d’inciter les adolescentes à bouger, est d’autant plus pertinente que plusieurs études ont déjà prouvé les effets néfastes du confinement sur l’activité physique des jeunes.

Questionnée à savoir si elle craint que des adolescentes abandonnent le sport à cause de la pandémie, Justine Dufour-Lapointe reste positive.

Ça doit être difficile pour elles aussi, de ne pas avoir accès à leur cercle social, qui est très important à cet âge-là, reconnaît-elle. On les incite à continuer de bouger ensemble à l’extérieur, en respectant le deux mètres, à être créatives, à faire des entraînements sur Zoom. Je ne pense pas qu’elles vont lâcher. Elles sont vraiment inspirantes, j’adore leur parler et de voir à quel point elles ont vraiment des histoires phénoménales.

Elles portent des vestons avec un noeud papillon, symbole de la campagne PROCURE.

Maxime, Chloé et Justine Dufour-Lapointe, ambassadrices pour la campagne PROCURE

Photo : Julie Perreault

Les sœurs sont aussi engagées dans la campagne Noeudvembre, de l'organisme PROCURE, qui bat son plein et qui vise à amasser des fonds pour la recherche contre le cancer de la prostate, mais aussi à sensibiliser les hommes à l’importance de subir des tests de dépistage.

Un message qui est très important pour les skieuses et qu’elles n’hésitent pas à propager, puisqu’un test de dépistage précoce a probablement fait la différence pour leur père.

Maintenant, ça va bien, il est surveillé constamment, on est dans le positif parce que l’on a pu agir d’avance, avant qu’il ne soit trop tard, souligne Chloé Dufour-Lapointe. C’est important de sensibiliser les gens ce mois-ci, allez vous faire dépister ou incitez les hommes de vos vies à se faire dépister.

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