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Joël Bouchard veut rattraper le temps perdu dans le développement des jeunes

Joël Bouchard, entraîneur-chef du Rocket de Laval

Joël Bouchard, entraîneur-chef du Rocket de Laval

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Même si le Rocket de Laval n'entrera en action que le 5 février au plus tôt, Joël Bouchard ne chôme pas. Et peu importe la durée de la saison dans la Ligue américaine de hockey, l'entraîneur-chef en tirera le maximum afin de remplir son mandat de développer des joueurs capables d'aider le Canadien dans sa quête d'une 25e Coupe Stanley.

Je m'attends à ce que le calendrier soit ajusté avec la réalité du moment, a-t-il expliqué au cours d'une vidéoconférence avec les médias montréalais, vendredi. Tout le monde a un beau tableau devant soi, que ce soit la Ligue nationale, toute autre entreprise ou même une famille, qui dit : "Voici notre objectif, voici ce qu'on voudrait faire comme trajet dans les six à huit prochains mois." Mais sait-on vraiment ce que nous pourrons faire?

Je reste positif que la LNH et la Ligue américaine sauront arriver avec un plan qui sera intéressant pour les partisans et les joueurs. Nous sommes vraiment une ligue de développement. Alors, dans mes discussions avec (les entraîneurs adjoints) Alex Burrows, Marco Marciano, Daniel Jacob et les autres intervenants, c'est de nous dire que plus que jamais, nous allons devoir développer ces joueurs-là qui auront manqué beaucoup de hockey.

J'ai déjà trouvé des façons pour que nos joueurs tentent de reprendre ce temps perdu.

Joël Bouchard, entraîneur-chef du Rocket de Laval

En attendant, l'entraîneur-chef du club-école du CH travaille d'arrache-pied.

Je suis prêt à recommencer demain! On fait du hockey, c'est plutôt simple. Nous avons fait beaucoup de travail ces derniers mois. Avoir une date, ça permet d'établir un certain plan. Mais même si nous n'avions pas de date, ça ne changerait rien à mon travail, qui est d'être prêt quand nous aurons le signal de reprendre.

Le Rocket joue dans la Division nord, où se trouvent deux autres formations canadiennes, les Senators de Belleville et les Marlies de Toronto. Bouchard ne verrait pas objection à affronter ces deux équipes plus souvent si les protocoles sanitaires l'imposent.

Dans la Ligue américaine, chaque entraînement, chaque rencontre est une opportunité de développer les joueurs. C'est très payant à mes yeux. Même si on me disait qu'on ne jouerait que contre Belleville : donne-moi une glace, des joueurs et un adversaire, c'est mon travail de les développer [...] Mon mandat, je le comprends, je l'aime, il me passionne. Même si j'affrontais la même équipe pendant 42 matchs, on trouverait une façon de donner du millage à nos joueurs.

Je m'attends à ce qu'il y ait certaines limitations dans les déplacements, a-t-il admis. Notre vie à tous est différente en ce moment. Si on me disait qu'on devrait jouer contre ces deux clubs plus souvent, je ne vois rien de négatif là-dedans. Pour autant qu'on soit capable de mettre nos joueurs sur une patinoire.

En attendant, une grande partie de son travail consiste à s'assurer que ses protégés demeurent motivés.

Mon message est toujours le même : qu'est-ce que tu fais? Parce qu'en ce moment, quelqu'un d'autre fait des push-ups et veut t'enlever ton job. Que vas-tu faire pour devenir un joueur transformé, pour utiliser ce temps pour devenir meilleur?

Souvent, on trouve que ça va trop vite et que nous n'avons pas le temps, a-t-il continué. Chaque fois que j'ai vécu un lock-out ou vu des joueurs être tenus à l'écart par des blessures, ceux qui étaient professionnels, qui avaient le couteau entre les dents, qui étaient passionnés et qui donnaient l'effort supplémentaire sont toujours revenus plus fort. Les autres, ça leur a coûté des années de carrière.

En plus de s'assurer de la bonne santé physique de ses joueurs, Bouchard prend le temps de s'occuper de leur santé mentale pendant la pandémie.

Je regarde souvent ma formation sur mon ordinateur. Pas pour me rappeler qui on a : je le sais. Mais pour me rappeler qui appeler, à qui envoyer un message texte. Ils sont éparpillés en Amérique du Nord et en Europe et tous vivent la situation différemment. Ce que je sens, c'est qu'ils ont hâte de reprendre leur routine [...] Ils réalisent tous que personne n'était prêt à vivre une situation comme celle-là.

En rafale :

L'entraîneur-chef du Rocket de Laval a également été questionné sur l'évolution de certains des espoirs les plus en vus de l'organisation.

Jesperi Kotkaniemi : Comme tout le monde, j'ai été très impressionné [par ce qu'il a fait en éliminatoires]. J'ai beaucoup aimé son état d'esprit. C'était le bon dès le départ. Il était prêt. J'ai adoré son engagement physique. C'est évident qu'il devient un centre capable de jouer sur l'ensemble de la patinoire. J'étais vraiment emballé de la manière qu'il s'est ajusté au hockey des séries.

Ryan Poehling :Quand tu arrives de la NCAA ou de n'importe quel niveau inférieur au niveau professionnel, les ajustements que tu devras faire dans ton jeu sont parfois subtils, parfois évidents. Dans le cas de Ryan, il y avait des ajustements subtils à faire. Sans trop rentrer spécifiquement dans les détails, ces subtilités au niveau junior ne sont pas autant visibles qu'au niveau professionnel [...] Ce sont ses subtilités dans son jeu que peut-être un Nick Suzuki possède déjà.

Rafaël Harvey-Pinard : C'est un joueur passionné par le hockey. Il joue rapidement dans sa tête. Il a une compréhension du jeu avec un degré de compétitivité élevé. Pour un petit joueur, il a un bon tir, de bonnes mains, une bonne vision. Donc, oui, il est un petit joueur, mais il peut jouer avec d'autres et les rendre meilleurs. C'est un joueur de profondeur, il sait que ça va lui prendre du temps avant de jouer dans la LNH. Sa compétitivité rend tout le monde meilleur autour de lui.

Noah Juulsen : Il a montré tellement de détermination. Je sais que son nom s'est perdu un peu dans les victoires et défaites du Canadien, mais ça n'a pas été facile pour lui. Souffrir de migraines, ce n'est pas facile. On a finalement réussi à passer à travers ça. Le dernier match avant l'arrêt de la pandémie, il l'a joué. Un match avec nous, mais il a été excellent. Son meilleur match en deux ans. C'était le Noah Juulsen que je connais, que j'ai eu à Équipe Canada junior. C'est le même défenseur. Chaque fois que je le texte, c'est positif, parce que c'est derrière lui. Il est en santé.

Jesse Ylonen :J'ai eu la chance de jouer avec son père (Juha), qui était un travaillant, qui se sacrifiait pour l'équipe. Le jeune est à l'image de son père. C'est un joueur qui m'a le plus impressionné pour sa capacité à apprécier sa situation par rapport à tout ce qu'il se passe dans le monde. Il a les habiletés pour avoir un certain rôle dans la LNH. Il entre dans cette catégorie de joueurs qui va avoir la chance d'être sur la glace et de vivre avec ses erreurs.

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